‹ Le corindon, gisement, distribution, exploitation et usages [microforme]Chapitre 29 sur 131 · REP PET · texte numérisé non relu

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hornlative-

Frontenac-Lanarck qui contient habituellement du corindon, est une anorthosite à bytownite formée presqu'entièrement de bytownite et de hornblende,

(e) Syénite rouge alcaline,

Cette roche se distingue immédiatement de l'anorthosite ou syénite alcaline blanche, comme on l'appelle souvent, par sa couleur rosée ou blanchâtre. Comme dans l'anorthosite, le feldspath dominant est un plagioclase, généralement albite, mais il y a toujours de l’anorthoclase et du microcline en quantité relativement plus grande que dans la syénite blanche. De temps en temps on y trouve un peu de néphéline qui en se transformant en gieseckite rose ou rougeâtre accentue la teinte rouge de ia roche. Il existe généralement de la magnétite en petits cristaux et en grains irréguliers qui sont caractéristiques. Les éléments ferromagnésiens sont représentés par de la biatite, ui d’ailleurs n'apparaît qu'en quantité très accessoire. De temps en temps le mica manque et certaines bandes sont ainsi entièrement constituées de feldspaths. Un trait caractéristique est l'absence ou la rareté de quartz. Il arrive parfois cependant que certaines roches très felkispathiques qui semblent à première vue n'avoir pas de quartz, en décèlent une certaine quantité au miscroscope et à l'analyse.

(f) Syénite pegmatitique.

Cette roche, qui est la forme pegmatitique de la syénite rouge alcaline normale, ne s'en distingue que par sa texture relativement grossière. Dans les localités où elle contient du corindon elle se présente comme presqu'entièrement formée de microperthite, l’albite l'emportant sur l'orthoclase dans ce feldspaths composé. Parfois elle renferme de très gros individus de biotite ou de hornblende, mais les gros blocs de matériaux basiques de cette nature ne sont pas du tout fréquents. De même il n'est pas rare de trouver de la muscovite, soit en gros, soit en petits cristaux. C'est cette roche qui forme la gangue des plus riches minerais de corindon. Certaines parties de dykes contemporains de syénite pegmatitique à corindon ont donné jusqu'a 75 pour cent de corindon. Les cristaux de corindon emprisonnés dans la roche sont assez gros mais leur contour est souvent très irrégulier. Quelques individus pesaient plus de 30 livres. De temps en temps on trouve dans le même échantillon du quartz et du corindon, mais de pareilles anormalies sont rares. Lorsque la roche se chaïge de quartz eiie passe au granite pegmatitique et on connait certains dykes qui sont composés exclusivement de feldspath et de quartz en égale proportion. Ces

dykes recoupent les syénites pegmatitiques dépourvues de quartz; ils représentent les derniers produits de différenciation de tout le complexe igné.

Remarques générales.

Toutes les variétés de roches que nous venons de décrire passent de l’une à l’autre par transitions insensibles. Le magma commun se trouve en certains endroits sursaturé d’alumine qui cristallisa pour son propre compte sous forme de corindon. Dans les variétés de syénite à néphéline qui sont anormalement riches en néphéline, comme par exemple la craigmontite, le corindon n'a pu se développer que lorsque les éléments ferromagnésiens étaient en quantité insignifiante.

Ces diverses roches, bien que souvent très massives, possèdent une véritable texture granulaire hypidiomorphe. Elles présentent générale. ment une structure foliacée plus ou moins parfaite qui par endroits, passe à la structure schisteuse, la direction de la schistosité étant parallèle à celle de la roche adjacente du pays (Voir planche VI). Cette foliation a tous les caractères d'une structure primitive. Leur grair varie du grain moyen au grain grossier; les phases pegmatitiques contiennent parfois des individus de plagioclase ou de néphéline atteignant une verge de diamètre.

Les roches sont généralement remarquablement fraiches et ne présentent que très rarement des traces de pression, même dans les variétés les plus foliacées ou les plus schisteuses. De temps en temps cependant quelques feldspaths ont des ombres roulantes ou des macles légérement courbées ou disloquées. Quelques coupes minces de roches prélevées dans la partie étroite de la bande qui traverse la route Monck, canton de Faraday présentent très nettement une structure granuleuse et cataclastique.

Les relations mutuelles des minéraux constitutifs, surtout des feldspathoïdes, ne correspondent pas à l'ordre habituel et normal de cristallisation dans les magmas en voie de solidification. En général cependant, on peut dire qu'après la cristallisation de minéraux comme l'apatite, le zircon, le sphène, le corindon et la magnétite qui ont généralement d'assez bons contours cristallographiques, ce sont la hornblende et la biotite qui se sont formées. Ces deux derniers minéraux, surtout la hornblende, présentent en effet, de nombreuses faces cristallographiques nettes et distinctes. Les plagioclases viennent ensuite et les espaces encore libres se chargent soit de feldspaths potassiques s’il y en a, soit de néphéline. Au point de vue bien limité de la texture, la néphéline semble jouer généralement dans ces roches le même rôle que le quartz dans les granites ordinaires. Le grenat qui est un élément accessoire

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D'un autre coté on a observé de nombreuses et graves exceptions à cet ordre général de cristalisation; c'est ainsi qu'on trouve des inclusions d'individus arrondis de néphéline et de microcline dans le plagioclase et d'individus de plagioclase et de néphéline dans la hornblende. De meme l’albite forme souvent des associations poeciliques avec la hornblende, les fragments d’albite ainsi enchassés ayant une communication directe et une continuité optique plus ou moins distincte avec certaines enveloppes ou franges qui entourent parfois la hornblende et qui isolent la hornblende des autres éléments de la roche. De plus on a observé des traces non douteuses de corrosion magmatique profonde, due apparemment a des changements progressifs dans la constitution physique et la composition du magma. Les enveloppes de muscovite qui entourent souvent complètement les individus de corindon s'expliquent nettement et clairement par l'augmentation de l’acidité et de l'hydratation du magma dans ses derniers stades.

Les syénites à néphéline et les syénites afcalines associées se rencontrent presque invariablement en bordure des batholithes granitiques, et aux endroits ou ils percent les calcaires cristallins. Quand on peut bien observer le contact ?ctuel des deux roches, on s'aperçoit que de gros individus de néphéline, de biotite et d’autres éléments de la syénite se sont développés en bordure du massif de syénite à néphéline; de même des morceaux de calcaire de toute dimension, apparaissent de place en place dans la néphéline, au voisinage du contact (voir planche IX). Ces morceaux de calcaire ont évidemment subi des phénomènes d'absorption par le magma car on peut voir que les divers éléments constitutifs de la syénite se sont développés dans le calcaire (voir planche VII). Les fragments calcaires ainsi emprisonnés ont donc du se rapetisser de plus en plus, de sorte qu'ils ne survivent souvent plus qu'à l’état de grains isolés et grossièrement arrondis de calcite. Cette calcite est fréquemment enchassée dans les individus isolés et parfaitement frais de néphéline, de hornblende ou d'autres minéraux de la syénite à néphéline. D'autres fois elle est serrée entre les cristaux de la syénite et imprime sa marque dans les faces de ces cristaux.

On peut suivre très distinctement tous les termes du passage du calcaire compact aux grains isolés de calcite dans les minéraux constitutifs de la syénite à néphéline, et toujours la syénité elle même reste fraîche et libre de tout produit de décomposition. Ce phénomène s’observe particulièrement bien dans les tranchées du chemin de fer, à la sortie du village de Bancroft. Parfois on trouve une preuve nouvelle de la transformation du calcaire adjacent en grains de calcite par le fait que

les grains de calcite emprisonnés dans la syénite à néphéline prése: des torsions et des ombres roulantes tout à fait analogues à celles « observe dans les éléments constitutifs du calcaire envahi, alors qu minéraux de la syénite à néphéline qui les emprisonnent ne manisfe aucune trace de pression. La calcite des syénites est donc indubit ment étrangère au magma et représente des enclaves des cale encaissants. Dans le seul gros massif de syénite à néphéline qui pas encaissé dans les calcaires c'est a dire dans le massif du cantc Methuen, il est très rare de trouver de la calcite, et lorsqu'on en tre c'est toujours en très petite quantité et le mode de gisement y est en: ment différent de celui que nous avons décrit; tout indique que la c: y est secondaire et provient d’une infiltration ultérieure.

On a signalé la présence de calcite dans des syénitez à néph étrangères à notre district. Ce sont, comme les syénites qui nous occu, de roches associées à de très anciens terrains métamorphiques, m: plupart des savants qui les ont 6 1diées considérent que la calcit de formation primitive. Telles sont les syénites à néphéline de la de Sivamalai aux Indes! et celle de l'ile d’Alno? en Suède. Une as ation analogue à été signalée dans les gisements de Kussa, dans les m Oural et dans les roches à néphéline de Kaiserstuhl dans le G Duché de Bade.t

En ce qui concerne la calcite des gisements de l’Inde, Ho écrit: “La calcite se présente en grains cristallins qui ont autan droits à être considérés comme primaires que les autres minéraux stitutifs; les cristaux sont isolés et n'offrent aucun signe de transform: secondaire la faiblesse de la teneur en silice de ce groupe de roches er la principale difficulté théorique qu'il y aurait à admettre la cristallis: de la calcite comme élément constitutif normal d’une roche ign partir d’un magma fondu.” La roche d’Alno contient à la fois de blocs de calcaire cristallin, des granules isolés de calcite et des associa micropegmatitiques de calcite avec néphéline, égirine ou felds] Hëgbom pense que le calcaire a fondu au sein du magma sans se dé poser et a cristallisé pendant la solidification du magma, exactemer la même façon que les autres minéraux. Dans aucun de ces gisemen syénite ne se trouve au voisinage immédiat des calcaires, mais il se [ notamment dans le dernier cas, que des sédiments susjacents, actuelle

* Holland, T. H. La série Sivamalai de syénites à éloelite et à corindon dans le district de Coimi présidence de Madras. Mem. Geol. Surv. de l'Inde. Vol. XXX 3e partie, 1901, p. 197.

* Hëgbom À. G. Ueber das Nephelin-syénit-gebiet auf der Insel Alnô Goel. Foren i Stockholrr Tome 17. Livre 2, 1895 p. 118. Également extrait du Min. Mag. Vol. XI, (1897) p. 250 et Rosen Mi K: Phys. (1896) p. 169 et 171.

*Arzrumi A. Die Mineralgruben bei Kussa und Mass, (dans le livret-guide de l'excursion des Oural du Congrès Geolog. international. Réunion de Petrograd, 1900).

* Groeff. Zur géologie der Kaiserstuhigebirge. Communication de l'Institut geolog. badols. 11,

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C'est cette explication que Graeff admet également pour les enclaves calcaires des gisements du Kaiserstuhl. En ce qui concerne les calcaires cristallins qui accompagnent la syénite à néphéline de Kussa, Arzruni dit que “leur provenance reste obscure.”

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