‹ Le Conventionnel PhilippeauxChapitre 16 sur 78 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

qué le pardon des injures comme aux derniers jours de sa vie : sa rancune contre de Joly, le ministre qui l'avait fait poursuivre en juillet 92, se manifeste encore en frimaire an Il, alors qu’il était lui-même en butte aux attaques d’ennemis qui le harcelaient : il veut prendre sa revanche, il n’a pas oublié.

Nous ne nous laisserons donc pas entraîner par une admiration aveugle à accepter de confiance tout ce qu'il nous dit, parce que c’est lui qui nous le dit. Là où ül avance des choses qu’il nous est impossible de contrôler par d’autres témoignages, nous rapporterons ses dires, sans en proclamer ni la vérité, ni la fausseté (1). Quand, en face de ses affirmations, nous en trouverons de contradictoires, comme celles de Choudieu, par exemple, nous chercherons à déterminer autant que possible de quel côté se trouve la vérité; nous nous appliquerons à éviter que notre sympathie pour Philippeaux ne dégénère en partialité et nous entraîne à le croire en tout, au détriment de ses adversaires.

(1) Quand, par exemple, il dit aux Jacobins: « La haine de Levasseur contre moi vient de ce que j'ai nui à ses intérêts particuliers en soutenant une mesure d'intérêt général : j'ai fait rapporter un décret sur Ja résiliation des baux qui lui a fait perdre 500 livres de rente » ; — quand, dans un pamphlet de la fin de 1793, il dit que Levasseur, en juillet 1792, manifestait déjà contre lui une hostilité sourde, — ce sont des choses qu’il peut dire dans la passion de la lutte. Il est possible que ce soit vrai, mais nous n'avons aucun autre témoignage qui nous engage à y croire : dans de pareils cas, nous n'acceptons ni ne repoussons ce qu’il nous dit.

ET

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