DESCRIPTION DU CORPS DE WOLFF ENTIÈREMENT DÉVELOPPÉ
Après avoir éludié, dans le premier chapitre de ce travail, le développement du corps de Wolîf, nous devons le décrire au point de vue organographique et passer successivement en revue, comme on le fait en Anatomie descriptive, pour chaque organe, sa conformation extérieure et sa conformation intérieure. Nous pourrons alors étudier la structure intime des différentes parties qui le constituent.
Nous prendrons comme type de notre description le corps de Wolff de l'homme, et nous l'étudierons au moment oii il présente son maximum de développement. Nous ne saurions, eu efl'et, sous peine de fastidieuses répétitions, ledécrii e à chacune des phases qu'il parcourt depuis le moment où il apparaît, jusqu'au moment où il a cessé d'exister comme organe distinct. — Mais nous devons cependant indicjuer, d'une façon générale, à quelle période de la vie de l'Embiyon correspondent les différentes phases de l'existence du corps de Wolff, Cette élude a été faite particulièrement pnr Cosle qui a décrit
et figuré le premier, dans son magnifique ouvrage*, une des plus remarquables séries d'embryons humains que les Embryologistes aient eues jusqu'ici à leur disposition. — La plupart de ces embryons de Cosle sont en quelque sorte historiques et ils ont véritablement la valeur des Espèces types des collections d'Histoire naturelle.
Le premier embryon de Costa , un des plus jeunes qu'on ait obervés jusqu'ici, et qui devait avoir de 15 à 18 jours, ne lui montra pas les corps de Wolff. Cependant Kôlliker, qui a étudié cet embryon^ mais après que l'alcool où il était conservé en avait forcément altéré les caractères, pense que les premiers rudiments de cet organe devaient déjà exister, ce qui porterait l'apparition des corps de Wollf, chez l'homme, à la fin de la deuxième semaine ou au commencement de la troisième.
Sur le second embryon de Coste, dont l'âge était de 20 à 21 jours, c'est-à-dire de trois semaines, embryon qui avait encore 4 arcs branchiaux et dont les membres antérieurs paraissaient à peine sous forme de légers mamelons, et les postérieurs pas du tout, on voyait au-dessous du foie le corps de Wolff très bien formé.
Le troisième embryon, âgé de 28 jours, c'est-à-dire de quatre semaines juste, montrait lescorpsde Wolff sous forme de deux organes minces, allongés, occupant toute la cavité abdominale sous-jacente au péricarde, c'est à-dire s'étendant depuis le foie jusqu'au fond de la cavité pelvienne en arrière, l^e corps de la glande était formé de canalicules contournés et, à son côté externe se trouvait le canal de Wolff, recliligne»
1. CosTH. — Histoire du développement des corps organisés, 1847-1859*
pl. I XII.
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allant s'ouvrir dans le cloaque. Sur Je côté interne de la glande, on distinguait déjà la couche de blastènie destinée à donner naissance aux glandes génitales. A cette époque l'intestin était encore recliligne.
Un quatrième embryon de 35 jours, c'est-à-dire de cinq semaines, montrait les corps de Wolff légèrement atrophiés mais volumineux encore, et présentant sur leur bord externe le canal de Wolff et le canal deMuUer; tandis que sur le bord interne les rudiments des glandes génitales se présentaient sous la forme d'une bandelette blanchâtre.
Sur l'embryon de six semaines, /iO jours environ, les corps de Wolff sont très réduits et n'occupent plus qu'un faible espace dans le segment postérieur de la cavité abdominale. A leur côté interne et à leur côté postérieur on remarque les glandes génitales dont on ne saurait d'ailleurs reconnaître à celte époque le caractère spécial (ovaire ou testicule) et, en arrière, les reins et les capsules surrénales.
î)uRÉ£. — Nous avons précédemment indiqué avec précision l'époque de la première apparition du corps de Wolff (canal et glande) chez le poulet et chez le lapin, et nous avons approximativement indiqué l'époque oii on peut en constater les premiers rudiments chez l'homme. Quant à la durée de cet organe, elle ne varie pas moins que l'époque de son apparition suivant les diverses espèces animales. Chez les reptiles comme l'ont montré les recherches de Rathke, et chez les oiseaux, les corps de Wolff durent jusqu'à la tin de la vie embryonnaire vers le milieu de laquelle, à peu près, ils paraissent avoir atteint le maximum de leur développement; on peut même les rencontrer encore après l'éclosion. Chez les mammifères, ils ne persistent jamais aussi longtemps à l'état d'organes distincts ; mais l'époque de leur disparition varie dans
les différents ordres suivant le plus ou moins de supériorité du développement général, de sorte qu'elle est très précoce chez les mammifères les plus élevés et notamment chez les primates et chez l'homme.
Chez ce dernier, on ne trouve les corps de WoKÏ que chez les plus jeunes embryons humains, et nous avons déjà indiqué qu'à la cinquième semaine on pouvait y constater les premières traces de l'atrophie commençante. D'après Coste, ils auraient complètement disparu au cinquantième jour dans l'embryon humain, et non pas seulement, comme quelques auteurs le disent, vers le troisième mois de le vie fœtale. Chez le lapin, dont la vie embryonnaire est de trente jours, on les voit encore jusqu'au vingt-quatrième jour.
Quelle que soit leur durée, partout, leur disparition est graduelle. Nous aurons à étudier, dans un autre chapitre, les restes de ces corps embryonnaires, soit qu'ils ne constituent plus que des débris à peine reconnaissables, seuls témoins, chez l'adulte, d'une condition antérieure depuis longtemps disparue, soit au contraire qu'ils se transforment en organes ayant un rôle physiologique parfaitement caractérisé.