‹ Le corindon, gisement, distribution, exploitation et usages [microforme]Chapitre 22 sur 131 · SÉRIE GRENVILLE · texte numérisé non relu

SÉRIE GRENVILLE

Cette formation a été séparée du laurentien dans lequel certains

1C. H. Smith, fils: “Rapport sur les roches cristallines du comté de St-Laurent.” Musée d'état de N.Y. 49e Rapp. annuel 1895, Vol. 11 (1898) p. 490. Les enclaves noires des gneiss granitoldes des Adiron-

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Notre district, comme tous les autres districts précambriens de la

région du St-Laurent, est caractérisé par la présence d'énormes quantités

de calcaires et de dolomies. À ce point de vue il forme contraste avec les autres districts précambriens, notamment ceux du nord-ouest du lac Supérieur et ceux qu'on vient de relever dans le nord de l'Ontario. En fait, on peut dire avec certitude que la série Grenville renferme le plus énorme développement de calcaires précambriens qu'on connaisse dans l'Amérique du Nord, et en même temps l'accumulation la plus considérable de sédiments précambriens de tout ce continent.

La série Grenville n'est pas seulement extraordinairement puissante, elle a aussi une superficie considérable, puisqu'elle affleure sur 83,000 milles carrés dans l'Est du Canada et dans l'État de New-York. On peut ajouter que la “Série Hastings’”, c'est-à-dire certaines roches du

5 district de Madoc, que Logan avait réunies sous ce nom, n’a aucune

existence indépendante; c'est simplement une partie moins métamorphisée de la série Grenville, telle qu'on peut la voir dans le sud du district de Bancroft.

Calcaire.

La prédominance des couches calcaires dans le précambrien de cette région est surtout remarquable dans le sud et elle est assez nette dans le nord es’. Au contraire, les territoires de l'angle nord est de la feuille Haliburton forment contraste par l'absence de calcaires véritables.

Dans leur forme la plus altérée, ces calcaires sont identiques à ceux que Logan et Hunt ont décrits sous le nom de calcaires laurentiens. Dans tout le district, mais surtout au voisinage des bandes de roches à corindon, ces calcaires ont été entièrement métamorphisés et rendus cristallins et impurs par le développement ultérieur de certains silicates. Jusqu'à présent on a reconnu quarante deux espèces minérales parmi les produits de formation secondaire dont l'origine doit être cherchée dans l'action des eaux magmatiques qui accompagnèrent l'invasion des batholithes granitiques laurentiens. Dans certains cas il se produisit des phénomènes autoclastiques intenses, et c'est à eux qu'on doit les très beaux marbres-brèches diversement colorés qu'on exploite maintenant activement en divers endroits du sud de Bancroft. Les variétés

pures de calcaires cristallons sont blanches, mais elles s’accompagnent généralement de, varié! £s rose saumon foncé, rose pâle, jaunes et vertes.

Tout indique que ces calcaires ou marbres proviennent de calcaires à grain fin d’un gris bleuâtre, semblables à ceux qu'on trouve dans des formations plus récentes, et que ce sont des actions métamorphiques qui leur ont donné leur caractère profondément cristallin.

Paragneiss.

Ces roches diffèrent nettement d'aspect des gneiss granitoïdes que nous venons de décrire comme formant des intrusions batholithiques. Elles ont un grain plus fin et n'ont aucune structure protoclastique ou cataclastique; les matériaux primitifs ont complètement recristallisé. Elles ont, par conséquent, une structure allotriomorphe et certains minéraux qu'on y rencontre ont tendance à s'allonger dans la direction des plans de lit primitifs. Le quartz, le feldspath et la biotite en sont les éléments essentiels; le mica y est plus abondant que dans les gneiss granitoïdes. En outre, on y trouve fréquemment du grenat, de la sillimanite, du graphite et de la pyrite, cette dernière, en s’oxydant, donnant une teinte rouge très prononcée aux surfaces décomposées. Ces gneiss forment des bancs bien définis, généralement intimement associés aux calcaires. Ils ressemblent, à beaucoup d'égards, aux hornstones (cornéennes) qu'on trouve dans les zones de contact granitiques, mais ils sont plutôt plus grossièrement cristallisés que la moyenne des roches de cette classe.

Amphibolites.

Nous groupons sous le nom d'amphibolites une série de roches intimement associées aux calcaires et gneiss sédimentaires d'une part et aux gabbros et diorites d'autre part. Bien que les diverses variétés d'amphibolites du district diffèrent beaucoup d'aspect entre elles, elles ont toutes une couleur foncée et une cemposition basique. Le quartz, qui est l'élément le plus constant des gneiss, y est ou absent ou présent en très petite quantité. C'est la hornblende et le feldspath, ce dernier surtout plagioclase, qui sont les éléments principaux de la roche. Le pyroxène et la biotite remplacent souvent en partie la hornblende.

On peut voir sur la carte de Bancroft que ces amphibolites couvrent de grands territoires. Elles se rencontrent aussi sous forme de couches si intimément interstratifiées dans certains calcaires que nous avons été obligés de figurer d'une façon spéciale ces terrains calcaires-amphibolites. Par endroits également les gneiss sédimentaires passent peu à peu, lorsqu'on les suit en direction, aux amphibolites. De même il existe fréquemment des enclaves d'amphibolites dans les granites batholithiques. Ces amphibolites ne sont pas particulières au district car on en rencontre beaucoup ailleurs dans le laurentien. Elles ont toujours été une pierre d'achoppement lorsqu'on a voulu se faire une idée claire de la géologie du système et leur origine reste encore dans le domaine des hypothèses. Les mêmes difficultés se sont rencontrées ailleurs pour des roches identiques ou voisines; c'est ainsi que les traps granulitiques des Granulitgebirge de Saxe ou les amphibolites du complexe cristallin de certaines

parties des Alpes ont une origine peu claire alors que les roches

associées ont une génèse bien connue.

an Deux variétés d'amphibolites, choisies parmi les plus fréquentes, ithiques. © furent sur la carte avec des désignations spéciales. La première, qui « tique = S 7 reçu le nom d'“amphibolite plume”, se présente toujours en bancs ss interstratifiés dans le calcaire. Elle tire son nom des formes curieuse. ere % ment ramifiées que prennent les gros squelettes de cristaux de hornblende lirection + ou de pyroxène; les plans de stratification, qui en sont chargés, en tirent dures les j un aspect bien particulier. La deuxième, qui se présente fréquemment dors — aussi en gros bancs dans les calcaires, est finement cristallisée et n'a sal pas de foliation bien nette. Quand elle est décomposée, ses surfaces nt … prennent un aspect uniformemént moucheté dû à un mélange intime de À pa ‘ petits grains de feldspaths et de hornblende. Elle a par suite reçu, és aux © au cours de nos travaux sur le terrain, l° nom d'‘“‘amphibolite poivre et | 2 sel”, mais dans la légende de la feuille de Bancroft elle figure sous le nom h : sen d'amphibolite granuleuse.

néon D'autres variétés diffèrent de cette amphibolite granuleuse par leur grain un peu plus grossier ou par leur composition moins uniforme: À la suite d'une étude très attentive il a été possible de démontrer définitivement que les amphibolites du district ont pris naissance de roches trois façons entièrement différentes, le produit final pouvant, malgré la part et % diversité d'origine, avoir le même aspect et la même composition. Cette variétés remarquable convergence des produits finaux, à partir d'origines très es, elles + diverses, explique les difficultés qu'on a éprouvées, jusqu'à l'heure préquartz, : sente, pour donner à ces roches une théorie génétique concluante et présent 4 satisfaisante.

dernier È (a) Certaines amphibolites sont d'anciens sédiments métamorphisés he. Le à et recristallisés. Telles sont par exemple les amphibolites plume que de. à nous venons de décrire et qui se présentent habituellement en minces lits Juvrent … au milieu des calcaires cristallins dont ils partagent évidemment l'origine. couches i Ces amphibolites représentent les lits siliceux ou dolomitiques de la ons été * sédimentation calcaire. Assez fréquemment les bancs de calcaires bolites. ‘{ cristallins s'amincissent et deviennent moins nombreux, de sorte que le à peu, : complexe rocheux passe peu à peu à l’amphibolite plume. Il n'a pas ste fré- encore été possible de dire si les amphibolites granu:cuses, que l'on trouve hiques. souvent sur de grands territoires, en alternance avec les bancs calcaires ncontre % n'ont pas parfois une origine analogue. ? Pierre ë (ë) Certaines amphibolites granuleuses sont des intrusions ignées éologie -4 altérées, car on les trouve sous forme de dykes recoupant les calcaires thèses. Ÿ cristallins blancs stratifiés sur les rives du lac Jack, dans le comté de S iden- Methuen. Les calcaires plongent là sous de faibles angles vers le sud et iulitge- forment de très beaux affleurements sur les falaises basses qui bordent le rtaines lac. On peut voir là, au-dessus de la surface des eaux, des dykes verti-

caux, de 1 à 2 pieds de puissance, entièrement formés d'amphibolit granuleuse type. Ces dykes sont obliques sur la stratification des calcaires. Souvent ils se sont engagés le long de certains plans de strati fication, mais alors ils ont été disloqués, le long de ces plans, par le:

qui ont été nettement disloquées: elle forme toute la masse des dykes. (c) Il existe enfin des amphibolites identiques aux amphibolites (b}»

quable et qui semble, à première vue, difficile à admettre. Des transformations de cette nature se sont cependant produites sur une grande

À côté de ces trois variétés d'amphibolites dont nous venons de dire l'origine, il existe des bandes d'aniphibolites, associées aux gros massifs de gabbros et de diorites, qui, par leur caractère et leur mode de gisement, représentent très probablement des cend- volcaniques basiques et des coulées de laves profondément altérées, - ; coulées de laves se reliant à des cheminées d'ascension représer s par les stocks de gabbros, Comme exemple de ces amphibolites - peut citer la bande qui va du nord est au sud ouest en traversant le canton de Wollaston, et celle qui va de l'angle sud est du canton de Cardiff au canton d'Anstruther. La dernière de ces deux bandes est formée d'une roche à caractère extrêmement variable d'un point à l’autre; par endroits elle est bien rubannée, en d’autres elle est filamenteuse et présente un aspect se rapprochant fortement de la structure fluidale. Les filaments, de couleur claire, semblent être des phénocristaux de feldspaths répartis d’une façon très dense dns la pâte. Par ailleurs, la roche prend un aspect de structure amygdaloïdale primitive. Par contre, la roche est si complètement re-

! Origine des amphibolites de la région laurentienne du Canada: Jour. of Geol. Vol. XVIII 1909. Mémoire n° 6 Comm. géol. Com. 1910 pages 98-115,

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