TURQUIE (ASIE MINEURE
L'émeri turc provient du vilayet ou province d'Aidin en Asie Mineure. Le grand centre commercial de cette province et des îles voisines et Smyrne. De cette ville partent deux lignes de chemin de fer qui pénètent dans l'intérieur du pays par les vallées du Sarabat (Hermus) et du Méardre. La région est d'une topographie accidentée: des collines à ceatours anguleux et d'une altitude de 3,000 à 7,000 pieds se dressent entre de larges et fertiles vallées. L'altitude s'élève constamment à vartir de la côte et aux sources du Méandre la vallée est à 3,000 pieds au-dessus de la mer. Les collines sont couvertes d'une végétation forestière maigre et clairsemée: des pins et des chênes isolés se dressent au milieu de taillis bas et sans vigueur. Les vallées forment un vif contraste avec ces pentes incultes et sauvages: ce sont souvent de véri-
tables jardins avec une végétation luxuriante de figuiers, oliviers, orangers, et grenadiers.
Au point de vue géologique la plus grande partie de la région est formée de calcaires cristallins, souvent d'un blanc Pur et saccharoïdaux, d'autres fois compacts et finement grenus. Les variétés les moins altérées sont bleuâtres. Ces calcaires sont interfoliacés dans des schistes chloriteux et micacés et dans des gneiss. En général la direction va de l'est à l'ouest, mais en certains endroits elle s'écarte considérablement de la normale. En général également le pendage est considérable; au sud d'Aidin il se fait au contraire vers le nord.
Plus au nord encore, à Odemish, le pendage est au sud, ce qui indique de grands plissements dans les terrains. En plusieurs endroits, les schistes et les calcaires cristallins sont séparés par des feuillets de serpentine qui représentent des roches à olivine basiques décomposées après leur injection. Autour de la baie de Smyrne il existe de grandes étendues de laves et de tufs trachytiques. Ces vieux calcaires cristalline supportent
des grès et des calcaires crayeux légèrement redressés, et remplis de lossiles caractéristiques de l'ère tertiaire.
Les gisements d'émeri d'Asie Mineure ont fait l'objet de plusieurs gros ouvrages du D’ J. Lawrence Smith, vers le années 1849-1851. Plus tard, ces gisements si intéressants ont été examinés par W. F. A.
Thomas de Londres, Angleterre’, par K. E. Weiss,’ À. Haenig,t et Simmersbach.#
Am. Jour, Sc. 2ème Série, vol VII (1849) pp. 283-285; Vol. IX, 1850, p. 289; Vol. X, p. 354, et Vol. XI, 1851,p. 53. Scientific Researches 1851, pp. 1-53.
*"Emery, Chrome-ore, and othe- Minerals in the Villayet of Aidin, Asia Minor” Trans. Am. Inst. Min. Eng. Vol. 28, 1898, pp. 208-225.
1 Zeit. für Prak. Géol, 1901, np. 252.253,
* Emery and the Emery Industry, London, 1912.
WZeit, Berg, Hütten-u-Salinw, 1904, 52, 515; Groth, Zeitsch 42, 635.
Ce n'est cependant que vingt ans après les premières recherches du D'Smith en 1849, qu'on fit sérieusement attention à l'exploitation de cet émeri, en concurrence avec l'émeri de Naxos. Les fouilles sont surtout nombreuses dans les bandes calcaires des environs de Tireh et de Gumuch Dagh. Beaucoup de ces gisements ne sont plus exploitables, tandis que d'autres n'ont pas été touchés.
La plus grosse partie du minerai vient des pentes de Gumuch Dagh et plus loin d’Ak Sivri. Les premières mines sont à 12 milles environ du sud-est des ruines de l’ancienne cité d'Éphèse (Ayasaluk) et juste au nord de la rivière Méandre. Les dernières sont beaucoup plus éloignées, et sont à 100 milles environ à l’est de Smyrne. On a également trouvé de l’émeri dans le sol de Kulah, sur la rivière Hermès, non loin de l’ancienne ville de Philadelphie, près d'Adula à l’ouest de Kulah et à Manser au nord de Smyrne. Au voisinage de Smyrne, on a signalé des gisements à Baltizick, Azizich, Cosbunar et Kulluk. Ces gisements
sont de deux espèces: (1) de l'émeri en roche, c'est-à-dire en place dans sa roche primitive; (2) de l'émeri erratique dans les débris provenant de la destruction d'émeri en roche.
L'émeri en roche se trouve en poches ou en masses lenticulaires dans
le calcaire cristallin; la largeur de ces poches varie de quelques pieds à 200 pieds, mais la longueur ne dépasse pas 300 pieds. On les exploite généralement jusqu’à 10 ou 50 pieds de profondeur, mais très souvent, les gisements eux-mêmes sont plus profonds. Des gisements allongés, larges de 5 à 6 pieds, forment saillie à la surface, et certains se suivent sur 300 pieds de long. Les épontes de ces gisements sont abrupts, mais irréguliers. L'émeri lui-même est un mélange intime de corindon et de magnétite avec une certaine quantité, souvent considérable, de certains silicates comme la margarite, la chlorite et les chloritoïdes. Souvent les impuretés nuisibles sont en veines ou en bandes traversant l'émeri dans diverses directions. Un phénomène remarquable qui favorise l'exploitation est la tendance de l'émeri à se casser en blocs irréguliers, mais faciles à manipuler. Quand ces plages de cassure réguliers ou clivages sont absents ou mauvais, on a toujours la ressource d'abattre aux explosifs.
L'émeri erratique ou de débris a été jusqu'à présent la principale source de ce minerai. Cet émeri se présente en fragments ou blocaux plus ou moins arrondis, empatés dans une argile compacte, fréquemment colorée en rouge brun par suite de l'oxydation du fer du minerai. (Ces blocaux occupent souvent dans le calcaire des dépressions peu profondes, mais atteignant parfois 20 pieds de profondeur. L'origine de l'émeri est quelquefois très rapprochée, mais dans certains cas on ne trouve aucune trace des gisements primitifs.
L'émeri en roche s’exploite soit en carrière, soit souterrainement
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Vogelsang tend à admettre que ces inclusions pro
par des tunnels aboutissant à de grandes caves dont le toit est supporté par de gros piliers. On fait un triage à la main et le minerai utilisable est habituellement chargé sur des chameaux qui peuvent porter ainsi 4 à 5 quintaux chacun et qui vont au port ou à la station de chemin de fer la plus voisine, c'est à dire parfois à plus de 20 milles de distance. On paie une royauté d'environ 13 shellings par tonne, ce qui fait environ 17 pour cent de la valeur Pour une minerai riche, et 26 Pour cent pour un minerai pauvre, cette valeur étant comptée au port d'expédition. C'est en fait un lourd impôt. Le port principal d'expédition est celui de Smyrne.