LE RECRUTEMENT DES VOLONTAIRES POUR LA VENDÉE
Mais le principal objet de la mission de Philippeaux, c'était d’aviser aux moyens de terminer la guerre de Vendée. L’un de ces moyens était « d'inviter et de requérir » les citoyens des départements qu'il parcourait à prendre les armes contre les rebelles (2). Philippeaux ne déploya pas un moindre zèle pour atteindre ce but que dans sa propagande montagnarde (3). À Versailles, le 26 juin, il
(1) Histoire de la Révolution, Liv. XIT, ch. 11.
(2) Projet de décret du Comité de salut public du 23 juin.
(3) Cette partie de la mission de Philippeaux n'a pas inspiré à Michelet des accents moins enthousiastes que celle que nous venons
obtient la levée d’un bataillon d'infanterie et d’un escadron de cavalerie. Pour subvenir aux frais d'équipement et de solde et fournir des secours aux familles nécessiteuses des volontaires, il propose partout la mesure dont le département de l'Hérault avait pris l'initiative : une taxe de guerre portant sur les fortunes supérieures à quinze cents livres de revenus (l'emprunt forcé d’un milliard n’atteignait que celles de six à dix mille livres de revenus). Les administrateurs de Seine-et-Oise mettent la bourse des riches en réquisition jusqu’à concurrence de trois millions et demi de livres pour subvenir aux dépenses extraordinaires nécessitées par l'envoi de renforts aux armées (1). A Chartres, le 29 juin, il fait voter un bataillon et de la cavalerie, quoiqu'on soit à la veille des récoltes, et en Beauce (2). A Nogent-le-Rotrou, le district promet trois à quatre mille volontaires, si on leur fournit des armes, et des secours à leurs familles (3). Au Mans, le 2 juillet, ses efforts pour amener la réconciliation des administrateurs et de la Société populaire sont couronnés d’un double succès, car ils aboutissent au vote de deux bataillons d’infanterie et de deux escadrons de cavalerie pour la guerre de Vendée (4). Pour se procurer les fonds nécessaires, il fait
d'étudier. « Au cri désespéré de Nantes, écrit-il, Philippeaux avait reconnu l’agonie de la Patrie. Il se fit donner par l'Assemblée la mission hasardeuse de prêcher la croisade de département en département. Il partit dans un tourbillon, n'ayant rien avec lui qu'un homme, un Nantais, qu’il monirait à tous comme il eût montré Nantes, et qui répétait avec lui le cri de sa ville natale. » Voir toute cette belle page où Michelet nous retrace « les aventures de cette ‘mendicité sublime » (liv. XII, chap. n).
(1) Compte rendu, 1'° partie, p. 3 -
(2) Ibid. p. 4.
(3) Moniteur du 4 juillet, t. XVII, p. 30.
(4) Il rédigea à cet effet une proclamation qui est reproduite en partie dans l'ouvrage de M. Chardon, les Vendéens dans la Sarthe, t. I, pp. 45-47. (Proclamation réquisitoriale du citoyen Philippeaux, représentant du peuple, député commissaire de la Convention nationale dans les départements du Centre et de V Ouest, dans l'assemblée de toutes