‹ Le corindon, gisement, distribution, exploitation et usages [microforme]Chapitre 30 sur 131 · DESCRIPTION DÉTAILLÉE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DÉTAILLÉE

(a) SYÉNITE À NÉPHÉLINE.

Le nom de syénite qu'on donne généralement à ces vieux terrains cristallins de l'Ontario central prête beaucoup à la critique, car l'orthoclase est rarement, sinon jamais le feldspath dominant. Au contraire les plagioclases allant de l’albite à la bytownite sont toujours abondamment représentés, souvent à l'exclusion des feldspaths potassiques. Il en est toujours ainsi dans les diverses variétés réunies sous le nom de syénite à néphéline, et également a un degré moindre dans les phases de différenciation immédiate que sont les syénites alcalines grises ou anorthosites à albite. Enfin dans les types habituels de syénite rouge, l'orthose, le microcline et la microperthite réunis n'arrivent souvent pas à atteindre en quantité les feldspaths sodiques.

En règle générale les minéraux ferromagnésiens sont en quantité secondaire, et de vastes affleurements sont constitués en grande partie par du feldspath et de la néphéline. Très fréquemment au contraire certains feuillets ou bandes, ou certains gros massifs sont assez chargés d'éléments foncés. La biotite est le bisilicate ordinaire et souvent exclusif; elle est remplacée souvent ou accompagnée quelquefois par de la hornblende commune ou parfois par la variété de hornblende connue sous le nom de hastingsite. Le pyroxène, quelquefois acmite est rare mais de temps en temps il remplace à la fois la biotite et la hornblende. Les minéraux accessoires principaux sont la scapolite, la calcite, la muscovite, le grenat, la pyrite, la cancrinite et le corindon. (Voir planche XIV et XV). On trouvera dans le chapitre traitant de la minéralogie, une description détaillée de ces minéraux.

La syénite à néphéline est rarement massive et de structure granitique; elle possède généralement une structure très foliacée, (Voir planche VI) et même quelquefois schisteuse. Comme texture elle est d’un grain moyen ou gros, les phases à gros cristaux ou phases pegmatitiques contenant parfois des individus de néphéline presque pure de plus d'une verge de diamètre, en même temps que des plagioclases d'une taille analogue.

La néphéline est plus sujette à se décomposer à l'air que le plagio-

clase; on la trouve par conséquent à la surface dans de petites cavités avec un aspect blanc grisâtre et un contour arrondi. Le i au contraire apparait en relief, avec des contours anguleux et une couleur blanc de craie. (Voir planches XVIII et IX). La néphéline est en quantité variable, tantôt elle n'apparait qu’en individus de loin en loin, tantôt dans les cas extrême elle remplace complètement les feldspaths. Très fréquemment à la suite d'un commencement de décomposition, elle prend une teinte rosée qui, par une décomposition plus avancée, Passe au rouge foncé. Le tableau ci-dessous donne les analyses de syénites à néphéline provenant du district Haliburton-Bancroft, (Mémoire n° 6, Commission géol. Can. 1910.)

RE ee 51-58 44:00 43-67 42:72 Ep sss es cree soc 0-35 0-75 0-78 0-38 DR ed 19-40 23-31 20-91 25-08 10 PAPAS IR 4-26 2-37 3-54 2-00 LIT RE RE 5-25 7-43 8-01 4.36 ). PTS PRES ARE Es 0-20 0-22 0-05 0:16 CR RE pers 3-64 4-86 7:37 6-92 RO ns a cena 4e 0-49 0-25 1:46 0-97 Bees éeraernee 519.5 er re 4-23 3-09 2:25 2-69 PT SE ROUE 7-49 10.65 6-73 11-02 RM nee nte runs os 0:15 0-33 0-11 0-19 LA RO OR Nr da 1:53 0-98 2:37 2:99 2 10 LCA A ne à . 1:45 2-52 0-88 100-06 99.7 100.36

Led

TAvec traces de BaO, 01-01 de S0Os: 0-38 de Cl et 0-28 de FeS.

A. Syénites à néphéline, lot 13-14, concession IX canton de Methuen, Ontario. Analyse par N. N. Evans, décrite par F. D. Adams. Contient pour cent; Orthoclase 16-12, albite 54-70 néphéline 18-18, muscovite 7,75: biotite 1,27, magnétite 0,93 (Miaskose).

B. Syénite à néphéline, lot, 16, concession IX, canton de Monmouth, Ontario. Analyse par N. F. Connor, décrite par F. D. Adams, contient pour cent: orthocl:se 4,45, albite 52,08, néphéline 8,05, biotite 29,61, minerai de fer 0,73, apatite 0,34, calcite 3,45. (Essexose).

C. Syénite à néphéline, lot 32, concession III, canton de Glamorgan, Ontario. Analyse par M. F. Connor, décrite par F. D. Adams. Contient; hornblende (hastingsite), un peu d'albite et de calcite (Lujavrose).

D. Syénite à néphéline, lot 12, concession VIII canton de Monmouth, Ontario. Analyse par N. N. Evans; décrite par F. D. Adams:

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DHornoooenèoË SÉSSSSSRSSSLES

1organ, \dams.

calcite

nouth, dams;

contient pour cent: orthoclase 2,78: albite 23,94; néphéline et kaolin 26,23; hornblende 39,75; apatite 0,34; calcite 5,50 (Esexose).

E. Syénite à néphéline, lot 11, concession VIII, canton de Monmouth, Ontario. Analyse par N. N. Evans; décrite par F. D. Adams; contient pour cent: albite 19,39; néphéline 50,57; pyroxène, 18,35; grenat 1,45; minerai de fer, 1,86; apatite 0,34; calcite 6,80, (Vulturose).

(ë) MONMOUTHITE, CRAIGMONTITE ET CONGRESSITE.

Les syénites à néphéline présentent de grandes varations dans les proportions relatives de leurs minéraux constitutifs, le terme extrême obtenu par la diminution croissante des feldspaths étant constitué par des roches presques uniquement composées de néphéline. On a décrit plusieurs variétés de ces roches ultranéphéliniques sous le nom de monmouthite, craigmontite et congressite. Ce sont des roches alliées à l'urtite mais relativement peu riches en minéraux ferromagnésiens. Le tableau ci-dessous donne les analyses.

ne eme mr en der LU 48-38 41-58 52 RÉ N ER DFE RE RE SUR DRE Traces 0-22 dr A M LR . 30-54 30-36 RO en NUE OU . 0:40 2-46 AIS OR NE PRE RE 2-19 0-06 1-64 RTE D A SL NRA AS 0-03 Traces 0-03 CR Re de me RD AR 5-75 1:87 0-88 neo Re NS ESS Se ur DRE 0-60 0-19 0-37 PR 3-88 3:70 5-15 A EN nn 13-25 3-94 14-30 A Re ses de UE (A) 0-07 Re Re RE 2-17 0-80 AE Le EU DONS OR AE 1-00 1-01

(A) SO; traces, CIO -02, SO :07 (x) Nouveau type.

A. Roche à néphéline (Monmouthite), lot 10, concession VIII, canton de Monmouth, Ontario. Analyse par M: F. Connor décrite par F. D. Adams, contient pour cent: albite 1,83; néphéline 72,20: sodalite 0,28; cancrinite 5,14; hornblende (hastingsite) 15,09: hématite 0,50; calcite 3,12: pyrite 0,14; excès d'alumine (corindon?) 1,20. (Monmouthose).

B. Roche à néphéline (urtite) péninsule de Kola, Finlande. Analyse par

ET issspmes 1e care tite de (tin

ibid ta star aEst es :

sil tin DES

N. Sahibom, décrite par W. Ramsay!, contient pour cent: néphéline

85,7; pyroxène en grande partie ægirine 12,0; apatite 2,0 (Urtose). C. Roche à néphéline (craigmontite) “The Klondyke” Craigmont,

Ontario. Analyse par M. F. Connor. Décrite par E. Barlon. Con-

tient pour cent: oligoclase 29,66; néphéline 63,18; muscovite 4,39;

calcite 1,42; corindon 0,50; biotite 0,50; magnétite 0,10;

(Craigmontose).

D. Roche à néphéline (congressite) “The Klondyke”’ Craigmont, Ontario. Analyse par M. F. Connor,décrite par F. D. Adams; contient pour cent: néphéline environ 75; plagioclase environ 5; sodalite 3,22; muscovite 6,55; biotite 3,36; apatite 0,34; magnétite titanifère

" 4,17; pyrite 0,36; calcite 1,80.

Les affleurements caractéristique de monmouthique se trouvent sur le lot 10, concession VIII de Monmouth, mais il existe de grands affleurements de types très voisins en d’autres endroits du district et notamment aux environs de la rivière York (Voir planche VIII). La monmouthite est généralement d'un grain grossier et présente une foliation assez fruste mais distincte. Au gisement type elle forme des bandes de 6 pieds, ou même davantage d'épaisseur. Sur les faces soumises aux agents atmosphériques il y a contraste marqué entre la néphéline à contours arrondis, enfoncée dans la roche et toujours accompagnée d'albite, d'une part et la hornblende noire d'autre part qui se dresse en relief sur la roche. La monmouthite est faite presque entièrement de néphéline et d'une hornblende variété voisine de la hastingsite. L'albite, la cancrinite et la calcite sont les principaux éléments accessoires; la sodalite, l’apatite, le sphène, la biotite, la pyrite et la magnétite s'observent souvent, mais en très petites quantités.

La congressite est un produit de différenciation trouvé à Craigmont, dans lequel la néphéline est particulièrement abondante. Elle est très voisine de la craigmontite mais elle contient plus de néphéline, biotite et magnétite et beaucoup moins de plagioclase: à cause de sa grande richesse en biotite et en magnétite elle est plus foncée que la craigmontite.

Elle a une couleur rose saumon pale due à une abondante néphéline qui a subi un commencement de décomposition. La biotite et la magnétite et même le plagioclase blanc ont cristallisé en files parallèles, de sorte que la roche, parsemée de bandes et de filaments, prend un aspect légèrement foliacé.

La craigmontite est une autre syénite riche en néphéline qu'on trouve au même endroit. Elle est souvent interfoliacée avec la congressite, la raglanite (anorthosite à néphéline) et la plumasite (anorthosite à oligoclase). Elle diffère de la congressite surtout par son absence presque

1 Geol. Füren, Fürhandl, vol. XVIII, 1896, p. 463

néphéline Urtose).

raigmont, mm. Convite 4,39:

te 0,10;

ont, Oncontient alite 3,22; titanifère

raigmont, » est très e, biotite

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Township de Monmouth, Lot 11, Concession VIII

imouthite

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(Voir pages 52, 58, 60, 74.)

totale de biotite et par sa richesse relativement plus grande en oligoclase. La craigmontite est d'une très belle couleur rose pale due à l'abondance de néphéline légèrement décomposée ; elle est parsemée de filaments et de petits paquets d'oligoclase. Au microscope elle est presque entièrement formée de néphéline et d'oligoclase avec très peu de muscovite, encore moins de calcite et moins encore de biotite, de corindon et magnétite. Cette variété a été choisie comme type de roche riche en néphéline et probablement saturée d'alumine. La craigmontite, la congressite, la raglanite et la plumasite sont d'intimes compagnons; on les trouve généralement interfoliacées l'une dans l'autre dans le même massif, comme par exemple dans les carrières à corindon ‘’Klondyke" près de l'extrémité occidentale du mont Robillard à Craigmont. La plumasite et la raglanite sont essentiellement les roches à corindon, le minerai normal de ces carrières. Le corindon apparaît de temps en temps dans la craigmontite, mais il est rare et même quelquefois absent dans la congressite. Les bandes de craigmontites riches en oligoclase sont celles qui contiennent le plus de cristaux de corindon (voir planche XIII). Les cristaux sont souvent enchassés dans la néphéline et sont recouverts d'une carapace d'oligoclase ou de muscovite. La néphéline des congressite et craigmontite contient également des filaments ou des paquets de grains de sodalite d'un magnifique bleu pâle.

(c) SYÉNITE PEGMATIQUE À NÉPHÉLINE.

Cette variété extraordinairement grossière des roches néphéliniques des groupes précédents apparaît sous forme de dykes tantot interfoliacés. (voir planche X) tantot obliques sur la foliation. Le type le plus grossièrement cristallisé est peut-être celui que les coups de mine ont mis au jours sur le lot 30, concession IV du canton de Glamorgan. La roche est essentiellement formée de néphéline et d'albite avec quelques individus disséminés ou quelques paquets de calcite (voir planche IX). 2 La biotite existe en très petites quantités et souvent de grandes affleurements en sont dépourvus. De loin en loin on trouve une hornblende noire et de la pyrrhotine. Certains individus de néphéline ont plus MAd'une verge de diamètre. La néphéline contient de petits morceaux M irréguliers de sodalite bleue.

(d) ANORTHOSITE.

Dans la plupart des rapports et des descriptions qui ont été antérieurement publiés. Les variétés acides des roches qui nous occupent ont été généralement désignées sous le nom de syénites alcalines grises ou blanches.

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Ce sont des roches essentiellement formées de plagioclase. Elles touchent d'un côté aux syénites alcalines rougeâtres, et on peut le regarder comme un terme de transition entre ces deux extrémités. En fait elles se rapprochent plus étroitement des syénites ordinaires. Les minéraux constitutifs sont, pour la plupart, identiques à ceux de la syénite à néphéline. La sodalité et la cancrinite manquent. Le plagioclase varie d’un gisement à l’autre. De même que pour la syénite à néphéline, les divers gisements diffèrent par la présence d'une variété particulière de plagioclase à l'exclusion presque complète des autres. Le plagioclase constitue souvent de 75 à 95 pour cent de toute la roche, les autres éléments étant de la biotite, hornblende, muscovite, calcite, magnétite, et de temps en temps corindon scapolite et néphéline. Quelques phases extrêmes de cette roche ne comprennent presqu'entièrement que du plagioclase avec peu on point d'éléments ferro-magnésiens. Quand ces variétés de roches contiennent un excès d'alumine qui a cristallisé sous forme de corindon, elle se rapprochent très étroitement de la plumasite décrite par Lawson! et lui sont même identiques. Toutes les anorthosites à albite qu'on a examinées dans la région contiennent une quantité appréciable de feldspath potassique et de néphéline, elles doivent donc rentrer dans la famille des syénites à néphéline. Les analyses qui suivent ont été faites sur des anorthosites qu'on a choisies comme caractéristique des divers types. Dans un but de comparaison nous avons fait figurer des analyses de ‘‘plumasite”’ et de “‘kyschtymite.”

À. Anorthosite à néphéline et oligoclase (raglanite) “The Klondyke” Craigmont, Ontario. Analyse de M. F. Connor. Description

1 Buli. Geoi. Dept. of the University of California, Voi. III, ne 8, pp. 219-229.

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