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SES IDÉES PHILOSOPHIQUES, MORALES ET RELIGIEUSES

Avant d'étudier le rôle de Philippeaux à la Convention, il n’est pas inutile d'indiquer quel esprit, quelles idées il apportait sur ce nouveau théâtre de sa vie.

En philosophie, il est spiritualiste. Il n’admet pas « les sophismes ingénieux d'Helvétius sur les principes matériels et périssables de nos facultés intellectuelles ». C’est dans sa dernière lettre à sa femme qu'il s'exprime ainsi. Il lui dit, parlant de leur fils : « Quand il sera d’un âge

à pouvoir s'élever au x idées sublimes, pénètre-le du sen-: timent de l’Être suprême et de l’immortalité de l’âme. Ce dogme consolateur est le seul refuge de l’âme flétrie et opprimée. » Et il adresse à sa femme l’adieu suivant : « Si cette lettre est. un dernier baiser conjugal sur la terre, il est un autre séjour où les âmes vertueuses et aimantes doivent se rencontrer. »

Ses auteurs favoris sont «le bon Jean-Jacques, » Helvétius, Mably (1), « le bon Bernardin de Saint-Pierre », dont il prône fort les idées en matière d'éducation. « Je ne vois pas, en ce genre, dit-il, de plan mieux aperçu et mieux combiné que celui du bon Bernardin de Saint-Pierre, dans ses Études de la nature. Ses idées sont celles du plus tendre ami des hommes et je n’ai pu les parcourir sans désirer vivement qu’elles se réalisent, Il y règne un ensemble de vues excellentes, que les bons citoyens ne peuvent trop méditer (2) ». En ce qui concerne l’éducation, il voudrait « une bonne instruction publique... dont les premiers éléments seraient l'amour de Dieu et de la patrie, où toutes les conditions seraient rapprochées dans l’âge heureux de l'innocence, puisque tous les hommes sont égaux devant Dieu et que la patrie doit les mêmes soins, les mêmes égards à tous les enfants ; dont enfin la principale émulation serait de s’aimer, de s’obliger mutuelle-

(1) Dans un compte rendu dé la fédération du 14 juillet, au Mans, où les bustes de Mirabeau, Voltaire, Simoneau et Gouvion, ornés de couronnes civiques, furent portés sur des brancards et offerts à la vénération publique, il regrette « de n’y avoir pas vu ceux du bon J.-Jacques, d'Helvétius et de Mably, qui n'ont pas moins de droits à la reconnaissance des hommes libres ». (Défenseur, n° 25, 19 juillet, p. 193.) Il se plaint, dans la prison du Luxembourg, de n'avoir pas apporté les dialogues du bon J.-Jacques qui « auraient fortifié son âme et versé un baume consolateur sur les blessures que lui a faites depuis trois mois la noire méchanceté de ses implacables ennemis ». (Troisième lettre à sa femme.)

(2) Projet de législation civile, Liv. I, tit. I, p. 11.

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