‹ Le corps de WolffChapitre 27 sur 42 · VÉSICULES SÉMINALES · texte numérisé non relu

VÉSICULES SÉMINALES

Les vésicules séminales ou réservoirs du sperme sont au nombre de deux ; elles sont placées entre la vessie et le rectum en dehors des canaux déférents et en arrière de la prostale. Elles ont une forme conoide ou piriforme aplatie, à base arrondie; leur longueur est en moyenne de 5 centimètres, leur largeur de 1 5 à 18 millimètres et leur épaisseur de 8 à 1 0 millimètres. Le sommet adhère à la base de la prostate et s'unit au canal déférent pour former le canal éjaculateur. Il présente deux orifices, l'un supérieur et interne par lequel le canal déférent se termine dans la vésicule, l'autre inférieur qui correspond à l'origine du conduit éjaculateur. Lorsqu'on examine les vésicules séminales par leur face interne, on voit qu'à chaque bosselure extérieure correspond une dépression ou plutôt une sorte de caecum. En effet il existe une série de

replis Irès saillanls qui sillonnent cette paroi dans tous les sens et lui donnent une apparence alvéolaire et réticulée très reniarquable. Si on déplisse la vésicule on voit qu'elle est constituée par un canal replié sur lui-même et qui, bien que déroulé, présente 6 à 8 cœcums latéraux disposés.

Ces cœcums, très courts en général, peuvent avoir quelquefois 2 à 4 centimètres de longueur.

Tous les mammifères n'ont pas de vésicules séminales. Ceux (jui eu sont pourvus se rapprochent de l'espèce humaine. Ainsi chez les quadrumanes la disposition de ces vésicules est à peu près la même que chez l'homme ; seulement elles sont plus ramifiées et plus volumineuses.

Chez les soUpèdes, elles ont la forme de grands sacs ovoïdes à parois minces; de plus, leur canal excréteur s'accole au canal déférent et ne s'anastomose avec lui que près de son ouverture dans T'iièthre. Cette disposition et la nature du contenu de ces cavités peut faire douter dans ce cas particulier de la réalité de la fonction du réservoir spermatique qui leur est attribuée. Chez l'éléphant, la poche volumineuse qui représente la vésicule séminale s'ouvre dans l'urèthre en même temps que le canal déférent. C'est une disposition analogue à celle des solipèdes mais poussée à son degré extrême et amenant l'indépendance complète de la vésicule et du canal déférent. C'est ce fait qui a porté plusieurs anatomistes à considérer celte poche, eu égard à la structure qu'elle présente, comme une dépendance de la prostate. D'autres mammifères présentent aussi des dispositions identiques. Ainsi chez le Castor, par exemple, où les vésicules ont atteint un volume très considérable, on voit que chacune consiste en un pa(|uet de gros tubes à plusieurs branches contournés sur eux-mêmes et dont les circonvolutions sont réunies et accolées les unes

aux autres par du tissu conjonctif. Dans cet animal, le canal éjaculatenr qui réunit le canal déférent et l'orifice terminal de cette poche est court.

Enfin parmi les autres mammifères, les carnivores, les ruminants, les marsupiaux et les monotrèmes ne présentent rien qui paraisse représenter, même d'une façon rudimentaire, des vésicules séminales.

Les vésicules séminales sont revêtues par une enveloppe générale commune aux deux vésicules, et connue sous le nom d'aponévrose prostato-péritonéale de Denonvilliers. Celte enveloppe commune n'est pas aponévrotique et fibreuse comme l'avait supposé Denonvilliers. Elle est formée par des faisceaux de fibres musculaires lisses à direction transversale entre les vésicules et à direction moins régulière et plus variée au niveau de ces poches membraneuses. M. Rouget considère cetie disposition anatomi(|ue des fibres niusculaires de la prétendue aponévrose prostato-péritonéale comme analogue à celle des couches musculaires superficielles de l'utérus. En effet, ainsi que le fait remarquer M. Sappey, on trouve que le revêtemeiil musculaire offre avec la vessie et le rectum les mêmes connexions que les fibres musculaires superficielles de l'utérus avec les mêmes parties anatomiques.

Les vésicules séminales diverticules du canal de Wolff sont contenues en effet primitivement dans le même cordon génital que l'utérus dilatation du canal de Mùller et les fibres musculaires qui naissent dans ce cordon peuvent avoir dans les deux cas une disposition analogue puisqu'elles ont une origine commune.

La structure de la vésicule séminale rappelle, avec de très légères modifications, celle de la partie terminale du canal déférent. /Vussi nementiqnnerons-nousque les deux points suivants :

La muqueuse esl hérissée de crêtes membraneuses de différente hauteur et de directions variées. Ce sont les rephs muqueux qui par leur entrecroisement donnent naissance aux dépressions lacunaires et réticulés dont nous avons déjà parlé et qu'Henle avait pris à tort pour des glandes. L'épithélium est formé de cellules coniques ou cylindriques avec une sorte de plateau très net et strié rpii, cliez les nouveau-nés. peut donner l'apparence de cils vibratiles très fins et très courts.

CANA.UX ÉJACULATEURS

Ces canaux sont placés à la fois sur le prolongement du canal déférent et de la vésicule séminale correspondante qui se réunissent à angle très aigu, et il est difficile de dire s'ils proviennent plus de l'un que de l'autre.

Ils s'étendent du col delà vésicule séminale à la muqueuse urélhrale en traversant obliquement en avant et en bas la partie postérieure de la prostate excavée à leur niveau. Ils se terminent dans la partie prostatique de l'urèlhre, de chaque côté de l'extrémité antérieure du i>eru montanum au-dessous de l'embouchure de l'utricule prostatique, exceptionnellement I dans cet utricule. \ leur embouchure, la muqueuse forme une ! sorte de valvule qui s'oppose au reflux des liquides de l'uirèthre dans leur intérieur. Leur largeur esl de 25 à 28 milli- I mètres. Leur forme est celle d'un cône très allongé à base ) postérieure.

Un tissu spécial élastique, dont l'existence a été signalée par 'MM, Kobin et Cadial, réunit les conduits éjaculateurs a l'utri- • çule prostatique et en forme un même système anatomique.

C'est ce même tissu élaslique qui vient faire saillie dans l'urèlhre et former le veru montanum. Il est grisâtre, compacte, d'apparence homogène, et sans canaux ni acini prostatiques. Il est formé pour moitié pardes fibres élasliquesanaslomosées, pour l'autre moitié, de tissu cellulaire dense el de vaisseaux sanguins.

Les parois propres des canaux éjaculateurs ne font qu'un avec ce tissu spécial. On dirait qu'elle manquent, à ce niveau et elles paraissent comme creusées directement dans son épaisseur et tapissées par une muqueuse. Il résulte de cette disposition que le retrait de ce tissu spécial étrangle presque les conduits éjaculateurs, surtout dans leur partie antérieure.

La face interne des canaux éjaculateurs est lisse chez les enfants; chez les adultes elle est aréolaire, d'où un aspect pseudo-glandulaire.

Les conduits éjaculateurs sont creusés, avons-nous dit, dans le système élastique décrit par MM. Robin et Cadiat. Mais dans les points où ils ne touchent pas l'utricule, on y reconnaît l'existence de fibres circulaires qui sont propres à chacun d'eux et qui se torchent sur la ligne médiane. Au contraire, lorsqu'ils sont séparés par l'utricule prostatique, ils se confondent, pour tout ce qui est en dehors de la muqueuse, avec le système élastique fibreux. Les parois des conduits éjaculateurs ne prennent jamais les caractères de véritable tissu érectile, ainsi qu'avaient voulu l'admettre CruveilheretMarcSée, tissu qui d'après eux remplaçait la tunique musculeuse.

Plus en arrière, on constate l'existence de libres-cellules longitudinales extérieures à chacun des éjaculateurs Cette couche augmente d'épaisseur d'avant en arrière à mesure (|ue le tissu élastique s'amincit.

L'épithélium de la muqueuse est cylindrique, non vibratile,

et ne forme qu'une seule couche ; mais à mesur*^ que l'on se rapproche de l'utricule prostatique, il se compose de plusieurs couches; l'une, superficielle, est formée de petites cellules cylindriques, et au-dessous, de petites cellules presque polyédriques ou cubiques tbrment la couche profonde. A l'embouchure du conduit, l'épithélium est plus compliqué et ressemble à celui de l'utricule.

Klein admet l'existence de fibres musculaires autour des conduits éjaculateurs, tout au moins dans la partie qui est en arrière de l'utricule prostatique. D'après lui, il existe à ce niveau une couche de fibres lisses circulaires, extérieure, à la muqueuse et d'une épaisseur de 60 (x. Celte couche se continuerait plus en avant dans une couche musculaire dont cet auteur admet l'existence dans les parois de l'utricule prostatique.

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