CANAL DÉFÉRENT
Le canal déférent s'étend de la queue del'épididyme au col de la vésicule séminale correspondante. Son trajet est compliqué et les rapports qu'il contracte avec divers organes le sont également. Sa longueur est variable avec la taille du sujet. — Son diamètre est en général de 3 millimétrés. Il augmente de volume à mesure qu'il se rapproche de la vésicule séminale de telle sorte que son calibre à ce niveau est quelquefois double et même triple de celui qu'il avait dans la partie moyenne de ce trajet. A ce niveau, ou constate aussi l'existence de nombreux replis qui donnent à cette partie terminale du canal déférent un aspect aréolaire tout particulier.
Il existe des canaux déférents chez tous les uiammilères. chez les oiseaux, les reptiles; chez tous ces animaux ils présentent une structure musculaire bien caractérisée.
Le canal déférent se modifie un peu à sa partie terminale chez certains mammifères. On y observe un renflement remarquable très manifeste chez le cheval, l'éléphant, le bélier et quelques rongeurs. Chez le cheval cette partie du canal déférent a la forme d'un gros cylindre; le tube qui occupe l'axe n'est guère plus large qu'à sa continuation sur l'épididyme et que dans les régions plus élevées, mais les parois sont très épaisses, et cet épaississement serait dû, d'après Leydig, au développement d'organes sécréteurs dans celte partie du canal déférent. Chez l'éléphant, au lieu d'un cylindre, on trouve une ampoule très considérable soudée sur le plan médian et présentant une structure glandulaire ana-
logue. Chez le s rongeurs, on trouverait un anneau de glaiidnles. Cette disposition existe chez le chien par exemple, mais rudimentaire et disparaît en général chez les carnassiers.
Klein conteste cette disposition glandulaire chez tous les animaux et fait remarquer, avec juste raison, que l'opinion de Leydig qui les admet ne s'applique qu'aux mammifères, tandis que les oiseaux et les sauriens seraient totalement dépourvus de cette formation. Klein considère cette disposition comme le résultat de l'enlrecroiseinent à ce niveau des replis de la muqueuse donnrinl à toute la face interne une apparence aréolaire cloisonnée et cette opinion nous paraît la plus exacte.
D'autre part, dans certains animaux, les deux canaux déférents, au lieu de se rapprocher simplement, se soudent entre eux à la partie terminale de façon à ne former qu'un cylindre unif|ueet médian, bien que leurs cavités restent distinctes et mê ne il arrive que chez quelques-uns ils se confondent complètement et communiquent avec le canal génitourinaire par un orifice commun et médian.
I.e canal déférent se compose en allant de dehors en dedans d'une tunique fibreuse extérieure, très mince, d'une couche moyenne musculaire épaisse et d'une muqueuse située tout à fait en dedans et appliquée sur la face interne de la rausculeuse.
La face interne de la muqueuse est recouverte par un épiihélium qui présente les caractères suivants. Dans les premières parties du canal déférent chez l'adulte, cet épithélium est cylii) Irique et vibratile. Les cellules ont une largeur de 30 IL en moyenne, elles sont cylindri(jues, avec un noyau ovoide. Quelquefois on trouve interposés entre les cellules cyhi.dri(|ues des épithéliums fusiformes (Klein). Les cils qui
recouvrent les cellules coniques sont courts et très délicats. Lorsqu'on s'éloigne de l'épididyine, l'épithélium cesse d'être constamment cilié. D'après Klein, ce serait à quatre centimètres de cet organe que l'on constaterait cette disposition, mais l'épithélium continue à présenter les mêmes caractères avec cette différence que beaucoup de cellules sont bordées en dedans par une lamelle basale striée longitudinaiement. Chez l'enfant nouveau -né le revêtement épithélial se modifie suivant les régions. Dans la partie initiale du canal déférent, l'épithélium est disposé par couches. La superficielle est formée de cellules coniques .courtes, et au-dessous sont une ou deux couches de cellules polyédriques ou arrondies. Dans la portion inlra-abdominale les cellules épithéliales sont allongées coniques ou cylindriques. Il arrive quelquefois cependant que des cellules fusilormes se mêlent à celte couche et apparaissent à l'extérieur. Cet épithélium augmente d'épaisseur lorsqu'on arrive au nivau des ampoules que nous avons signalées dans la portion terminale du canal déférent.
Le chorion muqueux forme deux ou trois replis longitudinaux plus nombreux et plus marqués dans la région ampullaire. A ce niveau ils sont réunis les uns aux autres par d'autres replis tranversaux, ce qui donne naissance à des fosses ou pépressions (|ui ont été considérées par quelques observateurs comme des organes glandulaires. Dans la texture du chorion, il entre du tissu connectif et des fibres élastiques. Le tissu conjonctif est formé de faisceaux qui s'entre croisent, mais qui, vers la région extérieure, tendent à suivre une direction parallèle à celle du canal déférent. Les fibres élastiques forment un réseau relié en dehors avec la couche musculaire, de même que les faisceaux conjonctifs. Enfin Tépaisseur de la muqueuse est inverse de celle de la couche musculaire.
l>a tunique musculaire est composée de deux couches, l'une circulaire, l'autre longitudinale, sauf au niveau de la portion initiale du canal déférent ou l'on en trouve trois comme dans le canal de l'épididyme.
L'épaisseur de la couche annulaire diminue graduellement à mesure que l'on se rapproche de l'ampoule, au niveau de laquelle elle reprend son épaisseur primitive. La couche externe des fibres longitudinales d'abord épaisse de 5 millimètres, s'amincit graduellement. Chez l'enfant nouveau-né les couches musculaires sont moins développées que chez l'adulte. Au niveau des points de contact de ces diverses couches, on les voit s'intriquer les unes avec les autres. Cette disposition est surtout très marquée dans le voisinage de l'ampoule, où l'on voit de nombreux faisceaux de la couche externe longitudinale, pénétrer obliquement dans la couche des fibres circulaires pour s'y terminer. Il existe en outre une couche (le fibres longitudinales externes en contact avec la tunique adventice; elle est formée de faisceaux de fibres plus ou moins volumineux, groupés en demi-cercle autour du canal déférent.
La tunique adventice est constituée par du tissu conjonctif assez lâche. Elle renferme dans sa moitié antérieure le créniaster interne de Henle que nous avons précédemment décrit.
C'est dans la tuniqueadvenlice c|ue sontles rameaux nerveux qui constituent un plexus à mailles serrées. Les fibres (|ui le constituent soni nr.yélini(jues. Ces filets nerveux j)roviennenl ries nerfs spermatifjues et du grand symphatique. De ce plexus partent des filets nerveux qui pénètrent dans les couches musculaires et muqueuses. On trouve le lonj; du plexus dans la partie supérieure du canal déférent, de petites
cellules nerveuses formant des ganglicjn^ microscopiques. Celte disposition est peu développée au niveau de l'ampoule terminale. Les ganglions nerveux renfermeni un slroma conjonctif. Les cellules sont petites, multipolaires et sont pourvues d'une capsule nucléée,
liCS artérioles proviennent de la déférentielle branche de la vésicale inférieure. Elles forment dans la membrane adventice un réseau d'où partent les capillaires pour les couches plus profondes.
Les lymphatiques existent dans toute la longueur du canal ; mais c'est surtout à son extrémité terminale qu'ils sont très développés et ils deviennent très abondants sur les vésicules séminales.