COIN FORMATION EXTÉRIEURE
Forme. — Les corps de Woliï apparaissent donc, dès que le tube intestinal s'est constitué, sous la forme de deux masses allongées, de chaque côté de la colonne vertébrale et de l'intestin, rectiligne à celte époque, occupant toute l'étendue de la cavité viscérale (non encore cloisonnée par le diaphragme) et allant du cloaque jusqu'au-dessous du point où existe le cœur, c est-à-dire dans le voisnage des arcs branchiaux in*
fërieurs. Ces deux masses sont d'abord comparables à deux traînées longiludiales d'une substance granuleuse.
A mesure que le développement avance, les corps de Wolff s'épaississent en diminuant de longueur et, à des périodes variables suivant les espèces animales, on les voit se renfler considérablement. C'est alors qu'ils prennent des formes particulières : effilés à leur extrémité supérieure et à leur extrémité inférieure, chez certains animaux, ils ressemblent à un fuseau ; dans d'autres, on dirait une pyramide à trois faces arrondies sur les angles, à sommet supérieur et à base inférieure ; plus souvent enfin ils prennent la forme d'un haricot: c'est le cas chez l'homme lorsqu'ils commencent à décroître.
On peut, avec Coste, reconnaître trois parties dans le corps de Wolff: 1° une bandelette externe longitudinale blanchâtre contenant dans son' épaisseur deux canaux (canal de WollT, canal de Miillerj et à laquelle viennent aboutir les stries transversales penniformes qu'on observe sur la lace antérienre de Torgane ; 2° une bandelette interne également blanchâtre, occupant seulement la partie moyenne de l'organe et qui, se renflant de plus en plus vers le milieu de sa longueur, formera bientôt un organe ovoïde, la glande génitale. Entre ces deux bandelettes blanchâtres se trouve: 3° la masse principale de l'organe qui représente le corps de Wolff proprement dit et qui offre d'abord un aspect, strié en travers, penniforme puis, plus tard, irrégulièrement circonvolutionné.
Couleur. — Cette partie centrale, ou glandulaire a,surloiii
t dans les premiers tem[)s, une couleur rouge très prononcée (lue à sa richesse en vaisseaux, ce qui explique comment Baer
• rittache d'une manière immédiate le développement liistologiqiie de ces organes à celui des vaisseaux sanguins. Plus tard cette coiileur pâlit et ressemble à celle des autres tissus.
V'iault.
Rapports. — Les rapports de ces organes, de mênie que leur situation, varient suivant les diverses phases de leur existence. Nous ne nous occuperons que des rapports qu'ils affectent lorsque par suite de leur développement ils sont arrivés à faire saillie dans la cavité pleuro-péritonéale. Situés alors sur les côtés et en avant de la colonne vertébrale, ils s'étendent d'abord, avons-nous dit, jusqu'à la région cervicale (le l'embryon où ils sont en rapport avec la face postérieure du cœur et de la loge péricardique, un peu plus bas avec la face postérieure des bourgeons pulmonaires, plus bas avec la face postérieure de la dilatation stomacale de l'intestin, avec le foie au-dessous duquel ils passent, et enfm avec l'intestin d'abord rectiligne.
Les progrès du développement du corps de l'embryon auj;menlant de plus en plus, tandis que le corps de Wolff commence à diminuer, lui font quitter la partie antérieure du (œlus, et enfin la formation du diaphragme le relègue complètement dans l'abdomen. A cette époque, cet organe a surtout deux rapports intéressants : en dedans avec les glandes génitales, en arrière avec les reins et les capsules surrénales qui se développent de plus en plus à mesure que le corps de Wolff s'atrophie. Enfin, dans son degré le plus extrême d'atrophie, à l'époque où il n'est plus que l'ombre de luimême, qu'un souvenir anatomique, il se trouvera accolé aux glandes génitales, ovaire ou testicule, et partagera leurs rapports'.
Moyens de fixité. — Avant d'entrer dans cette période de décadence, et à l'époque où, bien que s'étant retiré des régions antérieures qu'il occupait d'abord, le corps de Wolff est encore un organe volumineux contenu dans la cavité abdominale maintenant cloisonnée par le diaphragme, il présente,
avec le péritoine, des rapports (|ue nous ne devons pas omettre de signaler.
H En effet, étant sorti du rnésoderme en soulevant, en quelque sorte, le revêtement épilliéJal de la cavité pleuro-péritonéale, pour faire saillie dans cette cavité, il est recouvert en avant par le péritoine. Celui-ci lui forme d'abord un pédicule, une sorte de mésentère, de mésonéphron large et aplati à peu près comme le mésocolon ascendant à cette époque, à l'extrémité supérieure du corps de Wolff, le péritoine forme un petit pli libre recourbé en forme d'arc et .'s'étendant jusqu'au diaphragme pour se terminer par deux ou llrjis divisions divergentes. C'est le ligament diaphragmatique 'du corps de Wolff, Un autre repli péritonéal part du canal de 'Wolff à l'extrémité inférieure même de la glande, et va jusqtî à la région inguinale c'est \e ligament inguinal du corps de Wolff. Ce ligament constituera ^\u?,\.a.và\e gubernaculum testis lou le ligament rond de l'utérus.
Quant aux glandes sexuelles, dès qu'elles ont atteint un (Certain volume, elles s'isolent du corps de Wolff et ne lui sont [plus rattachées que par un petit repli péritonéal mesorckium " OU mesovarium.
COINFORMATION irSTÉRIEURE
Nous avons déjà eu l'occasion de direque le corps de Wolft, fièrement développé, présente une conformation intérieure 'i rappelle essentielement celle des reins définitifs, c'est-à- ■ .0 qu'elle consistenuue s(î érie de canalicules contournés commençant par dos glomérules vasculaires et s'ouvrant dans un canal excréteur commun. Nous avons signalé également
les observai ions de Dursy sur la division des canalicules, celles de Bornhaiipt et de Fûrbringer chez le poulet (et chez les amphibiens) sur la production secondaire de canalicules venant s'aboucher dans ceux qui se sont formés les premiers, et dont la portion qui s'ouvre dans le canal de Wol ff représente de véritables tubrs collecteurs; nous ne revienarons pas ici sur ces difiérentes particularités de la conformation intérieure des corps de Wolff, non phis que sur le trajet compliqué des canalicules glandulaires dans l'épaisseur même de l'organe, trajet que nous avons décrit d'après Kôlliker, et qui explique pourquoi, sur une coupe examinée au microscope, on voit, dans la région ventrale, les canaux coupés suivant leur axe longitudinal et dirigés de gauche à droite, tandis que dans la portion dorsale, ils sont coupés perpendiculairement à leur axe et se présentent, par conséquent, sous la forme d'un cercle.
Les glomérules sont situés vers le hile de l'organe, c'est-àdire en dedans (ce hile n'étant pas, comme pour le rein, placé du même côté que le canal excréteur). Le conduit excréteur, comme nous l'avons déjà dit, est placé en dehors.
Nous devons maintenant donner quelques détails sur la structure intime de ces difiérentes parties.
Les tubes du corps de Wolff présentent une portion ampui iaire contenant le gloniérule de Malpiglii, une première por lion cylindrique large et contournée, et une portion plus étroite rcctiligne qui vient s'ouvrir dans le canal de Wolff. L'épithélium qui revêt intérieurement ces tubes présente de caractères différents dans ces deux dernières portions. Dans les tubes larges contournés communi(]uant avec les glomérules, on trouve un épithélium aplati à granulations foncées tandis que dans les lubes étroits, les cellules épithéliales sont
cylindriques et remplies de granulations plus rares et plus ciaires, une partie de ces dernières cellules épithéliales pré sentçra plus lard des cils vibratiles (après la transformation enépididymeou en organe de Rosenmuller). Au point de continuation des tubes larges avec les tubes étroits, 1 epithélium revêt des caractère? intermédiaires.
Fie. 4. — Coupe transversale du corps de Wolff d'un embryon de Poulet de 7 jours a, méseulère ; 6, paroi latérale de l'abdomen ; c, aorte ; d, veine cave ; e, portion du corps de Wolff h canalicules larges ; f, portion du même organe à canalicules étroits ; g, corpuscule de Malpighi ; h, canal de Wolff; i, canal de Mûller ; k, testicule ; l, rudiment du rein. (D'après Waldeyer).
Quant à l'épithélium qui tapisse le canal de Wolff, il est iiplati, et en quelque sorte pavimenteux, ce qui permet de distinguer sur la coupe les canalicules glandulaires du canal excréteur.
l-es glomérules, groupés les uns près des autres, occupent, prés du bord interne de l'organe, une zone distincte d'un aspect différent k cause de sa plus grande richesse en vaisseaux et en tissu conjonclif.
Ce lissu conjonclif, qui forme comme la charpente de Torgane, est peu abondant, et réunit entre eux les tubes et les glomérules de Malpighi; il est parcouru par des vaisseaux qui forment des reseaux autour des lubes, et proviennent, cojuaie ceux des glomérules, des deux aortes primitives.
Vaisseaux. — Ce sont d'abord les brancbes des artères vertébrales postérieures (les deux aortes primitives) qui fournissent des vaisseaux aux corps de Wolff. Plus tard, quand l'aorte a pris naissance, les vaisseaux du corps de Wolff proviennent directement de l'aorte, et sont en nombre plus ou moins considérable, suivant la longueur des corps de Wolff. Chez les Ophidiens (couleuvre, Ralhke'), il en arrive un très grand nombre, car les corps de Wolff y ont une très grande longueur; chez les mammifères et chez I homme, il en arrive seulement six ou sept, et chez les oiseaux moins encore. Ces branches artérielles sont en général courtes, parallèles entre elles, et un peu obliques de haut en bas et de dedans en dehors. Elles pénètrent dans le corps de WoHf par son bord interne (bile), et là s'y répandent en branches très multipliées. Ralhke a montré le premier que ces artérioles, arrivées dans le corj.s de Wolff, s'y enroulaient et constituaient des glomérules analogues aux corpuscules de Malpighi. Mais on sait aujourd'hui qu'il n'y a pas là de véritable enroulement au sens du mot, mais un petit bouquet de divisions artérielles formant un petit réseau cjpillaire. FoUin a contesté à tort l'existence de ces glomérules. '
Le sang amené aux corps de Wollf par l'aorte est ramené d'abord par les deux gros troncs veineux {^veines cardinales) qui, de la queue, se rendent à la région du cœur. Les racines
1. Rathkb. — Eiitwlcliclungsgeschiclite der Natter, 1839, tab. m, fig. 15-16.
ijue ces veines ont dans les corps de Wolff naissent de ceux-ci au niveau des glomérules. Plus tard, quand la veine cave inférieure ou postérieure est formée, c'est elle qui reçoit le sang" venu des corps de Wolff par deux branches seulement chez les oiseaux et les reptiles, par quatre branches inégales chez les mammifères. D'après Burdach', chez les oiseaux et surtout chez les reptiles, il existerait, pour les reins primitifs, une disposition veineuse semblable à celle qui constitue, pour les reins véritables, un système porte-rénal, c'est-à-dire (ju'une veine amènerait dans le corps de Wolff du sang venant de la queue et des parties du tronc situées immédiatement au devant de celle-ci, sang qui regagnerait la veine cave après avoir traversé les corps de Wolff.
Avant de terminer ce qui a trait à la structure des corps de Wolff, nous devons examiner ici si l'opposition qui a été faite par Waldeyer entre les portions supérieure et inférieure de l'organe est justifiée. Déjà Mûller, Banks, Dursy [loc. cil.) avaient distingué deux sortes de canaux dans le corps de W olff, les uns larges, les autres étroits. Mûller pensait que les canaux étroits provenaient du testicule et se perdaient entre les canaux larges du corps de Wolff pour former l'épididyiiie et s'ouvrir plus tard dans le canal déférent. Quant aux tubes larges du corps de Wolff proprement dit, ils disparaîtraient entièrement. Waldeyer a repris ces vues, et il admet deux portions dans le corps de WoUf, l'inféiieure à tubes larges ou urinaire, qui s'atrophie considérablement et se réduit au corps de Giraldès, la supérieure à tubes étroits, ou sexuelle, formant l'épididyme ( fig. 4 ). Ces doux portions s'atrophient chez la femelle; la portion inférieure ou rénale don-