‹ Le corindon, gisement, distribution, exploitation et usages [microforme]Chapitre 38 sur 131 · PYROXÈNE · texte numérisé non relu

PYROXÈNE

Le pyroxène qui est habituellement l'élément ferromagnésien dominant partout ailleurs dans les roches de cette classe est presque entièrement remplacé par de la biotite ou de la hornblende dans les gisement de l'Ontario. Il y a cependant des exceptions à cette règle de la rareté du pyroxène et le D' Adams a décrit une roche à albite et néphéline (vulturose) du lot II, concession VIII du canton de Monmouth qui cortient 18-35 pour cent de pyroxène. Le pyroxène de cette roche est d'un vert foncé et est nettement polychroïque. Il est évidement très riche en fer; de plus il contient des inclusions rondes de calcite de néphéline. Souvent il s’entoure d’une frange de grenat. On rencontre dans la partie sud du lot 32, concession III de Glamorgan, un pyroxène de couleur pâle qui accompagne, comme élément accessoire, la néphéline, l'albite, la hornblende et le grenat. De même on trouve du pyroxène dans la syénite à néphéline qui forme le sommet de la chaine, dans la partie sud du lot 17 concession VIII de Methuen. Ce pyroxène est là, avec quelques cristaux de magnétite, le seul élément noir de la roche, mais il ne se présente qu’en très petite quantité. Il est d’un vert brillant et nettement polyciroïque; son angle des axes est très petit, c'est : probablement de l'acmite.

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MUSCOVITE.

C'est un minéral d'une éclat perlé et d’une couleur jaunâtre délavée ou quelquefois lavande pâle. Au microscope, les coupes minces ne sont pas polychroïques, et ne donnent qu'une faible variation d’absorptien. Par contre elles ont une très forte réfringence négrtive. Ce miaérai semble se présenter sous deux formes définies et distinctes. La première apparaît en individus relativement petits, assez semblables par leurs dimensions et leur aspect à la biotite qui est le mica habituel et le plus abondant. Cette variété s'est souvent développée en même temps que la biotite. De même cette variété, en gros individus, s'associe à la néphéline et à la sodalite et constitue la phase pegmatitique des syénites à néphéline de la concession I du canton de Monteagle, dans la rivière d'York.

La deuxième variété de muscovite apparaît en plaques ou paquets beaucoup plus gros, plus ou moins intimement associés au corindon, dans les types de syénite provenant de la consolidation de magmas sursaturés d’alumine (voir planches VII, XX, et XXI). Elle est par conséquent, plus abondante et plus caractéristique de ces types curieux de syénites à néphéline dans ivsquelles l'excès d'rlumine a dû se séparer sous forme de corindon par suite de l’absence presq 1e complète d'éléments ferromagnésiens. Cette sorte de muscovite a toujours été regardée et décrite comme d'origine secondaire et comme provenant de l'altératior du corindon. Cette explication se justifie par le fait qu'on peut voir tous les termes d’altération depuis les cristaux de corindon relativement purs et simplement entourés de pellicules ou d’écailles de mica, jusqu'aux cristaux dans lesquels le corindon a été entièrement remplacé par la muscovite. D'un autre côté les conditions particulières dans lesquelles s'est fait ce remplacement n'ont jamais été expliquées d’une façon satisfaisante. Les deux minéraux se r :ntrent côte à côte dans des roches parfaitement fraiches et inaltér lors que les autres minéraux environnants n’ont subi que peu ou pu..t de décomposition. De plus on snit parfaitement que le corindon est une des substances les plus inaltérables aux agents atmosphériques ainsi qu’en témoignent les gisements de l'Ontario. Ainsi l'étude détaillée et critique de ces gisements, aussi bien sur le terrain qu'au microscope en coupe mince, nous à convaincus amplementque cette altération apparente doit se rattacher étroitement à certaines phases de l'activité pneumatolytique ou filonienne qui précédèrent immédiatement la solidification complète de magma. C'est dans les variétés grossières ou pegmatitiques des syénites qu’on peut le mieux voir les phases extrêmes d'altération, mais on ne manque pas d” nples dans les roches à grain normal. En fait, c'est un phénomè ogue à celui des bordures de réaction qui entourent si souvent

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certains éléments de première cristallisation de roches ignées,

Le corindon de l'Ontario se transforme toujours en muscovite minéral qui au point de vue chimique peut être considéré comme un mélange d'orthoclase, corindon et eau. Morozewicz a montré expéri. mentalement qu’un magma donnant naissance à une syénite sodique peut dissoudre l’alumine et en laisse cr.st2lliser l'excès au refroidissement. Les conditions qu’impose la loi connue sous le nom de loi de Morozewicz sont complétement remplies par les syénites et anorthosites à corindon de l'Ontario. On admet que tou. les magmas, surtout les magmas acides, contiennent de l'eau en quantité considérable. Lorsque le corindon s’isole dans le magma le magma résiduel doit avoir une composition voisine de celle d'un feldspath fondu chargé d'une certaine quantité d'eau. À ce moment par suite d’un changement de conditions, ce magma résiduel attaqua le corindon et le fit passer plus ou moins complètement en solution; le magma feldspathique hydraté et l'alumine provenant du corindon dissous, se combinèrent pour former de la muscovite qui cristallisa autour du corindon d’après la formule suivante:

K:20, AkOs, 6Si02:=orthoclase-+2Al:0;, = corindon+2H:0 = K:0, 3Al:0s, 6Si0: 2H20 = muscovite.

On expliquerait ainsi également la prédominance de cette altération du facies pegmatique de la syénite, car c'est dans les portions de diffé renciation résiduelle des magmas que l'eau joue un rôle si important dans les phénomènes de cristallisation.

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