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CHAPITRE IV

DESTINÉE GÉNÉRALE DU CORPS ET DU CANAL DE WOLFF — PARTIES QUI DISPARAISSENT — PARTIES QUI RESTENT

Déjà, à propos de l'historique de notre sujet, nous avons eu à rappeler les principales opinions qui ont été émises sur la destinée du corps de Wolff et sur la part qu'il peut prendre à la constitution d'organes 'qui joueront un rôle chez l'adulte. ÏNous avons vu que les premières idées nettes qui aient été émises à cet égard, abstraction faite de l'hypothèse tout intuitive de J. Fr. Meckel, sont dues à Rathke. Il a eu en effet une notion fort exacte de la destinée du corps de Wolff et de son évolution différente chez l'homme et chez la femme. La distinction que nous avons toujours faite jusqu'ici entre le corps de Wolff proprement dit ou la portion glandulaire et le canal de Wolff doit être plus que jamais maintenue, si nous voulons suivre dans tous leurs détails et saisir dans leur entière signification, les phénomènes qui se passent au moment où le corps de Wolff va perdre son individualité en tant nu'organe pour s'atrophier et disparaître, ou, au contraire, pour se transformer et renaître en quelque sorte avec une nouvelle fonction.

Les vues que nous allons développer à cet égard, bien (|u elle soient déjà anciennes de près d'un demi -siècle, n'ont cependant été accepléesen France et même en Allemagne, où elles sont nées, qu'avec une certaine résistance. En effet Millier et bischoffen Allemagne, Geoffroy Saint-Hilaire, Coste, Follin en France et, à leur suite, un très grand nombre d'auteurs, les uns entraînant les autres, sont tombés à cet égai d dans des tbéories erronées que la technique embryologique de leur temps ne leur permettait peut-être pas de modifier, mais que personne ne partage plus aujourd'hui. La théorie de Rathkc en effet est la vraie, comme l'ont montré depuis de nombreuses recherches confirmatives, les unes d'anatomie et d'embryogénie comparées sur le système uro-génital des vertébrés, les autres de tératologie.

Le sort du corps de Wolff est donc le suivant : chez la femme le canal de Wolff idisparaît complètement sans laisser le ()lus souvent aucune trace, sans en laisser d'autres, chez quelques femelles de mammifèies, que des cordons ou des canaux sans usages appelés canaux de GaerLner et que nous étudierons plus loin. La portion glandulaire du corps de Wolff subit aussi une atrophie considérable, moins complète cependant que celle du canal, et qui ne laisse après elle qu'un organe, si l'on peut appeler organe une partie sans usage, que nous aurons à étudier au point de vue descriptif dans In seconde section de cette première partie sous le nom dorsane de Rosenmuller. Nous étudierons alors en même temps

le paromriuni ou paroophoron et nous discuterons aussi la question de savoir si les cordons médullaires de l'ovaire et la granulosa des follicules doivent leur origine aiix cellules du corps de Wolif.

Le corps Je Wolff dans le sexe femelle n'a donc (|u'un rôle '

exclusivement transitoire et ne prend part à la constitution d'aucun organe fonctionnant de l'adulte.

Chez le mâle, c'est l'inverse qui s'observe^ et le corps de Wol ff, après avoir joué son rôle dans la vie de l'embryon, prendra pari à l'organisalion de l'adulle. Le canal de Wolfl formera le conduit exciéteur c'est-à-dire le canal déférent du testicule; la portion glandulaire du corps de Wolff contractera des connexions nouvelles avec le testicule et en deviendra la portion, excrétrice aussi, appelée \ épididjme. Nous aurons à étudier chez l'adulte ces différentes parties, rudimeiitaires ou transformées du corps de Wolff, comme faisant suite directement et d'une manière immédiate à cet organe chez l'embryon. Mais auparavant, nous devons étudier ici les divers processus par lesquels l'organisation qu'on trouve chez l'adulte sur ce point s'est constituée durant la vie embryonnaire. En d'autres termes, nous allons étudier rapidement le développement des différents organes ou vestiges d'organes que nous avons indiqués plus haut, comme se rencontrant chez l'adulte.

FoRMATiOiN DE L'ÉpmmTME. — Kôllikcr, chez l'embryoij humain, a vu les nouveaux rapports entre le corps de Wolff et le testicule commencer à s'établir vers le troisième mois. Un certaiu nombre de canalicules supérieurs du corps de Wolff s'unissent au testicule et forment la tète de l'épididyme, c'est-à-dire les coni stascidosi., pendant que les canalicules inférieurs s'atropbient lentement. Chez des embryons de la onzième à la douzième semaine, la lîte de l'épididyme ne contient que des canaux droits d'un diamètre de 35 à 45 a et on ne trouve nulle trace du corps et de la queue de l'épididyme. Mais on voit venir directement de la tête de l'épididyme, comme- précédemment du corps de Wolff, un

canal rectiligne de 0""°,45 de largeur qui représente à la fois le canal déférent et le canal de l'épididyme.

On peut \oir aussi, à la même époque, des restes du corps de Wolff parfaitement reconnaissables à leurs corpuscules de Malpighi entre le canal de Wolff (canal déférent) et le testicule, séparés du premier et sans connexion encore avec le second. Mais les différentes phases de l'établissement de ces nouveaux rapports n'ont pas été toutes suivies chez l'homme. Ce qu'on sait, c'est qu'au quatrième ou cinquième mois les canalicules du corps de Wolff, nouvellement unis au lesti-

Fig. 5. — Organes sexuels internes d un embryon mâle humain de 9 c.

a, coupe du testicule; 6, épididyme formé par la portion su; périeure du corps de Wolff; c, organe de Giraldès formé par sa portion inférieure; d, canal déférent (canal de Wolff)e, vaisseau. (D'après Waldeyer).

cule , présentent des circonvolutions qui donneront naissance aux coni vasculosi ou canaux efférents de l'épididyme. Le nombre des canalicules du corps de Wolff qui s'unissent ainsi au testicule est variable, et l'on sait que le nombre des coni vasculosi n'est pas lui-même constant.

Quant aux autres canalicules du corps de Wolff qui n'en- Irent pas en connexion avec le testicule, ils subissent des transformations diverses. C'est ainsi par exemple que les msa aberrantia de la tête et de la queue de l'épididyme sont des canalicules du corps de Wolff qui ne se sont pas transformés et ne sont pas entrés en connexion avec le testicule comme Lauth \ puis Kobelt*, l'ont indiqué il y a longtemps. Il m est

1. Lauth. — Mémoire sur le testicule de l'homme. Strasbourg, 1830.

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