EXPOSÉ ET BUT DE L'ÉTUDES
Lorsque Sir William Logan, de la Commission géologique du Canada fit en 1844 l'étude de la région baignée par la rivière Ottawa, il renc :atra de grands territoires formés de roches cristallines et foliacées très anciennes. Il crut, après une deuxième étude, pouvoir la subdiviser en deux séries concordantes, qu'il appela plus tard, (1853) les séries laurentiennes. Ce terme fut choisi parce que c'étrient ces mêmes roches qui constituaient la masse des monts Laurentide, nom proposé par F. X. Garneau, l'historien de Québec, pour ces immenses hauts plateaux rocheux qui s'étendent au nord de la rivière et da golfe St-Laurent. Ces régions à haute altitude ne sont pas à proprement parler des chaînes de montagnes; elles forment simplement la bordure à pentes raides du grand plateau rocheux connu sous le nom de Bouclier Canadien
Le groupe inférieur de Logan, c'est à dire le plus ancien, consistait uniquement en “syénites gneissoïldes dans lesquelles les variétés de combinaison de couleurs et de minéraux semblent infinies, mais où il y a tendance constante à un arrangement en files parallèles. Cette ter:dance immuable est cependant quelquefois obscure”. Logan admettait que ces terrains formaient un anticlinal surbaissé dars la région qui allait de la rivière Mattawa aux environs de la rivière Montréal «“1r le lac Timiskaming.
Le groupe supérieur, qui apparaissait dans les territoires au sud des rivières Mattawa et Ottawa était caractérisé “par la présence de gros bancs calcaires devenus cristallins à la suite d’un intense métamorphisme”’. Les roches gneissiques qui séparaient les divers bancs calcaires ‘ne diffèrent, toujours d'après Logan, des gneiss inférieurs ni par la nature de leurs élements constitutifs, ni par la diversité de leurs combinaisons”.
Ultérieurement, les gneiss inférieurs reçurent le nom de ‘série Ottawa” et le groupe supérieur, qui dans le début ne différait de l’autre que par la présence de calcaires, reçut le nom de ‘“laurentien moyen’ ou de “série Grenville”. Logan rencontra plus tard dans l’est de l'Ontario une série de roches qui, selon lui, représentait en toute probabilité la série Grenville à un état de moindre altération: il lui donna le nom de “série Hastings”. Pour lui, la foliation des gneiss n'était qu'u:: vestige d'une ancienne stratification effacée.
Le nom de laurentien supérieur fut alors donné à des terrains formés presqu'exclusivement d'anorthosites, qu'on reconnut plus tard comme d'origine ignée. A ces anorthosites on rattachait alors certains gneiss et calcaires, de caractères identiques à ceux de la série Grenville à laquelle iis appartiennent évidemment.
Pendant de nombreuses années les relations entre la série Ottawa
.su Gneiss fondamental comme on disait souveni alors) et la série Grenville restèrent obscures. Il en fut de même pour les séries Hastings et Grenville.
En 1885 le D’ Andrew C. Lawson fit connaître l'existence, au nordouest du lac Supérieur, de grands massifs de roches granitiques foliacées, à la base de l'échelle géologique, qui apparaissaient comme l'équivalent du “Gneiss fondamental” de Logan. En même temps, il démontra clairement que ces gneiss se sont frayé un chemin et ménagé un logement sous forme de gros batholithes au milieu de très anciens sédiments connus sous le nom de Keewatin. Les travaux de Lawson constituent une étape importante dans l'effort d'interprétation de la géologie précambrienne, non seulement du Canada, mais encore de toute l'Amérique du Nord.
En 1893 le D’ F. D. Adams démontre que le “laurentien supérieur’ de Logan ne constitue pas une série géologique indépendante, et que les enorthosites qui en étaient la roche principale ne sont en réalité qu'un gros massif éruptif. Dans un travail ultérieur, (1895) Adams fait voir qu'il est possible de distinguer deux catégories de roches différentes dans les deux autres termes du laurentien, à savoir une catégorie de roches ignées et une catégorie de roches d'origine aqueuse extrêmement métamorphisées.
À la suite de ces travaux, il devint évident que si on voulait obtenir une connaissance suffisante de l'orisine, du caractère, de la structure et des relations mutuelles des divers termes du laurentien dans l'est du Canada, il était nécessaire de faire l'étude d'un assez grand territoire et d'en lever la carte géologique avec beaucoup plus de détails que précédemment. Les études sur le terrain devaient s'accompagner d'études pétrographiques complètes des divers types de roches recueillies. Le territoire choisi pour cette étude est con:u sous le nom de district d'Haliburton et la carte porte le N° 118 dans la série des cartes géologiques de l'Ontario, publiées par la Commission : ‘logique du Canada. Ainsi qu'on peut le voir par le croquis ci-jnint, ce district est voisin de la lisière sud du grand bouclier canadien, et s'étend au nord du lac Ontario et à l'est de la baie Georgienne.
Le D' Frank D. Adams, aux travaux duquel je m'associai ensuite, entreprit pour la Commission géologique une étude géologique détaillée de ce district, dont rien n'était connu au point de vue tectonique, mais qui par sa situation promettait de donner de préciet matériaux d'étude. C'est au cours de ces travaux que nous nous rendimes compte que, pour retirer tout le fruit de nos études, il était nécessaire d'élargir notre champ de recherches et d'y faire rentrer le district au sud de la feuille d'Haliburton. C'est ainsi que nous avons dressé deux cartes, l'une, la feuille d'Haliburton à l'échelle de 4 milles au pouce, l'autre qui recouvre la partie orientale de la feuille d'Haliburton et le district du Sud est et
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