LAN
continu et régulier sans souffrir aucunement du mauvais état de son larynx. Du reste, la plupart des opérateurs l’entendent ainsi : « À mon avis, dit le professeur HoBpay, c’est une opération qui, dans une proportion très élevée de cas (au moiris 75 p. 100), fait d’un cheval qui doit galoper une bête utile... Un certain nombre sont devenus assez sains après l’opération pour être vendus comme « nets ». Maïs il ajoute : «Bien que le cheval puisse galoper assez silencieusement pour subir (convenablement) l'examen pour la respiration (to be passed as « sound in wind ») il perd rarement l'habitude de « grogner » (of grunting) lorsqu'il est menacé (du fouet ou
de la cravache) ».
Dans le Veterinary Journal, de janvier 1911, le célèbre opérateur londonien présente un rapport sur 112 chevaux opérés dont les résultats lui ont paru « satisfaisants » et ïl s’exprime ainsi : « Par le mot satisfaisant, je veux dire qu'ils donnent satisfaction à leurs propriétaires et, généralement, à leur chirurgien, Quelques-uns ont même passé (avec succès) l'examen d’un vétérinaire concernant l'épreuve du cornage. En d’autres cas, je me suis basé sur l'affirmation du propriétaire disant que le cheval peut être employé utilement. »
: Comme on peut le voir, par ces quelques citations sur lesquelles il n’y a pas lieu d’insister, les statistiques concernant les résultats immédiats de l'opération de WizLrams peuvent varier dans de notables proportions suivant la sévérité des opérateurs et la finesse de leur oreille.
Mais là où les variations deviennent encore plus grandes, c’est lorsqu'il s’agit de résultats à longue échéance : dix-huit mois, deux ans et plus. Le professeur HoBpay, en avril 1912 (The Veterinary Journal), dans un rapport relatant l’histoire de 100 opérés depuis plus de dix-huit mois ou deux ans s'exprime ainsi : « Une des craintes principales de cette opération dès le début de son introduetion était que le résultat heureux ne soit pas durable. » Sur 520 chevaux opérés depuis le jour où WizcraAms est venu lui donner les indications nécessaires concernant cette opération, il a relevé 100 cas et « admet franchement que ce sont des cas choisis » etilen canclut que si parmi ces 100 opérés une certaine quantité fait encore du bruit et si chez l'un d'eux (Observation VITT) fe proprié.
LE 00} ee
taire signale que le cornage a augmenté sensiblement de la première à la deuxième année après l'opération, on peut cependant aflirmer que les résullals heureux se maintiennent presque intégralement.
Ici, nous n’hésitons pas à nous séparer très nettement du distingué professeur et affirmons, d’après notre expérience, que : nombreux sont les cas où l’amélioration ou la quérison ne persistent pas plus de quinze à dix-huit mois et où le cornage récidive à un tel point qu'il peut entraîner rapidement la mort de l’animal. En tous cas il Le rend absolument inutilisable et l’on n’a plus alors que la ressource de la trachéotomie permanente. Tous les opérateurs ont pu observer ces récidives à plus ou moins longue échéance : CHARMOY en cite trois cas très nets (Recueil d’Aljort du 15 avril 1918). Ces accidents sont dus, comme il l'indique très bien, à de la nécrose et ossification consécutive des cartilages du larynx ; ils proviennent généralement de blessures des cartilages ou d’un mauvais décollement de la muqueuse, Mais ils peuvent survenir malgré les plus sérieuses précautions opératoires et nous considérons cette récidive du cornage, que nous avons pu constater sur au moins 20 p. 100 de nos « améliorés » ou « guéris », comme le plus grave reproche que l’on puisse faire à l’opération de Wizrrams. Il serait vivement à désirer qu’une enquête sérieuse soit faite à ce sujet parmi tous les chirurgiens qui ont la possibilité de suivre leurs opérés et de confronter les résultats selon les milieux, les méthodes opératoires, les races, etc. D'autre part, et contrairement à l’opinion du professeur HoBpay, nous pensons que les « guérisons » sont plus fréquentes chez les chevaux de sang ou de demi-sang que chez les chevaux de gros trait et les récidives à longue échéance beaucoup plus rares.
Quoi qu’il en soit et malgré le nombre assez élevé, il faut le reconnaître franchement, des récidives, nombre que de nouvelles recherches soit en ce qui concerne les instruments, soit en ce qui concerne la technique opératoire, pourront sans doute diminuer dans de notables proportions, l'opération américaine du Cornage chronique mérite une place spéciale dans la chirurgie vétérinaire. Elle est de celles qu’un opérateur moderne peut proposer à son client comme seule capable