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rarement en effet des embryons humains assez jeunes pour qu'il soit possible d'assister à la première apparition de ces organes qui doit commencer vers le quinzième jour environ. Or, des embryons de cet âge sont si rares qu'on les a jusqu'ici précieusement conservés et (|u'aucun d'eux n'a été soumis à l'étude microscopique faite sur des coupes minces qui nécessiteraient, cela va de soi, la destruction de l'embryon. Aussi, est-ce à notre ressemblance organique avec les anin<au\ qu'il faut demander la solution de ces questions si difiiciles. Les embryologistes font donc aujourd'hui ce que faisiient Galien et les anciens anatomistes qui, ne pouvant disséqi er l'homme, demandaient à l'étude de l'organisation des iinges et des autres mammifères les connaissances anatomiques dont ils avaient besoin, et c'est le lapin et le poulet qui nous ont fourni toutes les notions que nous possédons sur les premières phases du développement des organes. C'est donc le cas de répéter avec Buffon la parole qui sert d'épigraphe à ce chapitre que « sans les animaux la nature de l'homme serait encore plus incompréhensible et encore plus inconnue. »
Le corps de Wolff, lorsqu'il est complètement développé, comprend deux portions bien distinctes^, l'une d'apparence glandulaire qui constitue la plus grande masse de l'organe et que l'on peut désigner sous le nom de glande, de portion glandulaire, mais f|u'on appelle plus souvent le corps de //^o///" proprement dit (^sensu stricliori) , l'autre qui a la forme d'un canal longitudinal dans lequel s'abouchent tous les tubes glandulaires du corps de Wolff. De ces deux parties, c'est la seconde, c'est-à-dire le c«/?<7/ du corps de JVolffou plus brièvement le canal de fVolff, qui se développe toutd'ahord. C'est là; d'ailleurs, un phénomène général pour Ions les organes glandulaires : le canal excréDeur précède la glande.
C'est le cas, pour prendre des exemples dans la même région, pour le canal de Millier qui se développe avant l'ovaire, pour l'uretère qui apparaît avant le rein. Nous décrirons donc successivement A le développement du canal de Wolff, B le développement de la portion glandulaire du corps de Wolff.
A. Développement du canal de W olff.
L'origine du canal de Wolff a été étudiée par de nombreux embryologistes mais les conclusions de leurs recherches sont souvent loin de concorder.
D'après Remak et Kôiliker (l'* Edition de F Embryologie^ ce conduit naîtrait du mésoderme de la somatopleure. Il paraîtrait vers le milieu du deuxième jour sur le bord externe des prévertèbres immédiatement au-dessous del'ectoderme, sousla forme d'un cordon plein qui plus tard deviendra creux.
PourDursy (Ze«7jc/^. f. rationnelle. Medicin 1 865), le cordon cellulaire naîtrait de la substance même des prévertèbres et non du mésoderme de la somatopleure.
His et Hensen' ont fait provenir le canal de Wolff d'une invagination longitudinale de l'ectoderme entre les prévertèbres et le mésoderme latéral, sous la forme d'un sillon qui plus tard se referme et se sépare de l'ectoderme d'une façon tout à fait analogue à celle dont se forme le cristallin.
Dans une seconde manière de voir, His a accepté la provenance aux dépens de la prévertèbre dont les cellules centrales, d'après lui, viendraient faire saillie à l'angle supérieur et externe. Hensen est resté fidèle à sa première opinion dont il aurait constaté la vérité chez le lapin.