MINES BURGESS
Les mines et les ateliers de préparation mécanique se trouvent à présent à Burgess Mines, lot 14, concession XIV, du comté de Carlow, à l'endroit même où Ferrier fit, en 1896, sa première découverte de corindon. "Il y avait là, dit Ferrier, une chaîne très marquée de collines qui se
‘rminaient d'une façon assez abrupte, par une falaise à pic composée -urtout de pegmatite grossière, rouge sang, traversant une roche gneis- ‘que, rougeâtre ou brunâtre, qui, après examen au microscope s'est révélée comme un gneiss granitique à hornblende.” Le gisement de Ferrier est maintenant épuisé et les exploitations actuelles se trouvent sur la colline de John Armstrong à peu près à un mille } à l'ouest de Burgess Mines.
La description de l'outillage que nous donnons ci-dessous provient du 14ème rapport du Bureau des Mines de l'Ontario:
“Les deux bâtiments principaux sont ceux des chaudières et de l’atelier de préparation. Le premier contient une chaudière de 125H.P. qui donne la vapeur de séchage et la vapeur nécessaire à la force motrice de l'atelier. L'atelier lui-même comprend 5 concasseurs Blake un de 9 par 15 pouces, deux de 7 par 10 pouces, deux de 4 par 10 pouces; deux
concasseurs par choc ou broyeurs, deux cylindres, un couloir de répartition, un séparateur magnétique du type Noble, 7 jigs pneumatiques Hooper, un sècheur, une machine à vapeur horizontale de 75 h.p., et une installation d'éclairage électrique. Le minerai est mis à sécher immédiatement en arrivant de la mine.”
CRAIGMONT.
C'est à Craigmont, dans le comté de Raglan, que se trouvaient autrefois, cependant, les plus grandes exploitations de corindon, mais à la suite de la destruction de l'atelier de préparation, en février 1913, toutes les opérations ont été arrêtées et même certains bâtiments ont été transportés à la mine Burgess. Les gisements de corindon qui s'y trouvent méritent une description spéciale et détaillée aussi bien au point de vue géologique qu'industriel.
Géologie des environs de C, .igmont.
“raigmont (autrefois mont Robillard) (voir planches 25, 26, 27) est une colline, bien marquée dar : le paysage, qui s'élève à pic au-dessus du marais de Campbell et qui se prolonge à l'ouest jusqu'à la grand’ route qui va de Combermere à Fort Stewart. Cette colline s'étend ainsi sur les quatre premiers lots des conce.sions XVIII et XIX du comté de Raglan, la limite entre les deux concession se trouvant sur les pentes méridionales de la montagne. Le point le plus élevé est à peu près à 420 pieds au-dessus de la plaine sableuse du sud, c'est à dire à 1:520 pieds au-dessus du niveau de la mer.
La partie nord de la ‘“montagne’”’ est formée de gneiss granitiques rougeâtres qui font partie des batholithes laurentiens qui occupent une si grande place dans le pays. Ce gneiss est biei né et nettement foliacé; on y trouve les enclaves habituelles d'amphibolite qui sont pour la plupart allongées parallèlement à la direction des gneiss. Ce granite gneissique est envahi par de nombreux dykes et par des masses de granite pegmatitique présentant souvent une structure oeillée très nette, qui est probablement d'origine protoclastique. Ces masses étrangères se sont logées dans le granite perdant la période finale de sa consolidation. Le granite gneissique contient du quartz et le granite pegmatitique est extrêmement riche en quartz.
Cette série de granite gneissique semble passer graduellement dans la partie nord de la colline, par une diminution croissante du quartz, à une série de roches à corindon qui remontent sur le granite et qui forment le sommet et la pente sud de la colline. Cette série à corindon est un complexe de divers types rocheux très voisins qui ne sont que des produits
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n'existe aucune ligne de démarcation bien nette dans la nature entre ces diverses variétés.
(1) Craigmontite. Cette variété est assez riche en néphéline et contient une très importante proportion en corindon, généralement moins de 1 pour cent. La roche est habituellement d'une couleur rosée due à un commencement de décomposition de la néphéline et elle est plutôt d'un grain grossier. Au microscope elle est composée de néphéline, oligoclase, muscovite, biotite, calcite, magnétite et corindon. Le corindon (comme aussi dans la raglanite) se présente en cristaux bien définis possédant souvent la forme caractéristique du cigare et disposés de telle façon dans la roche que les grands axes sont souvent perpendiculaires à la foliation. Les tout petits individus du corindon qu'on voit au microscope f*" souvent des formes irrégulières dues à la corosion magmatique; ils s habitueliement entourés d'une Couronne ou manteau de muscovite.
(2) Congressite—Cette roche est le produit de différenciation qui contient le plus de néphéline. Elle est alliée à la monmouthite et à l'urtite, mais elle est plus riche en alcali attendu qu'elle appartie at au 9° ordre du persalane de la classification quantitative. Cette roche apparait en grands affleurements dans la partie de !a colline Craigmont connue sous le nom de Congress bluff (voir planches XXVI, “les carrières Klondyke’'); elle est d’un grain plutôt grossier et possède généralement une foliation plus ou moins nette comme c'est d’ailleurs le cas dans tous les autres membres de la série. Sa couleur est rose pâle et provient de la grande qua”tité de néphéline rose et à reflets huileux qu'elle contient. Par endroit la roche renferme des petites bandes ou traînées 5lanches de plagioclase. Quand il y a de la sodalite, elle est emprisonnée dans la néphéline sous form. de petits grains d’un bleu brillant; au contraire les
autres éléments se présentent en petites écailles ou en grains disséminés dans la roche, de telle façon qu'ils accentuent la foliation. Souvent le mica a une tendance à se grouper en petits paques.
(3) Raglanite. C'est ne anorthosite à néphéline et à corindon de couleur blanche ou grise qu'on a choisie comme type de !a variété extrêmement riche en feldspath de la syénite à néphéline de Craigmont. Depuis cette époque les exploitations en carrières ont révélé l'existence de phases encore plus feldspathiques auxquelles on a pu donner le nom de plumasite, terme qui avait été proposé primitivement par le D’ Andrew C. Lawson (Bull. Dept. Geol. de Californie, Vol. III, n° 8, pp. 219-229). La roche contient environ 65 pour cent d'oligoclase, 12 pour cent de néphéline et 4:45 pour cent de corindon, avec des quantités secondaires de muscovite, biotite, magnétite calcite et apatite.
(4) Plumasite. C'est une anorthosite à oligoclase, formée presque exclusivement d'oligoclase blanc et d'une quantité variable de corindon. Elle renferme parfois, comme éléments accessoires, de la muscovite, de la biotite et de la scapolite. La plumasite se rattache étroitement à la raglanite et à la dungannonite.
(S) Umptékite. Cette roche est une syénite alcaline rose ou rouge qui diffère de la plumasite surtout par la grande quantité de feldspath potassique qu'elle contient; elle est généralement bien foliacée, sa structure étant accentuée par de minuscules écailles de biotite. L'umptékite est peut-être le représentant le plus abondant de cette série alcaline de Craigmont. Sa composition minéralogique est à peu près: orthoclase et microcline 30 pour cent, albite 55 pour cent, et enfin magnéti.e avec un peu de biotite et corindon. Certains échantillons contiennent de petites quantivés de hornblende et pyroxène comme éléments accessoires remplaçant la biotite.
(6) Anorthosite. Cette autre anorthosite est une roche à gros grain et de cr'ileur grise ou gris verdâtre. Elle est formée essentiellement et souvent presque complètement d'un feldspath plagioclase de composition intermédiaire entre l'oligoclase et l'andésine. La plupart des affleurements contiennent cependant une quantité variable de grenat rose foncé, de magnétite et corindon. En coupe mince, au microscope, on aperçoit de la muscovite de la biotite, de la scapolite et un spinelle vert foncé, le tout en quantités accessoires. =
(7) Rocie * Scapolite. On a trouvé dans certaines carrières une roche g'anun «, verdâtre pâle, formée presque exclusivement de scapolite. La scapolite a une densité de 2:67 ce qui indique qu'elle se place au milieu de la série des scapolites. Cette roche à scapoiite est accompagnée de petites bandes de magnétite.
(8) Amphibolite. L'amphibolite se présente en association intime avec les autres termes de la série à corindon, surtout sous forme de bande
ent et position leurefoncé, perçoit foncé,
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fois une épaisseur de 18 pieds, Ces dykes recoupent parfois le sens de foliation de la série mais, en règle générale, ils sont parallèles à la structure d'ensemble des terrains. 11 Y a souvent passage graluel et parfaiement continu entre cette phase à gros grain et le type normal d: syénite qui contient également du corindon mais en moindre abondance, et en individus plus petits. La Pegmatite à corindon est presque entièrement formée de feldspath, tantôt rouge sang foncé, tantôt rose saumon très clair u:i au microscope se résout comme une association irrégulière d'orthociase et d'albite, cette dernière étant la plus abondante ainsi que les analyses chimiques l'on révélé. Cette microperthite s'accompagne d'éléments accessoires, généralemc it localisés et en quantités peu importantes: de la biotite, de la muscovite, de la scapolite, de la calcite, de la magnétite, de l'hématite (minerai de fer micacé) de la molybdénite, de la pyrite, de la pyrrhotine, de la chalcopyrite, du chrysoberyl, du spinelle, et du quartz. Bien que le quartz et le corindon passent généralement pour s'exclure l'un l’autre, on a trouvé des échantillons qui contenaient ces deux minéraux e1 p2tite quantité.
Cette syénite pegmatitique représente une des hases finales de la cristallisation de ce magna très alutaineux. Des :: es pegmatitiques contenant des quantités variables, mais toujours tites, de quartz marquent les dernières intrusions de ce comjlexe igne,
Exploitation à Craig : ont.
L'exploitation sur la propiiis Company de Craigmont (voir planche naire avec perforatrices, de 14 à 15 pieds de pro
triage par lequel on rejettes les qualités pauvres, attendu que le minerai le plus pauvre qu'on peut envoyer au moulin doit être d'une teneur au moins supérieure aux tailings. De même il est nécessaire de rejeter autant que possible les gros morceaux de magma, de pyrite de fer ou de hornblende, car ces substances sont très difficiles à enlever lorsqu'on cherche à obtenir des concentrés à 95 pour cent.
On trouve des petits plaquages de molybdénite dans les très fines fissures de la roche, mais il n'y en a jamais en quantité importante et tout ce qu'on peut recueillir ce sont des échantillons.
Le minerai obtenu en carrière sur la pente de la colline est amené à un tramway par de petits chariots attelés de chevaux. Le minerai est alors chargé sur des wagons de 3 à 4 tonnes qui circulent sur un tramway montant jusqu’au sommet de l'atelier. En entrant à l'atelier le wagon est pesé et on tient un compte exact du nombre de tonnes qui rentrent ainsi chaque jour. Quand il pleut on tient compte également de l'humidité contenue dans le minerai. Ces wagons sont tirés par des chevaux et peuvent transporter 150 tonnes en 10 heures.
L'atelier de préparation (voir planche XXVIII) se trouve à l'extrémité est du versant méridional de la chaîne de collines où sont les carrières de corindon. Le tramway dont nous avons parlé, après avoir passé sur la bascule, entre dans l'atelier par le sommet. Les wagonnets qui sont à fond plat se basculent des deux côtés dans le silo en dessous; ce silo carré est à fond plat; sa capacité est de 400 tonnes. La chute qui alimente les concasseurs est près du centre du fond du silo et débouche juste au-dessus du concasseur. Un homme se tient le long de cette chute et surveille l'alimentation du concasseur qui est du type Blake, modèle Farrell, dont l'ouverture est de 15 par 24 pouces, qui tourne à 250 tours par minute et qui broie à 24 pouces. Au sortir de ce concasseur, le minerai tombe sur une courroie transporteuse Robbins de 18 pouces de large et 85 pieds de long, qui marche à une vitesse de 300 pieds par minute et qui a une pente de 20 pour cent en allant vers les appareils suivants:
Le courant de minerai venant de la courroie est divisé en trois parties; chacune d'elles alimentant par des petites chutes trois concasseurs petits modèles; deux d'entre eux sont des Farrell type Blake, de 6 pouces par 20 pouces; l'autre est un concasseur giratoire Gates du type À. Ces trois appareils ramènent le minerai à à de pouce et en dessous et l'envoient dans un autre grand silo en dessous, d'une capcité de 400 tonnes.
Le minerai est repris alors en dessous sur une des faces du silo et envoyé à de gros cylindres alimentés par un distributeur Challenge. Le minerai s'échappe du disque du distributeur, tombe dans un couloir tamis et va directement aux cylindres; les tamis débarrassent le minerai
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Chaque tournant à 20 tours ntraîné par poulie et corde
centration. La pulpe qui traverse les cinquièmes trommels percés de trous de À de mm. va à une caisse dans le fond de laquelle les parties lourdes s'accumulent pour ensuite aller à une table de concentration, l'eau boueuse qui déborde de la caisse allant aux tailings. Les 20 tables Overstrom, les anatre tables de concentration Wilfley, les deux séries de paires de jigs Hartz en fes à trois compartiments, et les doubles jigs Hartz en bois à 2 compartiments sont tous placés sur le plancher immédiatement en dessous des trommels. Les grilles des jigs er fer ont 24 pouces par 36 pouces et sont percées de trous de même dimension que les trommels qui les alimentent, mais le haut de la grille a un manteau de matériaux de refus épais d’un pouce à. La vitesse de ces jigs varie de 220 tours par minute pour le menu, à 170 tours par minute pour le gros. La course du piston est de À de pouce.
Ce qui sort de la première caisse de jigs va au broyage dans des cylindres finisseurs situés à un plancher inférieur puis tombe dans des silos, pour être fisalement renvoyé aux appareils de broyage de l'atelier. Les produits de 2ème et 3ème caisses de jigs n'étant pas aussi propres retournent aux cylindres qui les broient plus fin et comme on manque d'élévateurs et de tamis spécial on est obligé de les renvoyer à l'élévateur principal d’où, s'ils sont assez fins, ils vont aux tables de concentration et s'ils sont très gros, retournent aux jigs. Les essais faits sur les produits des jigs montrent que la 1ère caisse donne un produit contenant à peu près 50 pour cent de corindon et que la deuxième et troisième cais:e donnent un produit à 35 ou 40 pour cent de corindon, le tout provenant d'un minerai contenant 10 pour cent de corindon et 6 à 7 pour cent de fer magnétique. Les tailings venant des jigs entraînent une perte de 3 pour cent, mais cora1me les jigs étaient beaucoup surchargés on ne peut pas considérer ces résultats comme normaux et il est certain qu'avec une plus grande capacité de jigs on réduirait les pertes de 50 pour cent.
La teneur moyenne des corindons dans les produits finaux est à veu pr!s la suivante:
Pour cent.
Minerai envoyé à l’atelier............................ 103 Concentrés des jigs................................. 50 Concentrés partiels des jigs.......................... 40
Tailings des jigs, tamis de 6 mm..................... 3 Tailings des jigs, tamis de 4 mm..................... 3 Tailings des jigs, tamis de 2} mm..................... 3 Concentrés des tables............................... 60 Tailings des tables 2} à 2 mm....................... 2 Tailings des tables 2 à 13 mm....................... 2 Tailings des tables 13 à 1 mm........................ 2 Tailings des tables 1 à O0 mm......................... 2