CHAPITRE VII
ÉPIDIDYMK
Forme ft rapports. — L'épididyme est constitué par une masse d'apparence lobulée renflée en avant et en haut, amincie en arrière et adhérente à ses deux extrémités au bord postéro-supérieur du testicule, de telle sorte qu'il représente une sorte d'anse de panier pour ce dernier organe.
L'extrémilé supérieure et antérieure de l'épididyme appelée aussi téle est volumineuse, renflée en forme de cimier de casque et adhérente à la partie correspondante du testicule auquel elle est rattachée par du tissu cellulaire lâche et les
Fig. 10. — Coupes transversale et antéro-pos- b 1 térieure du testicule et de l'épidi- ç j — "^T^iS/lf J dyme de l'homme, a, testicule ; h, \ ^-^^ZI^3 f épididyme ; c, aJbuginée ; d, corps \ f g
d'Highmore. (D'après Balbiani.) m i
conduits séminifères qui, du testicule, passent dans l'épididyme.
L'extrémité inférieure ou queue est adhérente au testicule auquel elle est rattachée par du tissu cellulaire dense et se continue par sa face supérieure avec l'origine du canal déférent qui se recourbe en haut et en avant et reste parallèle à la queue de l'épididyme, jusqu'au niveau du point où il rencontre le plexus vasculaire auquel il s'accole. La partie moyenne ou corps, flexueuse, libre et flottante, représente la plus grande partie del'anse épididy maire.
Les rapports de l'épididyme avec le testicule ne sont pas toujours les mêmes chez l'homme et sont modifiés suivant certains types. On décrit ces anomalies sous le nom à' inversions et elles ont été étudiées par M. Royet qui en a admis cinq variétés : une antérieure la plus fréquente et la plus utile à connaître pour le chirurgien, deux latérales, une supérieure, et enfin l'inversion en fronde ou en anse. Nous renvoyons pour leur étude aux ouvrages d'anatomie descriptive. I-^a production de ces inversions a lieu évidemment pendant la migration du testicule.
Dans la série df s mammifères 1 épididyme présente plusieurs modifications de forme et de situation qu'il est intéressant de noter et de rapprocher de la disposition observée dans l'espèce humaine.
Ainsi chez les Monotrèmes tels que l'Ornithorhynque et l'Echidné l'épididyme est énorme, et au lieu d'être appliqué directement contre le testicule, il est rattaché à celte glande par une sorte de pédicule étroit et assez long formé par les canaux effércDtset en arrière, au niveau de la queue, pnr uii ligament membraneux situé inférieurement. Chez les Marsupiaux l'épididyme n'est pas aussi développé mais il est également éloigné de la glande testiculaire et y est rattaché de la même manière.
Dans d'auli es cas, la portion caudale paraît seule très développée, surtout lorsqu'on la compare à la tête, et prend une importance considérable, à tel point qu'elle semble occuper presque toute la longueur du canal évacuateur devenu alors très flexueux. On constate surtout cette disposition chez les mammifères dont les testicules remontent dans l'intérieur de l'abdomen.
Le renflement antérieur ou tête de l'épididyme est constitué par la réunion des vaisseaux éfférents qui, partis du réseau du corps d'Highmore, vont se terminer dans le canal de l'épididyme. On décrit en général de 10 à 12 canaux éfférents, M. Sappey n'en a jamais trouvé plus de 15 bien que Lauth et Haller affirment en avoir rencontré 30, mais les cas de ce genre sont exceptionnels.
Ces vaisseaux sortent de l'extrémité antérieure et supérieure du testicule. A leur émergence ils sont d'abord reclilignes pendant une longueur deG à 8 millimètres ; maisilsdeviennent bientôt très flexueux et lescirconvolutions pelotonnées donnent
naissance à des sortes de cônes coni vasculosi dont le sommel est constitué par la partie rectiligne ou à peine flexueuse et dont la base concourt à former la masse même de la téte de l'épididyme.
La longueur de ces cônes ainsi formés par le pelotonneruent de chacun des vaisseaux éfférents est variable. Lorsqu'on ne leur a l'ait subir aucune tentative de déroulement ils ne dépassent pas 25 millimètres; dans le cas contraire, ils peuvent atteindre d'après M. Sappeyune longueur maximum de 40 centimètres. Ces conduits sont assez larges à leur sortie du refe çasculosum et leur diamètre est à ce niveau de 0""",5 à O^^jô. Ils diminuent de largeur au fur et à mesure que l'on se rapproche du canal épididymaire et à ce moment ne dépassent pas en diamètre 0""°,2.
Celui de ces conduits qui est le plus antérieur peut être considéré comme constituant l'origine du canal de t épiàidyme. Ceux qui le suivent, se succèdent d'avant en arrière sans être placés exactement sur le même plan ; ils vont s'ouvrir successivement dans le canal auquel le premier a donné naissance en changeant de direction ets'étagenten laissant entre eux un intervalle moyen de 8 à 10 centimètres environ, le canal étant supposé déroulé.
Cette disposition échelonnée des vaisseaux éfférents rappelle exactement celle des canalicules du corps de Wolff dont ils proviennent ; et elle se voit très bien, chez les vertébrés inférieurs, où ces vaisseaux ne se pelotonnant pas restent droits (fig. 14) et se rendent dans le rein (qui chez ces animaux est un corps de Wolff persistant). Les vaisseaux éfférents sont donc eux mêmes, comme les canalicules Wolffiens, des organes segmentaires.
Vépididyme proprement dit est constitué par un canal qui
prend naissance dans la partie supérieure et convexe de la téte el qui est remarquable par les flexuosités qu'il présente dans toule l'étendue de son trajet c'est-à-dire depuis sa continuité avec le premier conduit efférent jusqu'à sa terminaison dans le canal déférent. Les inflexions du canal épididymaire sont de plusieurs ordres. En effet, on observe d'abord desimpies inflexions latérales inégales et irrégulières, qui,réunies les unes aux autres au niveau des points où les parois des deux
Fig. U. — Testicule et épididyme de l'homme; a, lobes du testicule ; b, rete tesiis ; c,c, vaisseaux efférents ; d,d, coni vasculoii ; e, corps de l'épididyme ; f, vas aberrant Halleri ; g, canal déférent. (D'après Arnold).
inflexions voisines sont en contact, donnent naissance à une sorte de cordon d'environ 1 millimètre d'épaisseur. Ce cordon se replie lui-même, pour donner naissance à une bandelette plus épaisse. De nouvelles inflexions de ce cordon forment une nouvelle bande assez compliquée plus large qu'épaisse, car elle a 4 millimètres de largeur pour 2 millimètres seulement d'épaisseur.
Arrivée à ce degré de complexité la bandelette ainsi formée se replie de dedans en dehors et de dehors en dedans et donne
naissance à des flexuosités dirigées transversalement et qui constituent ce (ju'on désigne sous le nom de lobes de l'épididyme.
La longueur du conduit ainsi formé est bien plus considérable qu'on ne le supposerait à priori. En redressant complètement le tube de l'épididyme, et en faisant disparaître toutes les séries de flexuosités, M. Sappey a pu s'assurer qu'en moyenne il avaii une longueur de 5 à 6 mètres. Le diamètre moyen de ce canal est de 0""", 35. Lauth avait cru qu'il diminuait au niveau de la queue en se rapprochant du point oij il se continue avec le canal déférent. D'après M. Sappey on observerait plutôt le contraire.
Le vas aherrans de Haller est un conduit accessoire annexé tantôt à la partie terminale, tantôt à la partie moyenne, tantôt enfin à la partie initiale de l'épididyme.
Son existence n'est pas constante (1 fois sur 6 d'après M. Sappey). On en trouve quelquefois mais très rarement d et même 3. Il est le plus souvent flexueux et a la forme d'un des coni v(isculosi\ il peut être aussi représenté pai- un simple cordon couché sur l'un des bords de l'épididyme. Sa longueur moyenne, mais variable est de 2 centimètres et, déroulée, peut en atteindre 6 à 8.
L'épididyme est recouvert sur sa face supérieure, son bord externe, la partie moyenne de sa face inférieure par la tunique vaginale qui, à ce niveau peut être séparée de la membrane fibreuse sous-jaccnie et du tissu conjonctif condensé interposé entre les diverses inflexions du canal spermatique et les soude les unes aux autres. Au-dessous du feuillet séreux lâche el facile à isoler on trouve la partie réfléchie de la tunique fibreuse commune formée, dans la région correspondant à l'épididyme, de tissu conjonctif moins serré qu'au niveau du
testicule et mêlé de fibres élastiques. Enfin on a décrit entre cette membrane et la vaginale et dans le voisinage de l'épididyme une couche de fibres musculaires lisses qui, spécialement dans la région épididymaire, ont été suivies par Henle et Kolliker le long du canal déférent et forment une dépendance du muscle qui a été désigné par Henle sous le nom de cremaster i nterne.
Les vaisseaux de l'épididyme, moins nombreux que ceux du testicule, proviennent surtout de l'artère déférentielle et accessoirement de branches issues de l'artère testiculaire. D'après Milialkovics les artères situées dans le tissu interstitiliel fournissent de nombi eux rameaux qui se ramifient dans la paroi du canal et se terminent immédiatement au-dessous de l'épithélium en un réseau serré et revêtent une disposition qui rappellerait celle de réseau capillaire du follicule de Graaf. Les veines suivent le trajet des artérioles et vont se terminer dans les plexus spermatiques.
Les lymphatiques de l'épididyme sont moins développés que ceux du testicule bien qu'identiques à ces derniers comme siège dans le tissu conjonctif interstitiel et autour du canal et des vaisseaux sanguins. Ils s'anastomosent avec ceux qui proviennent du testicule, ainsi que l'ont démontré les recherches j de Tommasi et de Frey, et vont se terminer dans les troncs lympathiques qui suivent le trajet du cordon spermalique.
Il existe certainement des nerfs provenant du plexus spermatique puisque, depuis les recherches d'Obolensky on connaît la conséquence de leur section sur les tissus du testicule et de l'épididyme, mais leur mode de terminaison n'a pas encore été déterminé.
Structure. — Le conduit de l'épididyme proprement dit
présente quelques différeuces clans la structure des parties qui le constituent.
Ainsi dans les vaisseaux efférenls, le canal qui constiluepar ses replis le cône vasculaire est formé par une portion conjonctive extérieureet recouverte en dedans par un épitliélium. La tunique fibreuse est résistante et constituée par du tissu conjonctif vaguement fibrillaire, à corpuscules aplatis et à noyaux. Sur sa face interne et immédiatement au dessous de l'épithélium se trouve une membrane propre. D'après Frey, au fur et à mesure que les canaux augmentent de diamètre, cette paroi externe est renforcée par une couche circulaire de fibres lisses. L'épithélium de cette portion des conduits épididymaires est formé d'une couche simple de cellules cylindriques hautes de *12 à 23 [jl avec des granulations brunâtres dans leur intérieur. Elles sont recouvertes de cils vibratiles de 6 à 9 [Jt. de longueur. Ces cellules et les cils qui les recouvrent augmentent de longueur au fur et à mesure que l'on se rapproche du canal del'épididyme et les cils notamment avaient dans les cas où ils ont été mesurés, W ^ de longueur (Becker).
Dans le canal de l'épididyme proprement dit, la couche fibreuse se présente avec les mêmes caractères que dans les cônes vasculaires, mais le revêtement musculaire devient plus compliqué. On trouve trois couches musculaires : l'une moyenne, circulaire et la plus considérable, et seule admise par Henle ; les deux autres^ interne et externe, sont longitudinales. I^'exlérieure est la plus épaisse et va en augmentant d'importance à mesure que l'on se rapproche du canal déférent.
Le revêtement épithélial de l'épididyme proprement dit présente les caractères suivants, qui ont été déterminés trèsexactement par Becker et RôUiker.
Depuis l'origine du canal épicJidyinaire jusqu'au milieu de sa longueur, l'épithélium est formé de cellules cylindriques délicates très longues, de 45 à 50 (x, avec des granulations foncées. Leur noyau est situé au-dessous du milieu de la cellule. Leurs cils sont très-longs, de 22 à 23 [x et souvent accolés entre eux en pinceaux. Au-dessous de cette couche de longues cellules épithéliales, il en existe une seconde formée de petites cellules arrondies. Au niveau de la queue de Tépididyme, l'épilliélium se modifie ; on retrouve bien de ces longues cellules, mais à côté d'elles on en trouve de plus petites sans cils vibratiles.
Nous avons à rapprocher des détails que nous venons de donner sur la structure du tube épididymaire celle du tube séminifère. Ce dernier est constitué par une membrane fibreuse extérieure sur la nature de laquelle des opinions assez diverses ont été émises. Mais Lavaletle Saint-George a pu s'assurer que chez l'enfant on trouve en dedans une membrane anhyste, et autour de celle-ci une membrane adventice riche en noyaux, tandis que chez l'adulte, ou ne trouve qu'ui e seule membrane présentant les caractères déjà décrits par Henle. Eu effet, d'aprè£ cet anatomiste, cette membrane est marquée de stries longitudinales sur une coupe longitudinale, et de stries transversales sur une coupe transversale. On voit des noyaux entre les stries, soit longitudinales, soit concentriques.
Four Mihalkuwicz (1873j, cette paioi est composée de plusieuis couches de cellules superposées et réiinii^s entre elles sous forme de membrane. I.a couche la plus interne est continue et représente la menibrane limitante des autres auteurs, tandis que les couches extérieures présentent l'aspect de réseaux.
Celte couche se modifie au fur et à mesure que l'on se rapproche du réseau vasculaire. A ce niveau les /«W/ perdent leur paroi propre. Leur couche conjonctive est formée par du tissu fibreux et dérive du corps d'Highmore. Le revêtement interne de la partie fibreuse du tube séminifère est formé par des cellules polygonales de 0°"°,01 1 à O^^jOIA.
Fig. 12. — Coupe transversale de la partie centrale du testicule du chien ; o, canalicules sémimifères; h, tubes droits; c, rele teslis du corps d'Highmore .D'après (Balbiani)
Celles de la périphérie recouvrent la membrane propre et rappellent la disposition des épitheliimis. En effet, d'après Sertoli et I.avalette-Saint-Georgos, ces cellules ont des prolongements multiples et sont étroitement reliées les unes aux autres. Il en résulte une sorte de reticidum cellulaire; et de plus elles ont une disposition radiée. Nous n'avons pas à nous occuper des. autres cellules qui remplissent les espaces laissés vides par celles dont nous venons de parler. Elles rentrent dans l'étude de la spermatogenèse.
Si on compare ces dispositions à celles que nous avons fait connaître relativement aux diverses parties du canal épidi-
dvmaire, nous voyons qu'à partir des vaisseaux droits et du rete testis le conduit perd ses caractères de conduit sécréteur pour devenir canal excréteur. Nous avons déjà vu en effet que le rele testis et les vaisseaux droits proviennent directement des canalicules derépididyme qui se sont enfoncés dans les testicules,
ORGANE DE GIRALDÈS
Après l'étude de l'épididyme, doit se placer celle d'un organe découvert et parfaitement étudié par Giraldès* sous le nom de corps innominé, mais auquel il convient de laisser le nom à'organe de Giraldès qui lui a été donné par Kôlliker. Cet organe, qui a été un pei] oublié dans nos traités classiques d'anatomie descriptive, est décrit et figuré dans l'Histologie de Kôlliker, et dans l'Anatomie de Henle(2* vol., p. 364) où il est appelé parculidyme . En raison de la place importante qu'il doit occuper dans une étude sur le corps de Wolff, nous retracerons avec détail son histoire anatomique, d'après le travail même de Giraldès.
Giraldès désigne sous le nom de corps innominé*un organe rudimentaire, de forme tubuleuse, affectant des dispositions diverses, persistant jusqu'à l'âge adulte, et placé dans le cordon spermatique, près de la tête de l'épididyme.
On le trouve constamment à une distance qui varie de 1 à
1. GiBALDÈs. — Sur le corp» innominé. Bulletin de la soc. anat. de Paris, 1857, p. 789.
2. GiRALDKS. — Recherche» anatomiques sur le corps innoniiiu'. Jotirn. d'anat. etPhysiol. de Brown-Sdquard, 1861, t. IV, 4 planches).
3 millimètres de la tête de l'épididyine, logé dans le tissu cellulaire qui unit la tunique vaginale au cordon.
Ce corps se présente à l'œil nu sous des apparences très variées, celles « de masses blanchâtres comme granuleuses, de points miliaires au nombre de trois ou quatre, de traits linéaires, etc. »
Un peu plus volumineux chez l'adulte et le vieillard,, cet organe, dans le premier âge, mesure en longueur 1 à 2 millimètres sur 1 à 3 millimètres de largeur; lorsqu'il a l'aspect linéaire, il peut mesurer 3 millimètres de longueur sur 1/2 millimètre de largeur.
Cet organe n'avait pas été décrit avant Giraldès, et c'est sur ses indications que Kôlliker, Sharpey Henle ont pu vérifier son existence.
Pour se faire une idée exacte de la disposition du corps innominé, il est nécessaire de faire macérer le cordon, après avoir ouvert la vaginale, dans un liquide légèrement acidifié par l'acide tartrique pour les jeunes sujets, par l'acide nitrique ou chlorhydrique pour les adultes.
Ces solutions ont l'avantage de donner, au bout d'un temps variable, au tissu cellulaire ambiant, une transparence qui permet d'apprécier d'autant mieux les détails de la configuration du corps de Giraldès que cet organe est rendu opaque par ces mêmes solutions. Si on examine cet organe au microcope, à un faible grossissement, on >oit déjà qu'il est constitué par des tubes enroulés au milieu desquels on rencontre de petites vésicules. A un plus fort grossissement, l'oigane isolé étalé sur une lame de verre et éclairci par l'acide acétique, se présente comme formé « par des tubes continus ou séparés offrant quelquefois une longueur de plusieurs millimètres enroulés sur eux-mêmes, pelotonnée, formant des spires ou des
nœuds offrant quelquefois sur leur trajet des prolongements, des espèces de bourgeons »; au milieu de ces tubes, on rencontre de petites vésicules de forme irrégulière constituant parfois à elles seules tout l'organe.
Ces lubes, qui ont 0""",1 de diamètre en général, ont un calibre irrégulier, ils sont comme variqueux par points. Oe leurs parois se détachent des prolongements peu étendus qui se terminent par des extrémités renflées. Ces varicosilés, ces caecums renflés à leur extrémité et à collet rétréci, nous rendent compte de la manière dont se forment les vésicules; celles-ci, d'abord à l'état de caev-ums, peuvent se détacher complètement des lubes, s'isoler et arriver dans certains cas à constituer l'organe tout entier. I.a paroi des tubes et des vésicules vus à un grossissement de 300 diamètres, est formée de tissu conjonclif; à l'intérieur, existe une couche de cellules épilhéliales. Si l'on déchire l'enveloppe, il s'écoule un liquide a légèrement visqueux, tenant en suspension des globules huileux, une grande quantité d'épithéliums et de granulations très brillantes. »
Dans le principe, le corps innominé est donc formé par des tubes, et c'est plus tard, et par le mécanisme que nous avons décrit, que les vésicules s'individualisent et viennent contribuer à la formation de l'organe.
Chez le fœtus, à cinq mois, cet organe n'a que 1 millimètre de long, il est placé dans le repli du péritoine qui renferme les veines spermatiques.
Giraldès a parfaitement déterminé la signification anatomique de ce petit organe. Sa forme tubulaire, sa position chez le fœtus, ses rapports avec le cordon le portent à croire qu'il est l'analogue du corps de RosenmuUer qui affecte avee l'ovaire des connexions du même ordre.
« Si l'on a égard, en outre, aux rapports du corps de Wolff avec le leslicule, si l'on tient compte de son mode de disposition, on est porté à penser que le corps innominé est constitué par les restes du corps de Wolff et qu à cet égard il représente chez l'homme l'analogue du corps de Rosenmuller chez la femme. » Celle détermination a été acceptée par tous les embryologisles.
Comme déduction pathologique Giraldès rapporte certains kystes du cordon à la dilatation anormale par des liquides, des tubes ou des vésicules constituant le corps innominé.
Il a suivi la formation de ces tumeurs depuis la simple dilatation tubuleuse, la formation des vésicules miliaires, jusqu'à la production d'un véritable kyste. Et ce fait nous montre de quelle importance peut élrela connaissance de l'organe en apparence le plus insignifiant, pour l'interprétation de certaines formations pathologiques.
HYDATIDES
Il existe au niveau de l'extrémité supérieure du testicule deux appendices (hydatides) dont l'un est sessile et l'autre pédiculé. — L'hydatide pédiculée presque constante est une vésicule arrondie grosse comme une lentille, remplie d'un liquide transparent, et rattachée à la face antérieure de la téle de l'épididyme par un pédicule plein. Elle représente un reste du canal de Wolff. — L'hydatide non pédiculée est une saillie en massue, aplatie, tantôt simple, tantôt bis ou trilobée, comme on peut le voir sous l'eau; elle est située à la face in-
férieure de la tête de l'épididyme ou dans le sillon qui le sépare du testicule, ou à la face antérieure du testicule. Elle porte à tort le nom d'hydatide, vu qu'on n'y trouve aucune trace de disposition kystique. Elle est souvent traversée par un canal et représente chez l'homme, pour Waldeyer, l'extrémité infundibuliforme de la trompe. Elle serait donc le reste de la partie supérieure du canal de Mùller.
Mais d'autres opinions ont été aussi émises sur cet organe. Les voici brièvement résumées : C. Krause et Huschke leconsidèrent comme un lobule adipeux accessoire représentant une villosité de la séreuse. La Valette Saint Georges, Luschka Becker et Rolh, le regardent comme un misseau aberrant de r epididyme , c'est-à-dire comme provenant du corps de WolfT. Fleisch et W. Krause en font un ovaire mâle rudimentaire. Pour Waldeyer enfin, à l'opinion duquel se rallient L. Lôwe' et plusieurs autres, il serait l'homologue de la Trompe. C'est aussi l'opinion de Kobelt 847) qui la faisait provenir de l'extrémité supérieure du canal de Mûller.
Sur l'embryon du lapin on peut constater en effet, d'après Lowe, que l'hydatide de Morgagni présente une ouverture abdominale mullilobée, tout à fait comparable au pavillon d'une trompe en miniature ; et Waldeyer a constaté maintes fois le même fait chez des enfants nouveau-nés, en examinant l'organe sous l'eau. Un autre argument invoqué par Waldever est la présence sur cet orifice d'un épilhelium vibratile découvert par Fleisch. Kôlliker reste dans le doute et déclare qu'il n'a encore aucune preuve embryologique pour l'explication de ces hydatides.
1. L. LowK. — Uf;l)cr d. $og. Morgagnisclie otl. ungcstielte Hydatifle, in Arch. f. mikrosc. Anat., 1878. (On y trouvera la bibliographie coini)l«!to fin
Viault. 7