‹ Le corindon, gisement, distribution, exploitation et usages [microforme]Chapitre 21 sur 131 · LAURENTIEN · texte numérisé non relu

LAURENTIEN

On réunit sous le nom de laurentien un ensemble de roches ignées, graniteset gneiss granitoïdes (voir planche XIV) avec enclaves d'amphibolites qui se sont fait jour, sous fo. .ae de batholithes, au travers de terrains sédimentaires qu'ils ont disloqués et décomposés. Au même âge et à la même origine il faut rattacher certaines syénites néphéliniques et sodiques (voir planche VI) qui se rencontrent généralement comme phases périphériques de certains massifs laurentiens, habituellement au voisinage des calcaires cristallins de Grenville. Ces syénites seront étudiées à part et en détail, en raison du fait que c’est au milieu d'elles que se sont développés les gisements de corindon.

Les territoires à sous sol laurentien, qui forment près de 62 pour cent des feuilles He!iburton et Bancroft, soit 2,596 milles carrés sur un total de 4,200, sont assez monotones et présentent une grande uniformité tant au point de vue pétrographique qu'au point de vue tectonique. La roche dominante est un gneiss granitoïde ou un granite dont la couleur varie autour du gris ou du rouge; elle contient des enclaves d’amphibolite, roche sombre et basique.

Les batholithes ont une direction d’allongement à peu près N 30° E, parallèle à la direction des grands plissements. Ils sont tantôt isolés, tantôt répartis en files, mais dans ce dernier cas leur relief est si peu élevé qu'il suffit d’un faible travail d’érosion pour que le manteau qui sépare deux batholithes voisins disparaisse et pour que la file se cuavertisse en un seul long batholithe étroit.

Dans un même batholithe la foliation forme des courbes prononcées, généralement concentriques, le centre de ces courbes correspondant

au point où les plans de foliation sont horizontaux. 1l en résulte qu'en approchant de ce centre, il est très difficile de reconnaître le sens ou même l'existence de la foliation. En partant du centre, c'est-à-dire des localités à gneiss horizontaux, le pendage des gneiss (quand on peut le déterminer) se fait vers la périphérie. Les batholithes se sont donc formés, sans aucun doute, par l'ascension d’un magma venu de la profondeur, et les centres Correspondent au point de percée des axes de plus grande ascension. Par contre, les centres ne sont pas toujours les points d'ascension le plus rapide; il arrive, en effet quelquefois, que la foliation

"des gneiss plonge de tous côtés vers le centre, ce qui indique que c'est

vers le centre que l'ascension a été le plus difficile, génée qu'elle était par les couches susjacentes qui s'effondraient dans le magma granitique.

Si ce district est constitué par le soubassement d'une ancienne chaîne de montagnes, actuellement disparue par l'érosion, la direction de cette chaîne était environ N 30° E, ou, d'une façon générale, parallèle à la vallée du St-Laurent.

Les mouvements du granite dont nous avons parlé, ne se produisi. rent pas seulement quand la roche était encore à l'état de magma non cristallisé ou vitreux. Ils se continuèrent durant le refroidissement,

territoires colorés comme granite ou gneiss granitoïde, sauf cependant Pour quelques petit massifs de granite, probablement d'âge plus récent. Cette structure protoclastique est caractérisée par la présence de gros noyaux brisés et plus ou moins lenticulaires de feldspaths empatés dans une mosaïque rubannée de petits grains de feldspaths allotriomorphes, de filaments de quartz et d'écailles (peu nombreuses) de biotite. Cette disposition rubannée des cristaux, qui consittue la foliation de la roche, présente tous les degrés de développement par transitions insensibles, depuis les formes parfaitement massives, qu’on rencontre quelquefois, jusqu'aux gneiss finement feuilletés, en Passant par les variétés plus ou moins gneissiques. Il est impossible de séparer les diverses variétés de ces roches qui ne forment qu'un développement continu et progressif d'une même structure ou si l'on veut les diverses phases d'une même masse rocheuse,

Le gneiss granitoïde, qui est indiscutablement d'origine ignée, est d'une composition minéralogique très constante; il diffère nettement des gneiss sédimentaires ou Paragneiss, du district. Son grain est moyen ou assez fin. Il est formé Presque uniquement de quartz et de feldspath,

accessoire. Le gneiss des batholithes du sud contient de temps en temps un peu de hornblende. Bien que le feldspath soit toujours rougeâtre,

ue c'est tait par nitique.

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 une grande partie est en réalité un oligoclase acide, Cette roche peut se

classer vulgairer:=at sous le nom de granite albitique ou gneiss granitoïde; on peut lui conserver ces noms, malgré que les feldspaths sodiques dominent, parce qu'elle ressemble à un granite à tous points de vue.

D'après les analyses qui ont été faites, le quartz varie de 27-72 à 37-68 pour cent; le microcline et l'orthoclase de 18-35 à 25-68 pour cent; l'oligoclase de 34-34 à 47:72 pour cent; la biotite ou la hornblende ou les deux de 0-90 à 4-49 pour cent. Les gneiss gris ont parfois une teinte rougeâtre, mais généralement ils varient du gris clair au gris

foncé, suivant la proportion relative des éléments ferromagnésiens.

En règle générale, les gneiss gris se décomposent plus facilement que les rouges. Les gneiss gris diffèrent essentiellement des rouges par leur plus grande teneur en plagioclase et en éléments foncés et leur moindre teneur en quartz.

Les gneiss granitoïdes contiennent presque partout dans le district des enclaves foncées (voir planche IV). Ces enclaves, souvent très abondantes, sont des amphibolites ou des roches très voisines. En certains endroits, elles prennent un contour angleux et sont si abondantes, que le granite présente tout l'aspect d'une brêche. Ces enclaves, habituellement plus ou moins anguleuses, ont été parfois si fortement ramollies et étirées dans le sens du laminage des gneiss, que la roche prend un aspect rubanné. Dans d'autres endroits, les enclaves ont été complètement imprégnées par le magma granitique et sont méconnaissables. 11 est assez facile de suivre en certains endroits sur le terrain tous les termes de passage des enclaves à contours anguleux aux produits finaux de digestion par le magma, mais, en règle générale, les enclaves sont à bords nets et se détachent bien au milieu des gneiss encaissants. On observe aussi en plusieurs endroits, des bandes de gneiss gris, emprisonnés dans le gneiss granitoïde rouge des batholithes. On estime que dans le district étudié, les enclaves d'amphibolite représentent à peu près 10%, du vo!1me du gneiss granitoïde et les gneiss gris également 10%, du même volume.

L'origine de ces enclaves d'amphibolite et de ces masses de gneiss gris est une question, non seulement d’un grand intérêt, mais encore d’une importance considérable si l’on veut bien comprendre les phénomènes géologiques qui se sont produits dans la région. On sait qu'il existe très fréquemment des enclaves semblables de roches basiques, analogues à l’amphibolite, au milieu du granite et surtout au milieu du granite précambrien. Ces enclaves, qu'on rencontre dans toutes les parties du monde, ont donné lieu à de grands travaux de recherches et à de larges discussions. Beaucoup de géologues les considèrent comme des produits de différentiations basiques au sein d’un magma acide: d’autres pensent que ce sont des fragments de roches étrangères arrachées et emprisonnées

par le granitet, Dans la région qui nous occupe on peut faire tre hypothèses sur l'origine de ces enclaves:

(1) Ce sont des produits de différentiation (Ausscheidungen d savants allemands) du magma granitique.

(2) Ce sont des blocs détachés du toit ou du mur encaissant le bath lithe; ces blocs seraient tombés dans le magma granitique « aurai:n* participé à ses mouvements ultérieurs.

(3) Ce sont des fragments de masses intrusives, dykes, stocks, et

En étudiant avec soin tout le district il a été impossible de trouve

une preuve permettant de se ranger à la première explication. Au con traire il existe des Preuves certaines qu'un grand nombre d'enclave: du district sont de la deuxième catégorie, et cette explication n'es contredite nulle part par les faits. En certains endroits, surtout dans le grands territoires à gneiss granitoïdes du nord, les enclaves peuven parfaitement appartenir à la troisième catégorie. Leur forme sembl l'indiquer, mais les mouvements du granite ont été si grands et les en claves ont été tellement disloquées qu'il est impossible de décider : laquelle des deux explications il faut se ranger.

GABBROS ET DIORITES.

Ces roches diffèrent des amphibolites par leur structure massive et leur grain généralement grossier. Elles se présentent également sous

tiennent des différenciations très nettes et présentent, dans le même massif, un grand nombre de variétés pétrographiques.

Beaucoup de res massifs contiennent, en outre du pyroxène, d'un plagioclase basique et du minerai de fer, une grande quantité de hornblende, de sorte que ce sont de véritables massifs de gabbrodiorites, la hornblende ayant souvent tout à fait l'aspect de hornblende provenant de la décomposition d'augite par les agents métamorphiques.

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