P DÉVELOPPEMENT DE L'OVAIRE
Sur le bord interne du corps de WolfT^ on aperçoit, dès le cinquième jour de l'incubation chez le poulet, dès la fin dli premier mois de la vie intra-utérine, che;, l'homme UtIB SallU^
blanchâtre formée d'une fine trame de tissu conjonctif embryonnaire qui, en se dévelop|)ant , deviendra la glande sexuelle, ovaire ou testicule. C'est seulement depuis les travaux de Pflûger et do Waldeyer que l'on est positivement fixé sur le mode de dévoloppemeni, de l'ovaire (dont Sappey, et Schron ont les ( remiers bien fait connaître la structure chez l'adulte), et sur le développement des ovules
En 1866 Périer disait dans sa thèse : « La trame de l'ovaire naît comme tous les autres tissus, et cette trame une fois formée, on voit s'y produire la genèse de l'ovule et de l'ovisac. » Telle était alors l'opinion du professeur Ch. Robin qui faisait naître d'abord le noyau (vésicule germinative) dans la trame ovari(|ue; ce noyau se serait accru et se serait entouré d'un corps et d'une enveloppe. Dès cette époque Robin, His, Billroth, Sappey admettent que les ovules sont primitiveuh ht contenus dans des tubes épithéliaux qui s'étranglent graduellement entre chaque ovule, et dont le cloisonnement complet formera les follicules de Graaf. His rattachait ces tubes au corps de Wolff. Mais Waldeyer a montré que ces tubes étaient des végétations d'un épithélium particulier recouvrant le stroraa de l'ovaire, auquel il a donné le nom épithélium germinatif; il a montré en outre que les ovules préexistaient dans l'épitliélium gerrainatif, et qu'ils étaient entraînés dans la trame par les végétations épithéliales. Les recherches de Waldeyer ont été confirmées par beaucoup d'observateurs et méritent d'être acceptées sans réserves.
Entrons dans quelques détails : La surface du germe urogénital, lorsque déjà le corps de Wolff est formé, est recouverte d'une couche épilhéliale toute différente de celle qui tapisse le reste de la cavité pleuro-péritonéale. Cet épithélium n'est plus mince et plat, mais il est formé d'une couche épaisse de
cellules cylindriques ; il a reçu de Waldeyer, le nom d'épilhéliurngerminatif[Keimepithel.). Cet épitliélium cylindrique n'est pas, comme l'a prétendu Waldeyer, exactement localisé à la région sexuelle et on le retrouve en d'autres points de la cavité pleuro-péritonéale, dans la région du cœur et du poumon, par exemple (KôUiker). En outre, il peut, comme Semper l'a démontré chez les Plagioslomes (fig. 7), se transformer
Kia. 7. — Coupe du testicule d'un embryon i'Acanthias de 25 c.
a, stroma ; b, épithélium ; ce, ovules primitifs placés dans l'épithélium ; dd , ovules primitifs invaginés dans le stroma et en voie de multiplication. (D'après Semper.)
en épithélium plat sans cesser d'engendrer des ovules mâles.
Sur la partie externe du germe urogénital^ l'épithélium formera le conduit de MùUer; sur la j)artie interne il donnera naissance aux ovaires.
En ce dernier point, on constate une petite proéminence revélue d'une couche très épaissie d'épithéliiim. Cet épaississement épithélial s'observe aussi bien chez l'embryon qui sera mâle, que chez l'embryon qui sera femelle. Déjà à ce moment, on aperçoit des cellules particulières, qui se distinguent des autres cellules de l'épithélium germinatif, par leur forme
sphérique et la présence d'un gros noyau et d'un nucléole. Ces cellules sont les ovules primordiaux^ que l'on rencontre, chose curieuse, aussi bien chez l'embryon qui sera mâle, que chez celui qui sera femelle.
Tandis que chez l'embryon qui deviendra mâle, l'épithélium germinatif s'atrophie ainsi que les ovules primordiaux qu'il contenait, on voit, lorsque la glande doit évoluer selon le type femelle, l'épilhélium germinatif prendre un grand développement, et les ovules y devenir plus abondants. 11 se fait des poussées épithélialesqui pénètrent dans le tissu embryonnaire sous-jaçent. Ces bourgeons épithéliaux contenant des ovules sont tantôt en forme de tubes simples, tantôt bifurques, trifurqués, ou présentent des anastomoses et une intrication assez irrégiilière. En même lemps, le tissu coiijoncl if embryonnaire prolifère entre ces bourgeons et va s'ibdiviser et étrangler les tubes épithéliaux entre les ovules; d'oii l'aspect caverneux de l'ovaire avant la naissance.
A la naissance, les cordons épithéliaux sont étranglés plus complètement et plus régulièrement, ils sont moniliformes, chaque grain de chapelet est un follicule de Graaf. L'ovule est au centre du follicule tapissé parles restes de l'épilhélium germinatif, qui portent dès lors le nom de membrane granuleuse.
L'ovule, dans le folliculede Graaf, n'est pas différent comme origine des autres cellules qui l'enveloppent. Dès le début, il s'est distingué de celles-ci par son volume et ses propriétés. INous signalons cependant l'opinion de Foulis, qui prétend avoir observé l'atrophie des autres cellules de l'épithélium germinatif, autour de l'ovule et le développement des épithéliums tapissant le follicule, au dépens des éléments du tissu lamineux environant. Ainsi s'expliquent ces noms différents correspondant à des aspects et h des stades particuliers du de*
veloppement, les noms de chapelets (Valentin), cordons glandiileiix (Pllùger), tubes épithéliaux (Sappey), cordons d'épithëlium nucléaire (Robin).
Fig. 8. — Coupe de l'ovaire d'un enfant nouveau-né. a, épithélium germlnatif; b, tube ovariqUe à à son début; c, ovules primitifs dans l'épithélium ; dd, tube ovarique renfermant des follicules en voie de formation ; ee, groupes d'ovules sur le point de se séparér én foHicales ; f, follicule déjà isolé ; gg, vaisseaux. (D'après Waldeyer.)
Tel est le développement de l'ovaire chez l'embryon et le fœtus, ou plutôt de sa substance corticale, car ce n'est qu'après la naissance que la partie bulbeuse de l'ovaire va se développer.