INTRODUCTION XXI
Pendant sa mission, il ne passe pas sous silence les faits qui le mettent en relief : ses succès oratoires, à Limoges, où «il élève les âmes à la hauteur où elles devaient être », à Châteauroux, où « il échauffe tous les esprits », à Angers, soit devant les corps administratifs, soit au Champ-de-Mars. Son récit de l’attaque des Ponts-de-Cé, des dangers qu’il y a courus, du rôle important qu’il y a joué, est assurément tout à son avantage; de même, quand il se représente, à Nantes, tenant tête aux menaces des fédéralistes, il s’attribue une attitude pleine de fermeté, de courage et de grandeur.
Sans doute, il ne laisse pas dans l’ombre ce qui peut le grandir, le rehausser, inspirer pour lui de l’estime ou de l'admiration. Mais ces belles attitudes, ces belles paroles, ces beaux sentiments, contrastent-ils avec son caractère tel qu'il se révèle à nous, non plus par ce qu’il nous dit de lui-même, mais par tous les détails de sa vie? Nullement. On ne saurait attribuer à la vanité la noblesse de ton, l’élévation de la pensée dans la dernière lettre qu'il écrivit à sa femme, à un moment où il n'avait plus d’illusions sur le sort qui l’attendait, ni la grandeur de son attitude, la dignité de son langage au Tribunal révolutionnaire, qui nous sont attestées, non par un récit de lui, mais par le Bulletin du Tribunal, peu favorable aux condamnés.
Résumons-nous.
D'une façon générale, Philippeaux est un homme de bonne foi, en la véracité duquel on peut avoir confiance. Néanmoins nous n'avons pas la prétention de le représenter comme exempt des faiblesses et des passions auxquelles la nature humaine est sujette; il a eu ses défauts, à côté de grandes qualités. Il semble bien qu'il y ait en lui un peu de vanité; il n’a pas non plus toujours prati-