FELDSPATH
Le feldspath dominant de toutes les roches est un plagioclase allant de l’albite à l’andésine en passant par la bytownite. L'albite légèrement calcique semble être la variété le plus fréquente (voir planche XI). La densité de l’albite près de la rivière d'York est de 2:6207 et de 2-625; dans la séparation des éléments d'une roche venant du lot 25 concession XIV de Dungannon, l’albite pesait pas plus de 2:623. La densité de l'oligoclase frais provenant d’une syénite était d'environ 2:64, mais l'oligoclase légérement décomposé était beaucoup plus léger. L'andésine qui constitue le feldspath de la syénite à néphéline du lot 12, concession XIV, de Dungannon, broyé et traité par les liqueurs lourdes donna comme densité 2-668.
Le développement des feldspaths s'accompagne d’un phénomène remarquable: souvent une mince carapace de plagioclase (albite) entoure
! Can. Rec. Sc. Vol. VII, n° 4, 1896-7.
plus ou moins les individus ou même les paquets d'individus de horn blende et les sépare de la néphéline environnante plus abonds te. Or a remarqué également des franges de plagioclase autour de la calcite et entre la calcite et la néphéline. Ces carapaces de plagioclase son: d'une épaisseur assez variable, mais elles gardent, sur de longues distance: une continuité optique très nette. À ce poiut de vue il y a analogi étroite avec les matériaux feldspathique qui remplissent les lacunes due: au développement cristallographique incomplet des individus de horn: blende ou encore avec les inclusions de feldspath au milieu de la horne. blende. À plusieurs égards ce phénomène peut se rapprocher de cer. taines bordures de réaction, et c'est ainsi que l'explique Holland! Ce Phénomène curieux se voit très bien dans certaines variétés de syénites à horneblende qui affleurent à la digue de Bancroft et à la chute Egan. Sur la rive York les gros cristaux de corindon qu'on trouve dans la syénite de Craigmont, variété riche en néphéline, sont également très souvent entourés d'une zone de plagioclase qui les isole de la néphéline.
Le microcline est plutôt moins fréquent dans la syénite à néphéline: en général son quadrillage est tordu et assez peu disiinct. Une grande partie de la microperthite est maclée en fines lamelles brisées. caracteristiques de l'arorthose avec laquelle elle est probablement ientique. De même la plupart des feldspaths considérés comme de l'orthoclase montrent une très légère interpénétration d'autres feldspaths dans lesquels cependant le feldspath potassique domine.
Le tableau qui suit donne les analyses des divers feldspaths.
SO... 63:00 | 63:43 | 63:26 AlOs... 18:93 | 20:78 | 21:87 Fes:Os.. 0-59 0-29 0-22 1070 M ÉRE PR Se AA a (7 5 SE 0-08 1-00 0-21 MgO.....| 0-09 (LE 1 CP PR à LR ae Re PR DE CAE ne res 12-08 8-00 3-09 NasO 3-67 5:20 | 10.25 DE 1:00 1:00 78
Total....| 99.44 | 99.79 | 99.68 | 99.51 | 99.50 |100-00 |101:38 1100-00 Dr NE Octo or 2:594 | 2:633 | 2-668 | 2-680 | 2-731 | 2-735
A. Minéral blanc et rougeâtre. L'analyse faite par le D’ Harrington montre que c'est de l’orthose. Il remplit de petites fissures dans la
1 Mem. Geol. Surv. Ind. Vol. XXX part 3, 1901, pp. 190-91.
néphéline; ne grande . Caractéientique, orthoclase dans les-
ths.
arrington »s dans la
sodalite du lot 25 concession XVI de Dungannon. Il est généralement trouble, mais par endroits on trouve des faces de clivage à lustre perlé. Les parties rougeâtres proviennent sans doute de la décomposition de pyrites, dont certains grains sont encore intacts.
B. Microperthite triée dans une pegmatite à corindon. Craigmont, Ontario, Analyse de M. F. Connor.
C. Microperthite d'une syénite à corindon de Sivamalai, Inde. Description et analyse de T. H. Holland. (Mem. Geol. Surv. Ind. Vol. XXX, 3ième partie 1901; page 202).
La microperthite est formée d'une association très intime d'orthose et albite, avec une petite quantité de muscovite secondaire et de kaolin.
L'étude de ces analyses montre immédiatement la remarquable similitude de composition chimique de ces microperthites qui viennent de localités très éloignées, tant au Canada qu'au Indes. Si on compte en molécules de soude et de potasse le rapport de la soude et de la potasse est de 5 à 1 dans les feldspaths indiens tandis qu'elle est à peu près de 1 à 1 dans les feldspaths canadiens.
D. Oligoclase triée dans une plumasite, près de Spanish Peak comté de Plumas, Californie. Analyse de J. Newfield. Description de A. C. Lawson (Bull du dept. de gé”1. de l'Univ. de Calif. vol. III n° 8, p. 226, avril 1903). Calculé, l'eau étant enlevée. La formule moléculaire serait celle de l'oligoclase AbsAns avec 2:7 pour cent de silice en plus.
E. Andésine triée par la liqueur de Thoulet dans une dungannonite du lot 12, concession XIV du canton de Dungannon, :'ntario. Analyse de M. F. Connor. Description de A. E. Barluw. La substance était légèrement impure, par suite surtout de la présence d'un peu de biotite, d'où la surcharge de fer, potasse ct magnésie qu'indique l'analyse. En négligeant cette impureté, l'analyse donne assez bien la composition d'une andésine de formule Ab:Anz avec 0:96 pour cent de silice, 1:68 pour cent de chaux en moins. La densité du mélange théorique est de 2-68, tandis que celle de l'andt ne triée est de 2:668. Cette légère diminution de densité provient sans doute de la faiblesse inusitée en chaux. Pour permettre de comparer nous donnons dans la colonne F la composition théorique d'une andésine correspondant au mélange, généralement admis pour cette espèce de plagioclase, de 3 d’albite pour 2 d'anorthite.
F. Composition théorique d'après Zirkel, d'une andésine Ab:An:. G. Bytownite d'une anorthosite à corindon. South Sherbrooke.
Ontario. Analyse de William Lawson. Description par W. C, Miller.
H. Composition théorique de la bytownite (Ab,Ans) (Zirkel, Lehrb. d. Petrographie, p. 221).
On remarquera l'accord très étroit qui existe entre la composition théorique de la bytownite (Ab:An:) au point de vue silice, chaux et alcalis et celle du plagioclase basique de South Sherbrooke. La proportion d'alumine dans ce dernier est cependant d’un pour cent plus élevée que la proportion théorique; cela peut provenir des minuscules cristaux de corindon inclus dans le feldspath, bien que le D' Miller n'ait pas pu les identifier d’une façon certaine.
SCAPOLITE.
La scapolite est un élément fréquent et souvent abondant des syé. nites alcalines et néphéliniques. À Craigmont surtout elle forme de grosses masses rocheuses remplaçant dans certaines bandes de syénites gneissoïdes une grande partie du feldspath. Elle se présente en grains incolores, souvent polygonaux, qui viennent buter contre les grains du feldspath et de néphéline suivant des faces parfaitement nettes ce qui indiquerait que le minéral ne provient sans doute pas de phénomènes d'altération ou de décomposition par les agents atmosphériques. La scapolite apparaît aussi parfois sous forme de gros individus à contours irréguliers, qui envahissent le feldspath et qui s’accompagnent quelquefois de calcite et d'épidote. Elle est uniaxe et possède une forte biréfrégence; son clivage caractéristique s'éteint à zéro. Sa biréfrégence est beaucoup plus forte que celle de la néphéline et des feldspaths et ses couleurs de polarisation se tiennent dans le rouge, le bleu et le jaune. À ce point de vue elle ressemble à la cancrinite dont on peut la distinguer habituellement par son aspect géneral: la cancrinite remplit le plus souvent des fissures dans les cristaux lors de leur formation. À Craigmont il existe de grosses masses et souvent même des puissants bancs interfoliacés d'une roche granuleuse d'un vert pâle, presque exclusivement de scapolite. La scapolite a une densité de 2-87, qui correspond au terme moyen de la famille des scapolites. À la scapolite s'associent des feuillets de magnétite titanifère. Une scapolite qui se trouve en grande quantité sur le lot 11 concession XII de Monmouth dans une roche faite de néphéline, albite, hornblende de brune et d’un peu de biotite présente de bons clivages prismatiques et est généralement très fraîche. Elle a une densité de 2:711 ce qui rapproche de la méionite, terme extrême de la famille des scapolite.
BIOTITE.
C'est l'élément ferromagnésien dominant de ces roches mais elle
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n'existe généralement qu'en quantité accessoire. Elle se présente comme d'habitude en petites écailles ou plaques, à contours cristallographiques généralement bons. À l'oeil nu elle est presque noire mais elle prend une teinte nettement verdâtre en lumière transmise. Au microscope, en coupe mince, elle est fortement polychroïque du jaune verdâtre clair au brun verdâtre foncé et presque opaque. Les sections parallèles à la base sont nettement biaxes mais avec un très petit angle de deux axes. Dans certaines phases à gros grains de la roche ou dans certaines cavités miarolitique, comme dans l'angle nord-ouest de Faraday, les cristaux de biotite sont très gros et très bien formés.
Le tableau ci-dessus donne des analyses de biotites.
A. Lépidomélane brun foncé ou noir (variété de biotite) trié dans la syénite a néphéline (essexose) du lot 16 concession IX de Monmouth, Ontario. Analyse de J-E. Egleson. Description de F. D. Adams. Le triage a été fait dans la roche par un séparateur électromagnétique Wetheral, et le produit a été ensuite nettoyé par les solutions lourdes de Thoulet.
B. Lépidomélane, Port Henry. Analyse de Clarke et Schneider (Am. Journ. Sc. 40, 410, 1890).
C, Lépidomélane, Lichtfield, Maine, Analyse de Riggs (Am. Journ. Sc. 31, 268, 1886).