CHAPITRE XV
STATISTIQUE DU CORINDON.
Il est très difficile d'obtenir les chiffres de production pendant les premières années où on a commencé à faire la statistique du corindon aux États-Unis: de plus les chiffres obtenus sont très approchés. Les comptes rendus annuels publiés par le Service géologique des États Unis réunissent ensemble les productions de curindon et d'émeri et donnent comme explication que; ‘les producteurs d'émeri et de corindon sont tous peu enclins à donner des renseignements sur leurs affaires et c'est pour conserver la nature confidentielle des statistiques que nous avons réuni ensemble les productions des deux minéraux.” Dernièrement cependant cette réserve des propriétaires cle mines et des ('ompagnies a beaucoup diminué et les chiffres que nous avons maintenant sont beauccup plus sûrs.
Les chiffres de production et d'expéditions qui ont été fournis aux Départements des Mines de l'Ontario ou du Dominion ont tous été complets et sincères depuis le début de l'industrie de l'exploitation du corindon au Canada. On demande de plus en plus du corindon, non seulement à cause du développement de l’industrie en général, mais aussi à cause des méthodes sans cesse plus perfectionnées de purification du corindon et du développement sans cesse plus grand de ses applications. En outre on reconnaît de plus en plus que le corindon présente une supériorité manifeste comme abrasif sur beaucoup de produits ordinaires et impurs, vendus sous le nom d'émeri. Nous croyons sincèrement que les gisements canadiens sont sans rivaux, non seulement à cause des grandes étendues sur lesquelles se rencontrent les roches à corindon, mais encore à cause de la richesse relativement grande des gisements isolés et de la pureté des matériaux naturels qu'on en retire. Les produits canadiens sont actuellement sans rivaux sur les marchés du corindon naturel, attendu que les États-Unis qui étaient son concurent le plus sérieux se sont pratiquement retirés du marché depuis 1915. À l'heure actuelle, c'est donc au Canada que se trouve la plus grande industrie du corindon naturel du monde.
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Quantilé de minerai de corindon et production de corindon classé Canado — Statistique annuelle.
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Exportations de Corindon.
(Ministère des Douanes, Canada).
Le ministère des douanes du Canada n'a recueilli séparément ces chiffres d'exportation que depuis le mois d'avril 1911. Ces chiffres peuvent différer légèrement de ceux qui figurent dans le tableau précédent à cause du temps qui a pu s'écouler pendant le transport de l'atelier au port d'exportation.
Production de corindon et d'émeri aux États-Unis, de 1881, à 1912 inclus, d'après les chiffres du Service géologique des États-Unis.
Valeur
Depuis l’année 1905 incluse, la production de corindon a cessé. Les tableaux de 1905 à 1912, ces deux années incluses, ne s'appliquent donc qu’à l'émeri. La Caroline du Nord et la Georgie furent les premiers états des États-Unis à produire du corindon et jusqu’en 1900, ce sont eux qui ont fourni tout le corindon employé dans le pays. C'est en 1900 que
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commencèrent les exportations du Canada. De 1901 à 1905 il n'y avait qu'une petite partie du corindon employée aux États-Unis qui venait de la Caroline du Nord et du Montana. Cette même année l'exportation du corindon cessa aux États-Unis et n'a jamais été reprise.
Production du corindon aux États-Unis d'après “Mineral Industry," 1895-1900.
On a trouvé des grandes quantités d'émeri sur un certain nombre d'îles de l'archipel grec. Les mines les plus importantes sont sur l'ile de Naxos. Dans l’île Nicaria, on a trouvé un émeri de qualité analogue, mais en beaucoup moins grande quantité. Il existe aussi un peu d'émeri sur l'île de Samos. Le port d'expédition est Syra. Ces gisements appartiennent au Gouvernement grec et ont été pendant longtemps affermés à une compagnie allemande connue sous le nom de Naxos Union dont le siège social se trouvait aux environs de Francfort et d'Offenbach. Cette Compagnie avait acquis le droit exclusif de vendre l'émeri de Naxos pendant un grand nombre d'années. À présent la production d'émeri de Naxos est contrôlée par une commission financière internationale qui représente les gouvernements étrangers en Grèce et les revenus des mines sont employés à amortir la vieille dette internationale.
Le tableau suivant des exportations d'émeri a été pris dans Mineral Industry (1912):
Exportation d'Émeri de l'ile de Naxos, en Grèce.
3,125 $ 65, 4,500 93,166 5,139 106,181 6,023 303 6,080 125,582 4,315 88,841 5,813 120,348 6,353 131,531 6,395 132,090 8,030 166,251 se 10,982 221,154 7,471 164,5 8,193 164,762 12,939 255, 9,845 202,119 7,837 157,452
Le prix de revient aux mines est d'environ $10.50 par tonne métrique et le prix payé sur quai à Syra variait de $19.71 par tonne métrique en 1910, à $20.09 par tonne métrique en 1912. Comme on peut voir dans le tableau précédent la production d'émeri de Naxos, en 1911, montait à 9-845 tonnes, qui se distribuèrent de la façon suivante: États-Unis 4,322 tonnes ; Allemagne 1,400 tonnes; Hollande 1,378 tonnes; France 1,165 tonnes; Belgique 670 tonnes; Grande Bertagne 540 tonnes; Espagne 350 tonnes, et Autriche-Hongrie 20 tonnes.
C'est le D’ J. Lawrence Smith, en 1849, qui étudia le premier les gisements d'émeri d'Asie Mineure, mais ce n’est qu'une vingtaine d’années plus tard qu'on se préoccupa sérieusement de leur exploitation. Les mines se trouvent dans le vilayet d’Aidin, dans un cercle d'un rayon de 125 milles autour de Smyrne qui est le centre commercial de la province. Deux lignes de chemin de fer traversent le pays en remontant les vallées du Sarabat (Hermus) et Méartdre. Les principaux gisements sont à Gumuch Dagh et sur les pentes d'Ak Sivri (district de Kulah), soit à 125 environ au sud des ruires d'Ephèse. La production annuelle varie d'environ 17,000 à 25,000 tonnes métriques. Cet émeri passe pour être nettement inférieur à celui de Naxos. Le prix varie de 14 à $20 par tonne à Smyrna. Le dernier rapport officiel du département des mines et des forêts de Turquie pour l’année fiscale se terminant en mars 1909, donne une production pour 1908 de 26,352 tonnes métriques évaluées à £85,381; et pour 1909 de 24,475 tonnes métriques évaluées à £80,000.
1 T. H. Holland “Sketch of the Mineral Reso. rces of India, Calcutta" 1908, p. 47.
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Il existe encore dans l'Inde un certain commerce de corindon qui durera sûrement pendant plusieurs mais les chiffres des productions que nous possédons
et les bergers qui vendent leur cueillette par l'intermédiaire du “bania” du village
aux gros commerçants des grandes villes. En 1907 des prospecteurs se sont attaqués aux célèbres gisements de corindon de Pipra dans le Rewah et ont pu expédier dans le cours de l'année 28 tonnes de minerai destinées à des recherches expérimentales.
H. H. Hayden Jans sa revue de la production minérale de l'Inde pendant 1912, écrit qu'il y a eu une au i duction du
L'Allemagne produit aussi un peu d'émeri et d’après le Mineral Industry l'émeri qui venait de Bavière en 1910 se montait à 270 tonnes s'élevant à 12,050 marks et en 1911 à 210 tonnes valant 9,400 marks.
L'alundum ou corindon artificiel, et le carborundum sont actuellement, les concurrents du corinden -anadien, surtout au Canada et aux États-Unis. Nous donnons ci-dessous les chiffres de production et la valeur de l'alundum fabriqué aux États-Unis depuis 1905 date du commencement de l'industrie, jusqu’à 1912 inclusivement (Mineral Industry).
Production d'alundum aux États- Unis, 1905-1912,
3 Rec. Geol, Surv. Ind, Vol. 37, 1908-9, p. 87.
On peut se rendre compte du progrès de l'industrie du carborundum par le tableau suivant qui contient, d’après le Mineral Industry, la production et la valeur du carborundum de 1892 à 1912.
Production du Carborundum, 1892-1912.
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