HISTOIRE DU CORINDON EN AMÉRIQUE
États-Unis.
On ne saura sans doute jamais clairement si les peuples aborigènes de l'Amérique du Nord se sont servi de corindon pour graver les curieux hiéroglyphes, dont on trouve encore maintenant des vestiges si bien conservés sur certaines roches. En tout cas, il est impossible de ne pas admettre que les peuplade: uvages, qui aiment tant les ornements du corps, n'aient pas été at: par l'éclat et la couleur des variétés précieuses du corindon qui « résentent sous forme de caillous isolés et roulés. Le premier document authentique de la découverte du corindon en Amérique date de i819%. A cette époque, John Dickson, professeur à Columbia dans la Caroline du Sud, envoya à son ancien professeur Benjamin Silliman, le père, un lot d'échantillons minéralogiaques et géologiques qu'il avait recueillis dans une tournée à travers les deux Carolines.
1 On the Corundum Stone from Asia, Phil. Trans. Soc. royale Londres, 1798, page 403.
* Am. Jour. Sci. Vol. VII, 1849, p. 283-285; Vol. IX, 1850; p. 289; Vol. X, 1850, p. 354-359; et Vol. XI, 1851. p. 53-66; Scient‘fic Researches, 1851, p. 1-53.
* Am. Journ. Sci. Vol. III, 1821, pp. 2-5.
A cet envoi était jointe une lettre datée du 21 Décernbre, à Charleston, contenant une “Notice sur la minéralogie et la Géologie de certaines parties des deux Caroline”. Dans ces échantillons se trouvait un cristal hexagonal parfait de corindon bleu, auquel la lettre ne faisait, assez curieusement, aucune allusion—Interrogé sur la localité exacte d'où venait ce corindon, M. Dickson répondit de Charleston, le 9 Mars 1821: “Je pense qu'il vient du district de Laurens; en tout cas, je l’ai ramassé moi-même, sinon dans la roche en pla :, du moins dans un endroit où aucun échantillon minéralogique ou géologique n'a pu être transporté auparavant. Je suis sûr que c'est un corindori américain et un corindon de la Caroline”!. Plus tard on reconnut que ce corindon avait été trouvé à Andersonville, district de Laurens, Caroline du Sud, en un endroit qui donna plus tard de grandes quantités de corindon?.
Ce n'est cependant qu'après la découverte du D' H. S. Lucas, à Chester dans le Massachussetts, (6 septembre 1864) que l’industrie de l’émeri entra dans une phase active. Le D’ Lucas avait prédit, au début de la même année, qu’on trouverait du corindon, parce qu'il avait reconnu la présence de margarite, minéral de la famille des micas, que le D' Smith avait signalé comme caractéristique des dépôts d'émeri d'Asie Mineure. Deux ans plus tard on découvrit des cristaux bien formés de corindon dans le même gisement*. La mine d'émeri de Chester est toujours exploitée, et c'est un des deux producteurs de corindon des États-Unis. Les découvertes (datant de 1849) et les études du Dr Smith des gisements d'Asie Mineure avaient stimulé et même, en quelque sorte, dirigé les recherches en Amérique. On se rendit vite compte qu'il y avait de l’émeri, souvent en quantités considérables, en divers endroits de la bande de roches cristallines de la région Appalachienne, sur presque toute sa longueur du Massachussets à l’Alabama.
En 1870 M. Hiram Crisp trouva les premiers gîtes de corindon de la Caroline du Nord, qui parurent dignes d'être mis en valeur, en un endroit connu depuis sous le nom de mine Corundum Hill. Les années 1870 et 1871 furent marquées par d’actives recherches de corindon dans le sud ouest de la Caroline du Nord. À la même époque on retira environ un millier de livres de corindon, (certains blocs atteignaient 40 livres) de la propriété Corundum Hill. L'exploitation systématique de ce gisement ne commença cependant que dans les derniers mois de 1871, lorsque le Col. Charles W. Jenks créa en Amérique les premières entreprises d'industrie du corindon comme abrasif. Au printemps de 1872 s'ouvrit la mine de Laurel Creek ou Pine Mountain, dans le comté Rabun, Georgie. Ce sont ces deux mines de Laurel Creek et de Corun-
1Am. Journ. Sci. Vol. III. 1821, pp, 229-230. ? Kunz. ‘“‘Gems and Precious Stones of North America,"’ 1892, p. 42. * Am. Jour. Sc. 2e Ser. Vol. XXXIX, pp. 87-90; Vol. XLII, 1866, p. 421.
dum Hill qui ont fourni la plus grande partie du corindon emplc ‘4 aux États-Unis, aussi bien que dans le monde, jusqu'en 1893 où la min. de Laurel Creek fut abandonnée. Depuis lors et jusqu'en 1906 ce fut la mine de Corundum Hill qui resta le plus gros producteur de corindon. Depuis 1905 les États-Unis n'ont plus donr£ de corindon, et ce sont les riches gisements de l'Ontariv, dont l'expioitation remonte à 1900, qui ont peu à peu envahi le marché des États-Unis jusqu'à faire disparaître complètement le corindon domestique. Des exploitations de corindon essayèrent de se créer en 1900 dans le Montana, mais elles tombèrent au bout de quelques années. On fit en 1901 des travaux de recherches dans le comté de Plumas en Californie, sans découvrir de gisement intéressant.
Canada.
C'est le D' T. Sterry Hunt de la Commission géologique! qui découvrit le premier, en 1847, le corindon au Canada. Dans l'été de cette année, alors qu'il étudiait les caractères minéralogiques des roches en bordure de la rivière Ottawa, il se rendit à la ferme de M. George Holliday, sur le lot 2, concession IX du canton de Burgess, dans le but de compléter ses notes sur un gisement de pyrites de cuivre, dont il avait déjà reçu et essayé des échantillons dans son laboratoire de la Commission géologique. Après avoir mentionné dans son étude du mode de gisement de ce minerai que la chalcopyrite se trouve en toutes petites poches ou veinules au milieu de calcaires cristallins, il ajoute: “Parmi les blocs de roches rejetés par l'explosion des mines, se trouvait une roche composée de mica argenté avec quartz, feldspath ou albite, et calcite, contenant des masses emprisonnées d’un très beau pyroxène vert émeraude vif et presque transparent, et des cristaux de sphène jaune miel foncé. Le mica est souvent groupé en paquets de petits cristaux cylindriques. Au milieu de tous ces minéraux, un peu partout dans la roche, se trouvaient un grand nombre de petits grains cristallins d’un minéral transparent, dont la couleur variait du rose rouge clair au bleu saphir foncé. La dureté de ce minéral était telle qu'on pouvait rayer facilement le topaze avec lui: ce n'était pas autre chose que le minéral rare nommé corindon; par sa couleur c'était du rubis oriental et du saphir. Les grains étaient très petits, tous plus petits qu’un grain de poivre. À l'époque où j'étais sur le terrain ils passèrent inaperçus et les échantillons que je prélevai furent choisis pour leur pyroxène. Ce n'est que dans deux ou trois d’entre eux que plus tard je reconnus la présence de corindon. Il est probable qu’en cherchant mieux on trouvera des spécimens plus
: Rapp. ann. Com. géol. du Can. 1847-48 pages 133-134. Voir aussi Géologie du Canada, 1863, D. 499.
gros et plus faciles à isoler de ces rares et précieuses gemmes. C'est dans ce calcaire cristallin qu'on les rencontre généralement et le corindon de l'État de New Jersey provient de la même roche et accompagne le même mica. Les corindons des sables de Ceylan, qu'on trouve sur le marché uans le monde entier, viennent également d'un calcaire cristallin analogue. Je dois ces précieux renseignements à la courtoisie du major Lachlan, actuellement à Montréal, qui a passé de nombreuses années de sa vie aux Indes et qui, toujours amateur des sciences naturelles, a fait une remarquable collection de minéraux et de curiosités naturelles de l'Hindoustan et de Ceylan. Dans cette collection se trouve cristaux de saphir avec grains de chondrotite, La chondrotite qui est très caractéristique de ces sortes de calcaires, est très abondante dans tous les calcaires des États de New-York et de New Jersey. Je n'en ai pas encore trouvé en place au Canada, mais j'ai vu entre les mains du D" Holmes, de Montréal, un échantillon de calcaire provenant d'un blocau près de Bytown!, qui contenait des cristaux de spinelle et de chondrotite. La présence de corindon est aussi intéressante à un autre point de vue: sous sa forme massive il constitue l'émeri des Indes Orientales, substance très estimée pour la taille et le polissage des pierres précieuses et des articles de coutellerie.” Le D' Hunt ne s'était pas mépris sur l'importance de cette découverte ainsi qu'on peut s'en rendre compte par le soin qu'il avait apporté à sa description. Si ces jugements n'ont pas été, à l'époque, plus complètement étudiés, c'est certainement parce que le D' Hunt a été pris par d’autres travaux et en particulier par l’urgente nécessité d'étendre aussi loin que possible la reconnaissance géologique du pays. On ne peut pas plus en faire un reproche au D' Hunt qu'aux autres géologues de la Commission; d’ailleurs les renseignements précis données dans le rapport du D' Hunt étaient amplement suffisants pour guider un bon prospecteur.
La collection du Musée géologique d'Ottawa ne renfermant aucun spécimen de ce corindon, le Dr Miller décida, en Novembre 1897, de se rendre à la localité mentionnée par le D' Hunt. Il retrouva la ferme entre les mains de M. Rathwell, qui en est encore propriétaire. Il reconnut de même la présence du corindon dans le calcaire cristallin blanc, dans les mêmes conditions déjà signalées par le D' Hunt, à 200 mêtres environ de la grange, le long d'un sentier. Les échantillons recueillis, tous de petite taille, étaient d’un rose clair et rayaient la topaze. Dans une note, au bas d’une page de son rapport, le D' Miller fit remarquer que le spécimen, d'une dureté égale à celle de la topaze, se trouvait dans les mêmes conditions dans les calcaires cristallins, et que par suite il était nécessaire d'examiner soigneusement, aussi bien au point de vue physique que chimique, les cristaux recueillis avant de se prononcer
1 Actuellement Ottawa, capitale du Canada.
ASE RE ei 26 CEE 1
Rite 4e LR
définitivement. Les cristaux recueillis étaient petits et provenaient du voisinage de la surface; il était donc difficile d'en faire une détermination sûre. Un des individus avait une apparence octahédrique suspecte; un autre qui semblait impur contenait 745 pour cent d'alumine!. Dans ces conditions le D' Miller incliné à croire que les deux espèces coexistent et s'associent fréquemment dans la même masse rocheuse?,
L'existence du corindon dans le Nord du comté d'Hastings ne fut réellement connu du public qu'après le voyage d'études de M. W. F. Ferrier alors géologue à la Commission, en Octobre 1896, dans le Rapport sommaire pour l'année 1896?, M. Ferrier relate l’histoire de la découverte et des circonstances qui l'ont amené à visiter la région. Il écrit: “Un des plus intéressants gisements dont j'ai a signaler la récente découverte est celui du corindon dans le comté d’'Hastings, Ontario. Cette découverte se fit d’une façon assez étrange. En 1893 j'achetai un certain nombre d'échantillons recueillis par M. John Stewart, autrefois d'Ottawa, parmi lesquels se trouvait un paquet étiqueté “Cristaux de pyroxène du sud de Carlow”. En examinant ces échantillons, il y a quelque temps, je reconnus qu'il s'agissait de corindon. Je me mis immédiatement à rechercher la localité précise d'origine. Vous en avez été averti et vous m'avez autorisé, en Octobre, à visiter le canton de Carlow dans le but de trouver le gisement en place et de déterminer son étendue. Je me fis accompagner de M. Colet et, après beaucoup de difficultés, je trouvai le corindon sur le lot 14, concession XIV du canton de Carlow, comté d'Hastings, Ontario”.
On sait maintenant d’une façon certaine, que ce n'était pas là la première fois qu'on signalait la présence de corindon dans le comté de Carlow.
Le plus grand gisement de corindon de l'Ontario, sinon du monde, fut découvert en 1876 sur le lot 3, concession XVIII du canton de Raglan, comté de Renfrew. Les détails de cette découverte nous ont été fournis par J. Henri Robillard. En rentrant chez lui d'une cueillette d’airelles (bleuets) qui poussaient sur les terrains plats en bordure du marais connu sous le nom de marais Campbell (expansion de la rivière York) et en remontant obliquemment la colline Robillard (Craigmont) il s'arrêta, pour se reposer avec sa fille Annie, en un endroit où la roche était “criblée de corindon”. Ces cristaux apparurent très justement à Annie comme des bouchons de burettes. M. Robillard fut, pour sa part, tellement frappé de leur abondance qu'il en recueillit quelques uns qu'il montra plus tard à des “experts” locaux.—Un d’entre eux, qui
1 Ann. Rep. Bur. of Mines, Ont. 1898, 3rd Pt. p. 214.
3 Jour. Can. Min. Inst. Vol. VI1, 1904, p. 413.
# Rapport sommaire de la Com. Géol. du Can. 1896 pp. 116-119.
‘Arthur A. Cole, actuellement igénieur des mines au chemin de fer Temiskaming and Northern Ontario, Cobalt, Ont.
avait eu auparavant connaissance des Sites d'apatite du lac Clear, déclara que c'était du “phosphate”, En 1884, M. John Fitzgerald, après s'être entendu avec M. Robillard, demanda la concession des droits miniers sur la propriété, y compris les lots XVIII et XIX de Raglan.
En 1886, M. Herbert Ross Wood, diplômé en sciences naturelles de l’Université de Toronto, fit un voyage dans le nord pour étudier les gisements minéraux ayant un intérêt économique.
Il dut visiter par hasard la localité de Carlow, car en réponse à une demande de renseignements sur la présence de corindon dans Carlow il écrit: Asile de Rockwood, Kingston, février 1901: ‘Autant que je puis m'en souvenir, c'est en 1886 ou 1887 qu'on découvrit le corindon. Il n'y a qu'un petit affleurement dans Carlow, les gîtes exploités se trouvant dans Raglan, près de Combermere et en d'autres points. C'est en ramassant des échantillons de minéraux et des cristaux près d'Armstrong, que je tombai sur du corindon sans m'y attendre. Il était grossièrement cristallisé, accompagné de magnétite et enchassé dans une roche feldspathique. Je crois que je suis le premier à avoir vu cet affleurement, mais j'ai été suivi par d’autres qui ont trouvé les gros gîtes précédemment mentionnés”. On ne sait pas très exactement si c'est M. Wood qui fut l'expert qui informa M. M. Robillard et Fitzgerald que leur mine d'apatite était en réalité une mine de “pierre d'émeri”. La valeur de ces découvertes ne semble pas cependant avoir été appréciée par leurs auteurs, car on n'entendit parler de rien avant le retour de M. Ferrier d'Hastings. Un des fils de M. Armstrong raconte qu'il conduisit luimême M. Ferrier à l'endroit où se trouvaient les cristaux. Bien qu'il semble par là que la nature de ces cristaux ait été connue quelques années avant l'examen de M. Ferrier, il est certain que la valeur et l'étendue des gisements seraient restées pratiquement inconnues san. le rapport de M. Ferrier sur le mode de gisement et l'importance industrielle des découvertes. À la suite de la publication du rapport de M. Ferrier, M. M. Robillard et Fitzgerald s'occupèrent à nouveau des intéressants cristaux de leur propriété de Raglan, qui se trouvait à peu près à 5 milles à l'est du gisement de Carlow. On se souvient que ces cristaux avaient été tenus pour de l’apatite ou “phosphate”. La description de M. Ferrie:, et le fait que ces cristaux se trouvaient à peu près sur la même chaine de collines, les amenèrent à penser que cette soi-disant aç.ite était en réalité du corindon. Cette détermination nouvelle coïncidait avec l'opinion de l'“‘expert”, qui datait déjà de plusieurs années, à une époque où on n'avait pas accordé grande confiance au diagnostic. Immédiatement après le retour de M. Ferrier à Ottawa, (23 octobre 1896) le D' George M. Dawson, alors directeur de la Commission géologique, fit part au Bureau des Mines de la province d'Ontario de la déccuverte du corindon dans le canton de Carlow, et mit en même temps à ia dis-
position de ce Bureau, pour le publier, le rapport préliminaire de M. Ferrier.
Peu de temps après cette découverte, et comme résultat immédiat, on apprit que M. Georges Bennett avait trouvé du corindon dans une soi-disant mine de mica, sur le lot 14, concession 1X du canton de Methuen
comté de Peterborough, à peu près à 45 milles au sud ouest du gisement de Carlow.
Dans le cours de l'été suivant (1897) on reconnut la bande de roches à corindon sur une distance d'environ 16 mi!!es, en partant de la première découverte du lot 14, concession XIV de Carlow et en allant jusqu'à la limite orientale de la feuille d'Haliburton (Feuille N° 118, série des Cartes géologiques de l'Ontario). À cette même époque, M. Joseph Keele, qui était alors mon assistant, eut en main des échantillons de corindon qui provenaient, parait-il, d'un point situé à un mille au nord de Quadville dans l'Ontario. Cette découverte admise comme authentique, on put alors assigner à 5 milles la largeur de la bande de roches à corindon en cet endroit. En septembre de la même année, accompagné de feu le D' R. W. Ells, et de MM. White et Keele, je fis une rapide reconnaissance géologique de la région comprise entre Quadville et le lac Clear, et longue d'environ 12 milles. Ce premier examen nous permit de conclure, dans un rapport préliminaire, que “il devient de plus en plus raisonnable de supposer qu'une prospection soigneuse et systématique dans le nord de Lyndoch, le sud de Brudenell et les concessions centrales de Sébastopol, amènera la découverte du corindon’”. Les travaux que je fis à ce sujet furent forcément limités à la partie de la bande à corindon traversant les cartes géologiques en cours d'exécution. La grandeur du territoire à arpenter et à étudier qui se trouvait dans la feuille Haliburton-Bancroft, et la grande complexité des problèmes de géologie archéenne à résoudre, amenèrent sans aucun doute le Directeur de la Commission géologique à avertir le Bureau des Mines de l'Ontario non seulement de l'intérêt scientifique de la découverte, mais des espérances industrielles qu'elle faisait naître. La publication de ce présent rapport définitif a été fortement retardée pour plusieurs raisons qu'il est inutile d'énumérer, mais on a fait paraître de temps en temps des rapports préliminaires très complets, qui ont mis pleinement en lumière l'intérêt économique du corindon, son origine, son mode de gisement et sa distribution géographique?
? Rapport sommaire de la Comm. géol. 1897 p. 53.
* Rapport sommaire de la Comm. géol. 1897, p. 52.
: somm. de la Comm. géol. du Can. 1896, p. 53, 116-119; 1897, p. 45-56 avec carte, 127-128; 1898 p. 110; 1899 p. 130-113; 1900 p. 127-128; 1901 D. 150; 1903 p. 132-133; 1904 p. 132-133. Voir également les rapports du bureau de la Statistique minérale et des Mines, Commission géologique. La Production minérale du Canada, division des Mines, Minist. des Mines, Canada (voir Bibliographie). Les Trans. Soc. Roy. Can. 3 série, vol. 11 Sect. IV, p. 1-76. Mémoire n° 6 Comm. géol. Can, p. 1-419.
Le Directeur du Bureau des Mines de l'Ontario, se rendant compte de la grande importance de la découverte du corindon et de la possibilité de l'établissement rapide d'une grosse industrie minière dans la région, commit M. Willet G. Miller, alors professeur de Géologie à l'École des Mines de Kingston (Ontario) et actuellement Géologue provincial de l'Ontario, à l'effet d'entreprendre les recherches nécessaires. Comme les fabricants de meules et appareils en émeri avaient manifesté un grand intérêt à l'annonce de ces découvertes, on crut bon de commencer les recherches par les gisements de Carlow, de façon à obtenir le plus de renseignements utilisables par l'industrie. De plus, on pensa que la détermination de la nature des gisements serait précieuse pour les recherches ultérieures d'autres gisements analogues dans le district. Le professeur Miller reçut donc l'instruction d'examiner les roches à corindon, de rechercher les autres gites de corindon dans le district, et de recueillir des notes précieuses sur la présence d'autres minéraux intéressants au point de vue industriel. Il s’adjoignit pour ce travail deux collaborateurs précieux et dévoués, MM. R. T. Hodgson et W. C. Rogers, alors étudiants à l'École des Mines de Kingston. Dans le début du mois de juillet, accomnagné de M. N. T. Armstrong de New Carlow, le professeur Miller passa quelques jours à étudier la localité où s'était fait la première découverte de corindon, ainsi que deux autres gisements du voisinage. Plus tard dans la saison, du 2 août au 15 Octobre, le professeur Miller, après avoir étudié soigneusement le mode de gisement du corindon, employa la majeure partie de son temps à faire de la prospection pour corindon dans le nord du comté d'Hastings et dans le sud du comté adjacent de Renfrew. Il se rendit ainsi compte que les roches à corindon affleuraient dans sept cantons différents, sur une distance d'environ 30 milles.
Bien que la lettre d'envoi du Commissaire des Terres de la Couronne de l'Ontario, adressée au Lieutenant Gouverneur, et accompagnant le sixième Rapport Annuel du Bureau des Mines de l'Ontario pour l'année 1896, porte la date du 7 Avril 1897, ce rapport contient un résumé des travaux sur le terrain accomplis par le professeur Miller entre la dernière quinzaine de juin et la fin d'août 1897.
À ce résumé, M. Archibald Blue, le directeur d'alors du Bureau des mines, joignit le rapport préliminaire de M. Ferrier, communiqué par le D' Dawson. M. Blue ajoute: “En attendant la terminaison du rapport de M. Miller, nous faisons savoir que la vente des droits miniers sur les terrains à corindon a été suspendue!, Le rapport complet sur tous ces travaux se trouve dans le septième rapport annuel du Bureau des Mines?, L'année suivante (1898) on continua avec le même personnel les travaux
1 Ann. Rep. Bur, of Mines, Ont, 1895, P. 66.
3 Ann. Rep. Bur. of Mines, Ont. 1898, 3rd Pt. pp. 207-250.
pte
ri
FIST ITRILRE
pl
Versatis
net Entre fans) (tue
de prospection et d'études scientifiques de détail. À la suite de ces travaux le Bureau des Mines et la Commission géologique délimitèrent une bande étroite et sinueuse de terrains, s'étendant du canton de Glamorgan au canton de South Algorna, dans laquelle on avait trouvé de place en place du corindon. Sur toute cette distance, d'environ 83 milles, les roches à corindon apparaissent très fréquemment, en une série presque continue d'affleurements. Plus tard, dans l'été de 1905, M. Tett, assistant de M. W. A. Johnston de la commission géologique trouva du corindon sur le lot 12, concession IV du canton de Lutterworth!. La grande bande à corindon se trouvait ainsi mesurer une longueur de près de 103 milles. Des roches très semblables furent signalées dans le canton de Methuen, comté de Peterborough, puis dans l'angle du canton de Burleigh jusqu'au lac Stong, sur une distance de plus de 8 milles’, De même, on connaît une troisième bande, qui d'après l'examen du professeur Miller, présenterait une longueur de près de 12 milles et partirait de l'ouest du canton de South Sherbrooke, comté de Lanark, pour aboutir aux cantons d’Olden et d'Hinchinbrooke en passant par le canton d'Oso, comté de Frontenac.!
On se rendit compte entre temps que les associations géologiques et minéralogiques du corindon de l'Ontario étaient si différentes des associations correspondantes des gîtes de la Georgie et de la Caroline du Nord qu'il fallait se préoccuper de trouver un traitement mécanique du minerai beaucoup plus complet si l'on voulait obtenir un produit pur et riche. À cet effet, le professeur Miller expédia à Kingston, en novembre 1897, plusieurs tonnes de minerai dont le professeur Courtenay de Kalb entreprit l'étude. Les détails des essais de préparation mécanique et les analyses de corindon et de roches à corindon, faits par le D: W. L. Goodwin, figurent à la suite du rapport du professeur Millert, Plus tard, une nouvelle quantité de roches à corindon fut envoyée à l'atelier de l'École des Mines de Kingston et traitée sous la direction de M. Reginald Instanté.
Ces essais se compltèrent ultérieurement par des essais de meules de corind\ 1. Les compagnies Prescott Emery Wheel de Prescott, Ont.; Hart Emery Wheel, d'Hamilton, Ont.; et Northern Emery Wheel de Worcester, Mass., É.U., auxquelles on expédia du minerai, fabriquèrent un certain nombre de meules, les unes en corindon pur, les autres en corindon et émeri, dont le diamètre variait de 14 pouces à 14 pouces. Ces meules figurèrent en bonne place et d’une façon instructive dans la
1 F.app. Somm. Comm. Géol. Can. 1905, p. 93-94.
* Trans Soc. Roy. Can. 3 Série 1908 Vol. II, Sect. IV. . . 49-58. Mémoire n° 6 Comm. Geol. Can. 1910 p. 291-305. Ann. Rep. Bur. of Mines, Ont. Vol. VIII 2° j x cie 1899, p. 206-214.
# Am. Géol. Vol. XXIV, Nov. 1899, p. 276-282. Ann. Rep. Bur. of Mines. Ont. 1899. Vol. VIII 2e partie p. 225-230.
Ann. Rep. Bur. of Mines, Ont. Vol. VII, 3ème Part. 1898, pp. 238-250.
#Ann. Rep. Bur. of Mines, Ont. Vol. VIII, 2ème Part. 1899, pp. 239-240.
section des matériaux de polissage du Pavillon Canadien à l'Exposition Internationale de Paris en 1900 et à l'Exposition de Glasgow en 1901.
L'étendue et la richesse relativement grande des gisements de corindon de l'Ontario, incitèrent le gouvernement de cette province à s'employer de son mieux à développer l'exploitation et l'industrie locale du corindon. Il établit des règlements par lesquels était abolie la vente des droits miniers dans les districts connus pour contenir du corindon, de sorte que les terrains ne pouvaient s’acquérir et s'exploiter que par fermage. Un ordre en conseil du 4 juillet 1898, promulga toutes les dispositions nécessaires à cet effet: le Commissaire des Terres de la Couronne pouvait recevoir jusqu'au 15 septembre 1898 des soumissions pour des terrains ou des droits miniers dans ia région explorée.
Un seul soumissionnaire sérieux et acceptable d’après les termes du règlement proposé se présenta, mais le contrat complet ne fut signé que le 15 septembre 18991. Ce contrat fut fait entre le Commissaire des Terres de la Couronne, d’une part, et la Canada Corundum Company d'autre part, représentée par MM. Joseph H. Shenstone et B. A. C. Craig de Toronto. Il y eut cependant le 15 septembre 1898 un arrangement partiel entre les mêmes parties et M. Lloyd Harris de Brantford, par lequel il était permis aux soussignés d'explorer la bande de roches à corindon et de choisir des terrains miniers d’une superficie inférieure à 2,000 acres. M. Thomas Hodgson, qui avait été pendant les deux années précédentes, l'assistant du professeur Miller, et M. M. B. Baker de Kingston furent chargés de rechercher les gîtes exploitables. En septembre 1899, 1400 acres furent ainsi choisis par la Canada Corundum Company, qui les prit en location minière le 15 septembre de la même année, et qui s'organisa pour en entreprendre l'exploitation?
La Canada Corundum Company fut donc la première à mettre le district en valeur. En outre des droits miniers loués du Gouvernement, elle acquit divers terrains à ces propriétaires particuliers et situés dans les cantons de Raglan, Radecliffe, Brudenell, Carlow, Monteagle et Dungannon. En résumé, le contrat entre le gouvernement de l'Ontario et la Canada Corundum Company accordait à cette dernière le droit exclusif de choisir en premier, dans l'étendue de la bande à corindon, les gisements du corindon qui pouvaient se trouver sur des terres dont les droits miniers appartenaient encore à la Couronne. De son côté, la Compagnie promettait de dépenser $100,000 dans des conditions déterminées pour développer les terrains concédés et établir une industrie du corindon. De même, le contrat comprenant l'obligation, pour la compagnie, de faire certains essais concernant les emplois du corindon, notamment comme minerai d'aluminium.
1 Ann. Rep. Bur. of Mines, Ont. Vol. VIII, 2ème Part, 1899, pp. 248-249, % Journal Canadian Mining Inst., vol. VII, 1901, p. 414.
sition orins'emle du e des n, de > par »s les Coupour
es du signé saire pany ES angeford, hes à ire à deux aker
En dum nême
re le nent, 1s les Duntario droit 1, les t les é, la étere du comdon,
Les travaux actifs de développement commencèrent en Avril 1900 sous la direction de M. Thomas Hodgson. Le village et le bureau de poste reçurent le nom de ‘“Craigmont” en raison des services de M. B. A. C. Craig, le premier Vice-président et le Directeur général de la Compagnie, dont l'optimisme et la ténacité ont été pour beaucoup dans la créatic.: de la grande industrie du corindon. Le premier atelier de prér ration mécañnue, d’une capacité journalière de 20 tonnes de minerai fut astallé, avec ses : oncasseurs et ses appareils de concentration, dans une vieille scierie à au qui se trouvait le long d’un ruisseau au pied du mont Kohillard (vcir planche XXV), où étaient situés les gisements. Cet atelier est à ;eu près à 7 milles du village de Combermere sur la rivière Madawaska. Däns les débuts la chute d'eau suffisait, mais on dut très rapidement installer une machine à vapeur de 25 chevaux. L'exploitation se faisait à ciel ouvert, par des carrières ou des tranchées, et commença sur les lots 3 et 4, concession XVIII de Raglan. Plus tard elle s’étendit sur le lot 2, concession XIX du même canton. Les appareils de l'atelier de préparation (qui se trouvait près de la ligne entre les lots 1 et 2 concession XVIII) avaient été surtout choisis en vue d'essais en grand, calqués sur les essais en petit du professeur de Kalb à l’École des Mines de Kingston. Cet atelier devait permettre de construire en toute sécurité une grande laverie, lorsque les problèmes soulevés par la concentration du corindon auraient été élucidés. Avant la fin de l’année (1900) la Compagnie avait ainsi produit environ 60 tonnes de corindon propre et classé, dont 3 tonnes seulement furent vendues.
En 1901 deux compagnies nouvelles s'organisèrent à Toronto, l’Imperial Corundum Company et la Crown Corundum and Mica Company. Elles firent toutes deux dans l’année de gros travaux de recherche, la première dans le lot 14 et une partie du lot 15, IX du canton de Methuen comté de Peterborough.
Par une ironie de sort, et malgré les conditions assez inusitées que le gouvernement de l'Ontario avait mises à l’affermage de ses terrains dans la bande à corindon, toute les activités minières et même tous les projets de développement, se concentrèrent sur les lots qui avaient été concédés avec les droits de mines, à des colons, plusieurs années auparavant. Au printemps de 1901, M. John Donnelly de Kingston, convaincu qu'il était possible de trouver des gisements de corindon en dehors des terrains choisis par la Canada Corundum Company, lors de la permission spéciale qui lui avait été donnée par le Gouvernement de l'Ontario, engagea les services de MM. N. B. Baker et A. Longwell à l'effet de reconnaître les gisements de corindon susceptibles de donner naïssance à une exploitation!. Ces Messieurs, après un travail d'environ six semaines, choisirent les gisemens de corindon situés sur les lots 27 et
1 Jour. Can. Min. Inst. Vol. VIII, 1904, pp. 410-421.
28, concession XIX du canton de Raglan; comté de Renfrew. Ces gisements étaient avantageusement placés sur les pentes d’une grosse colline, à peu de distance (2 milles }) des rapides Palmer, sur la rivière Madawaska, où une chute d'eau d'environ 17 pieds de haut pouvait donner au minimum 980 chevaux vapeurt. Une compagnie, qui prit le nom de “Corundum Refiners Limited”, s'organisa alors, sous la direction de M. P. Kirkegaard, (autrefois de la mine d'or Deloro), pour développer la propriété. Elle établit les plans d'un gros atelier de concentration aux rapides Palmer, mais, encore à l'heure actuelle, elle n’a rien fait d’intéressant, sauf quelques tranchées de reconnaissance et d’insignifiants travaux de surface.
Au mois de Juillet 1902, l'Ontario Corundum Company, dont les bureaux étaient à Ottawa et à Boston, entreprit d'actifs travaux de développement à l'endroit même où Ferrier avait fait sa première découverte, c'est à dire sur le lot 14, concession XIV du canton de Carlow, connu maintenant sous le nom de mine Burgess. Cette compagnie installa d’abord un concasseur Blake de 7 X 10 pouces, dans le but d'y faire passer le minerai tout venant, mais elle reconnut plus tard qu'il était préférable de trier à la main le minerai en gros morceaux, ce qui donnait immédiatement un produit à ‘5%, environ de corindon. Cette méthode resta en usage jusqu’à la fin de 1903; le minerai trié était expédié aux États Unis pour y être traité.
À la fin de 1902, la compagnie avait complètement installé un nouvel atelier de préparation (voir planche XXVIII) et pouvait produire et expédier des grains de corindon de première qualité. La méthode de traitement était calquée sur celle des ateliers de la Georgie et de la Caroline du Nord: la roche concassée était triturée sous meules, ce qui séparait le corindon des produits micacés ou décomposés qui l’accompagnaient. La poudre était alors lavée; les boues fines étaient jetées et les sables étaient séchés, classés et concentrés. Le grand atelier de la Canada Corundum Company fut mis en marche en Janvier 1903, environ un an après sa mise en construction. Il a une capacité journalière d'environ 200 tonnes de roche, avec une production correspondante de 10 à 12 tonnes de grains de corindon classés. Cette même année, M. John A. Baker, après avoir fait déboiser les pentes méridionales du mont Robillard, en entreprit un lever planimétrique et altimétrique ce qui permit à M. Alex. Longwell de reporter exactement sur le papier tous les affleurements de roche à corindon et toutes les variations de composition, et de richesse du minerai. L'atelier de l'Ontario Corundum Company disparut dans un incendie au printemps de 1904, mais avant la fin de cette même année on put construire un autre atelier plus grand, dans lequel toute la préparation mécanique se faisait par voie sèche. La propriété
me
1 Commission de conservation “Forces hydrauliques du Canada” 1911, p. 142.
Armstrong (lot 14, concession XIV de Carlow) fut exploitée en carrière, pour corindon, par l'Ontario Corundum Company, jusqu'au premier juin 1905.
L'Impérial Corundum Wheel Company, dont le siège social est à Buffalo, N. Y. fit quelques travaux de recherche sur le lot 13, concession I du canton de Monteagle. Le minerai extrait fut trié à la main, et la partie riche fut expédiée à Springfield pour concentration ultérieure.
L'Ashland Emery and Corundum Company succéda à l'Ontario Corundum Company et commença ses :ravaux le 1° janvier 1906. Elle rechercha, au cours de l’année, des gisement de corindon et en découvrit plusieurs au voisinage de leur atelier de la mine Burgess, notamment sur la colline John Armstrong, lot 10, concession XV de Carlow. Ces travaux de recherches, firent négliger les expéditions de minerai, d'autant plus que les transports étaient difficiles.
En 1906, la Canada Corundum Company, sous la direction de M. H. E. T. Haultain, fit des recherches considérables et exécuta même quelques travaux de surface sur certains lots dès concessions I et II du canton de Monteagle, au Sud est de la rivière York. La plus grande partie de la production pour 1906, qui se montait à 2,914 tonnes de grains de corindon valant $262,448, doit être attribuée à la Canada Corundum Company. En 1907 deux compagnies travaillèrent, la Canada Corundum et l'Ashland Emery and Corundum: la première sortit un fort tonnage et fit tous ses efforts pour vendre la grosse quantité de corindon qu’elle avait en magasin; la dernière se borna à faire de la prospect'rn et des essais de concentration. Il se fit quelques expéditions, mv'- les opérations minières proprement dites furent conduites sans : vigeur. Au début de 1908 la Canada Corundum C ompany e ÿ travaux à la suite d’une surproduction et d’un fléchissement de la .nande de corindon. Elle employa toute l’année à essayer de vendre ses réserves de minerai.
La Manufacturers Corundum Company acquit en 1909 les mines et les ateliers de la Canada Corundum Company et en 1910 ceux de l’Ashland Emery and Corundum Company. M. D. A. Brebner, en est le directeur avec résidence à Toronto, et M. E. B. Clark, le sous-directeur avec résidence à Craigmont. Cette compagnie a retiré du corindon non seulement des carrières de Craigmont, mais encore et en grande quantité des gisements immédiatement au nord du lac Grady, sur les lots 14 et 15 concession XVI: elle en extrait actuellement d1 lot 10 concession XV de Carlow (colline de John Armstrong). Jusqu'en 1913, la Manufacturers Corundum Company exploita activement ses gisements et produisit beaucoup, mais dans le mois de Février de cette année, leur production en a été sérieusement affectée, car l'atelier de la mine Burgess ne peut pas donner dans les conditions les plus favorables, plus de
ê Es
3 tonnes de corindon propre et classé par jour. De plus, le rendement doi: être inférieur à la normale, car il y a encombrement et les méthodes de préparation (voies sèches et humides combinées) sont imparfaites.
L'industrie du corindon au Canada, dont nous v:::1: ‘: ‘aire une brève histoire en relatant les travaux des compagnies mimère, a fait des progrès très réels en dépit de nombreux désavantages. La plupart des difficultés venaient de la nature même du produit à exploiter. Une des plus sérieuses, peut-être dont a souffert l'industrie du corindon à ses débuts, est venu de la préparation mécanique du minerai et de l'obtention d'un produit marchand; même la vente d'un produit pur et de première qualité n'est pas toujours facile. Presque dès son apparition sur le marché le corindon eut à lutter contre le carborundum:; plus tard ce fut l'alundum. Ces deux substances artificielles ont dans beaucoup d'industries concurrencé avec succès le produit naturel pourtant supérieur. Malgré cette sérieuse concurrence, les demandes de corindon sont sans cesse en augmentation; le corindon est en effet considéré, à juste titre, comme supéricur aux autres abrasifs dans certains genres de travaux. L'industrie du corindon débuta modestement en dépit de l'aide puissante autant que pratique que le Bureau des Mines de l'Ontario lui accorda. Non seulement ce Bureau dirigea et contrôla les recherches pour corindon et fit étudier les procédés de concentration du minerai, mais encore il montra toute sa confiance dans la nouvelle industrie en provoquant des arrangements financiers. Ce n'est que plus tard que l'industrie se développa, d'une façon aussi continue que rapide. Les premières découvertes et les premières descriptions firent penser que les gisements de corindon d’Hastings étaient uniques, tant au point de vue du mode de gisement qu’au point de vue des associations minérales. Plus tard on se rendit compte que les problèmes soulevés par la préparation mécanique étaient non seulement nouveaux à bien des égards, mais encore très complexes, si on voulait amener le corindon à un certain degré de pureté.
De même, les transports qui paraissaient faciles et peu chers à première vue furent en pratique coûteux et généralement insuffisants. La main d'oeuvre locale était restreinte et peu stable; la plupart des ouvriers recrutés étaient hostiles à un travail continu dont ils n'avaient pas l'habitude et avaient recours aux excuses domestiques les plus triviales pour interrompre leur travail. Pendant de nombreuses années, au début, il y eu de fréquents changements de direction; l'ingénieur des travaux de mines, étant le seul à rester jusqu’à l'heure actuelle. Et cependant beauconp, parmi les ingénieurs ou les directeurs, avaient une expérience trèz étendue des problèmes de la concentration des minerais. Les bureaux de vente ou de publicité rencontrèrent aussi au début des diffcultés particulières. En premieur lieu, les directeurs du service commercial eurent pour but principal de remplacer l'émeri comme abrasif,
t doi:
les de
e une it des t des e des à ses ntion mière ur le e fut d’inrieur.
sans titre, Vaux.
sante orda.
ndon re il t des e déscouts de le de pn se ique très reté.
rs à La riers
Ra scene SR