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LE RECRUTEMENT DES VOLONTAIRES

adopter la mesure prise par les départements de l'Hérault et de Seine-et-Oise, et pour prêcher d'exemple, il offre de contribuer personnellement jusqu’au tiers de son traitement de député (1). À Poitiers, le défaut d'armes l’oblige à ne requérir qu’un nombre d'hommes d'élite proportionné au nombre d'armes que le département de la Vienne peut réunir (2). À Angoulême (8 juillet), il fait décider par l’administration le départ de sept cents hommes de Ruffec pour Niort et la levée d’un nouveau bataillon, bien que le département de la Charente, « un des meilleurs de la République », ait déjà fourni vingt-six bataillons, si faiblement peuplé qu'il soit (3). A Limoges (11 juillet), il rencontre d’abord un accueil peu encourageant. Le maire lui dit qu’un épuisement absolu ne permet d’espérer aucun secours de cette contrée ; mais une sortie véhémente de Philippeaux secouc cette torpeur, et six cents hommes d’infanterie et de cavalerie s'organisent pour se rendre à Tours. Les ressources pécuniaires seront obtenues par le même procédé qu'à Versailles et au Mans : un emprunt sur la bourse des riches. Chaque dépositaire d’un fusil sera tenu d’en faire usage contre les brigands ou de le remettre à l’un des volontaires (4).

A Châteauroux (14 juillet), même accueil qu’à Limoges, suivi du même succès. Les administrateurs lui disent

les autorités constituées du département de la Sarthe. Séance du 2 juillet 1793, l'an second de la République française.)

(1) Lettre du # juillet au Comité de salut publie. (Rec, des act. du Com. de sal. pub., t. V, p. 174.) — Compte rendu, 1" partie, p. 8. — Extrait des rrgistres des délibérations du Conseil général du département, séance du 2 juillet, en présence du citoyen Philippeaux, avec l'instruction aux commissaires des districts. Le Mans, Pivron (1793), 7 pp. in-4°.

(2) Compte rendu, 2° partie, p. 18.

(3) Ibid, p. 15.

(4) Compte rendu, 2 partie, p. 16. — Lettre du 17 juillet au Comité de salut public (Rec. des act. du Com. de sal. pub., t. V, p. 282). — Proclamation de Philippeaux (Limoges, 12 juillet) requérant les

d’abord qu’il ne pourra rien obtenir dans le moment actuel. Il finit par faire décider la levée de huit cents hommes, tant d'infanterie que de cavalerie. Il écrit au Comité de salut public de faire envoyer à Châteauroux six canons promis à cette ville depuis deux mois, ce qui la mettra en état de monter une école d'artillerie (1).

Ces résultats remplissaient de joie son âme patriotique. « Nous (2) avons obtenu pour notre part environ huit mille hommes, s’écrie-t-il; c'était un grand succès à la veille de la récolte; nous eussions réuni vingt mille hommes, s’il nous avait été possible de procurer des fusils, car on s’en est dépouillé partout pour armer les premiers bataillons, et nos arsenaux n'ayant pu remplacer les sacrifices de chaque département, on y éprouve une disette absolue, d’autant plus fâcheuse dans les circonstances que, si les brigands pou- vaient accroître leurs invasions, on se trouverait hors d'état de leur résister. Si nos collègues ont aussi bien réussi dans les trois divisions qu’ils avaient à parcourir, nous aurons sous un mois une nouvelle armée de 29 à 30.000 hommes sous les murs de Tours (3). »

Il se rend compte en même temps des moyens de défense. A Niort, il visite l'arsenal, qui ne contient que quatre à cinq mille vieux fusils de Maubeuge; on s'occupe à les réparer dans plusieurs ateliers, mais on n’en peut mettre qu’une cinquantaine en état par jour ; les armuriers de Poitiers et d'Angoulême sont alors requis de venir accroître le nombre des travailleurs. Il examine également

administrateurs de la Haute-Vienne de stimuler le zèle des bons citoyens pour rassembler une force armée contre les Vendéens et apporter des secoursaux familles des volontaires. (Arch. nat., AFr1 146, doss. 1171.)

(1) Compte rendu, 2° partie, p. 18. — Lettre du 17 juillet au Comité de salut public.

(2) « Nous », c’est-à-dire lui et le citoyen Chaux, le Nantais qui l’accompagnait.

(3) Compte rendu, 2 partie, p. 20.

les murailles, qui sont bonnes; les redoutes, bien disposées, -qui protègent l'enceinte de la ville; l'hôpital militaire, un des mieux organisés de la République (1). En passant à Saint-Jean-d’Angely, il visite les magasins à poudre, magasins précieux, qui méritent la plus haute protection. Telles furent les mesures prises par Philippeaux pour opposer à l'insurrection des forces capables de l’étouffer, ses moyens pour réchauffer le zèle des populations, leur communiquer l’ardeur dont il était lui-même animé, cette ardeur qui enflamme toutes ses lettres au Comité de salut public, toutes les pages de son Compte rendu à la Convention (2). Après avoir vu son action aux alentours du théâtre des opérations militaires, nous allons maintenant le suivre . sur le terrain même de la guerre.

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