RÉSULTATS ET CONCLUSIONS
Depuis l’année 1913 jusqu'à ce jour, nous avons opéré, tant dans notre clientèle qu'au D. C. M. de Saint-Riquier, environ 90 corneurs. Évidemment c’est un chiffre relativement peu élevé ; mais il nous permet cependant et surtout en raison de l’ancienneté de nos premières opérations de poser les conclusions suivantes :
19 La théorie classique de la fréquence de la paralysie de l’aryténoïide gauche comparée à celle de l’aryténoïde droit est pleinement confirmée par l'opération de Williams ;
29 L’intensité du cornage n’est pas toujours en rapport avec le degré de paralysie des aryténoides.
Certains chevaux, faibles ou moyens corneurs, présentent, en effet, de la paralysie complète de l’aryténoïde gauche, de la parésie de l’aryténoïde droit, alors que des gros corneurs présentent simplement une paralysie de l’aryténoïde gauche.
3° L'opération de Williams est une opération malheureusement très aléatoire et sur les résultats de laquelle le vétérinaire opérateur doit rester très circonspect vis-à-vis de son client.
40 En raison des aléas qu’elle présente, quant au point de vue résultat définitif, l'opération de Williams est sinon contreindiquée, tout au moins inutile chez les chevaux faiblement corneurs; elle n'a d'utilité véritable, au point de vue économique, que pour les gros corneurs.
Les résultats sont, en effet, extrêmement variables selon les pays et les opérateurs.
Les professeurs WizLiaMs et HoBpay, qui sont évidem-
ER ee
ment des « virtuoses » de l'opération, donnent comme résultats :
a) Professeur WiLLiAMs. — Congrès de Kansas-City (1907), sur 23 interventions : 77 p. 100 de grande amélioration ou guérison totale ; 13 p. 100 sans changement ; 10 p. 100 succès complet.
En 1911 : 91 p. 100 d'améliorations ; 66 p. 100 de guérisons complètes.
b) Professeur HoBpAY : 75 p. 100 de grande amélioration chez les Æunters ; 90 p. 100 de grande amélioration chez les gros chevaux ; 53 p. 100 de guérisons complètes.
c) Le docteur FONTAINE, de l’école de Saumur, a obtenu sur 31 opérés : 18 guérisons, soit 58 p. 100 ; 11 améliorations, soit 35 p. 100 ; 1 insuccès complet ; 1 accident de sténose laryngée.
d) DECAUX a opéré une dizaine de chevaux de première catégorie (cavalerie) et s'exprime ainsi : « Chez la plupart la respiration demeurait un peu bruyante, mais sans bruit aigu, sans crainte d’asphyxie, bref, ils furent conservés volontiers par leurs propriétaires, seul résultat immédiat que nous demandions à l'intervention. »
Il opéra également deux chevaux de sixième catégorie, c’est-à-dire de gros trait et eut deux insuccès : l’un des opérés resta corneur, l’autre mourut de syncope cardiaque pendant l'opération.
Nombre d’autres opérateurs ont également publié des statistiques sur lesquelles nous ne croyons pas utile d’insister, mais ce que nous voudrions faire ressortir surtout c’est la difficulté de bien s'entendre sur les termes : amélioration et guérison.
Pour notre compte personnel nous estimons que la moyenne des » guérisons » vraies ne dépasse pas 10 p. 100 et celle des améliorations 50 à 60 p. 100, réservant le terme de guérison dont on à quelque peu abusé, surtout au début, aux seuls opérés chez lesquels toute trace de cornage a complètement disparu quels que soient l'allure ou le travail auquel on soumette l'animal. Quant à l'expression amélioration nous la réservons aux opérés chez lesquels le cornage est plus au moins atténué, mais a diminué de telle façon que le cheval, à peu près inutilisable auparavant, puisse effectuer, après l'opération, un travail