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Viaalt.
Waldeyer deson côté, dans son important mémoire Eiersfock and Ei publié en 1870, a donné de la formation du canal de Wolff une description particulière. Pour lui, entre le bord externe des préverlèbres et le point oii le mésoderme se divise en somatopleure et splanclinopleure, on voit une agglomération de cellules qu'on peut, avec Foster et Balfour appeler masse cellulaire intermédiaire. La face supérieure de cette masse se soulève en une saillie longitudinale étroite, qui affecte, sur les coupes, l'apparence d'un prolongement linguiforme s'élevant dans l'espace libre qui se trouve en ce point au-dessous de l'ectoderme. Plus tard, cet appendice linguiforme s'incline au deliors et se recourbe en crochet ; la pointe de ce crochet s'unit ensuite à un prolongement analogue, mais plus petit, provenant des portions les plus externes de la même masse de cellules. La petite cavité ainsi formée par l'union de deux appendices l'un plus grand, l'autre plus petit est évidemment la coupe d'un conduit formé lui-même de l'union de deux arêtes l'une grande, l'autre petite. Ce canal est le conduit de Wolff.
Pour Waldeyer, les cellules des parois du conduit sont primitivement d'origine ectodermique et elles ont été séparées de l'ectoderme lors de la fusion apparente de ce feuillet et du feuillet moyen dans la région de la ligne primitive. Mais cette dernière opinion ne paraît pas souteuable, la ligne primitive n'ayant rien à faire avec le corps même de l'embryon,
Sclienk ' fait naître le canal de Wolff dans la partie antérieure de l'embryon au niveau des premières protoverlèbres, d'où 1 se dirige vers l'extrémité caudale. A l'union des protover-
1. ScHENK. — Lelirbucli der Vergleicli. Embryologie der Wirbelthiere Wien, 187^1.
tèbres et du feuillet musculo-cutané, on voit d'abord sur les coupes une petite masse cellulaire arrondie composée de trois à cinq cellules. Bientôt on voit cette masse s'isoler, et présenter un canal qui est constitué par le groupement des cellules en forme d'anneau.
En 1874, Romili [Arcli. f. Mikrosc. Anat. X) a décrit le canal de Wolff comme formé, de même que le canal de MùUer, par une invagination de l'épitliéliurn de la cavité pleuro-péritonéale un peu au-dessous du cœur. Cette mvagination formerait un sillon longitudinal creusé dans les parties supérieures de la masse cellulaire intermédiaire et dont la communication avec la cavité pleuro péritonéale est rapidement oblitéré. C'est ainsi, en ejfet, que le canal de WoKf se forme cliez les amphibies et les téléostéens, comme l'ont montré Goette etRosemberg; mais les coupes et les figures de Romili ne prouvent pas qu'il en soit ainsi chez le poulet, ces coupes appartenant à une époque beaucoup plus avancée de l'évolution que celle où le conduit de Wolff apparaît distinctement pour la première fois. D'après Kôlliker l'involution de l'épithélium péritonéal observée par Romiïi chez le poulet, se rapporte à la formation de ce que nous étudierons plus hiin sous le nom « d'entonnoirs ».
Dans leur été me n Is (T embryologie Poster et Balfour ont décrit ainsi qu'il suit la formation de ce canal qu'il font provenir du mésoderme :
Sur un embryon du deuxième jour, les coupes faites dans la région des proto-vertèbres montrent un groupe de cellules qui s'élève de chaque côté de la partie non divisée (en deux fenillelsj du mésodenne, en dehors des proto-vertèbres, et qui fait saillie dans l'espace à peu près triangulaire compris entre le feuillet moyen en haut, l'angle supérieur et ex-
terne des prévertèbres en dedans, et le mésoderme en dehors.
Ce groupe de cellules est la coupe d'une saillie longitudinale, rudiment du canal de Wolff.
Celte saillie longitudinale, à la fin du deuxième jour, s'est creusée d'un canal par écartemenl des cellules. Les coupes y montrent non plus un groupe irrégulier de cellules ordinaires du mésoderme, mais une petite cavité entourée d'une paroi dont les cellules prennent une forme de plus en plus cylindrique et ont une disposition rayonnée autour de la cavité centrale. Le canal ainsi formé a une extrémité antérieure close et une postérieure, qui n'est pas encore aussi complètement fermée. Il s'étend à peu près de la cinquième prévertèbre jusque vers l'extrémité postérieure de l'embryon, c'est-à-dire dans la plus grande partie de la longueur de l'embryon.
Kowalesky*, préparant ses embryons par un procédé spécial et compliqué, n'aurait trouvé le canal que vers la quarantehuitième heure. D'après ses observations, la cavité pleuropéritonéale se prolonge d'abord à travers le feuillet moyen dans la proto -vertèbre. Le canal se forme par une invagination dirigée en haut de la lame supérieure (musculo-cutanée tapissée par l'épithélium pleuro-péritonéal) du feuillet moyen. Cette invagination devient tubulaire et s'allonge très rapide ment d'avant en arrière et s'isole complètement à son extrémité.
Pour Kôlliker*, le canal de WollT se développe au niveau de la quatrième et de la cinquième proto-vertèbre et s'allonge
1. KowiLESKY. — Die Bildung der Urogenitalanlage (des Wolffsclien Ganges beim Hiihnerembryonen. Warschau, 1875.
2. KoLLiKEH. — Entwickelungsgeschiclue des Menschen, etc., 2 Auflage, 1876, p. 939, et traduction française, 1873, 3* fascicule.
d'avant en arrière. Il est formé d'abord par une petite masse cellulaire provenant des lames latérales (somalo-pleure), masse (jui n'est pas encore creuse au début. Ce mode de développement est celui qu'on observe chez les oiseaux et les mammifères. Chez le poulet, le canal apparaît dans la deuxième moitié du second jour; chez le lapin, à la fin du huitième jour.
Enfin, le dernier auteur qui s'est occupé de ce sujet, Casser^, dont les recherches, faites sur le poulet et l'oie, viennent d'être acceptées par Balfour et Sedgwick, décrit de la façon suivante la formation du canal de Wolff.
Gasser reconnaît, dans le premier développement du canal de Wolff, chez l'embryon du poulet, trois phases successives : chez l'embryon de huit proto-vertèbres, il a vu les premiers linéaments du canal de Wolff apparaître sous forme d'un épaississement des lames moyennes du mésoderme, des deux côtés de la ligne médiane, à la hauteur de l'intervalle qui sépare la cinquième proto- vertèbre de la huitième. Sur un embryon de quatorze proto-vertèbres, le canal de Wolff est constitué de chaque côté de la ligne médiane par un cordon plein et indépendant situé entre l'ectoderroe et le mésoderrae au niveau qui s'étend de la cinquième vertèbre à la quatorzième. Ce cordon, au niveau de la cinquième à la huitième proto- vertèbre, se sépare peu à peu du mésoderme de haut en bas, s'élargit vers l'extrémité caudale et dépasse en bas la série des proto-vertèbres. Enfin, chez l'embryon de plus de quatorze proto-vertèbres, le cordon se creuse ea haut et en bas, s'allonge jusque vers l'extrémité caudale en une pointe
3. Gamer. — Entstehung des Wolffschen Ganges bei Embiyonen von Hûhnem und Gàn»en, Arch. f. mikrosc. Anat. XIV, Bd,, 1877, p. kkb.
pleine, et s'adosse à la cavité pleiiro-péritonéale à partir de son extrémité supérieure, enveloppé par le mésoderme.
L'allongement du canal de Wolff, ducôlé de son extrémité supérieure, n'est pas sensible.
Le développement du canal chez l'embryon de Foie est essentiellement le même que chez le poulet.
On n'arrive pas, dit Casser, à établir une participation immédiate pour la formation de la lumière du canal de Wolff, en faveur des fentes qui, delà cavité pleuro-péritonéale, conduisent à travers le feuillet moyen vers le centre des protovertèbres, contrairement aux opinions de Dursy et de His.
Le canal de Wolff, à mesure f|ue le développement avance, subit d'iiiiportantes modifications. Au troisième jour, par suite de la marche des replis de la somato-pleure et surtout de ceux de la splanchno-pleure, aussi bien que des changements qui ont lieu dans les prévertèbres, le canal de Wolff émigré de dessous l'ectoderme vers le centre de la masse cellulaire intermédiaire, et, un j)eu plus tard, vers la cavité pleuro-péritonéale dans laquelle il vient faire saillie.
En même temps aussi la masse cellulaire intermédiaire s'accroit et s'avance de plus en plus dans la cavité pleuropéritonéale, sous la forme d'une saillie arrondie, dont la face supérieure regarde la somato-pleure et dont la face inférieure se dirige vers la splanchno-pleure. Le canal de Wolff, dans son déplacement, vient se mettre immédiatement au-dessus de cette saillie, près de la face qui regarde la somato-pleure; et c'est dans l'épaisseur de la masse cellulaire intermédiaire ainsi devenue saillante que se formeront les tubes du corps de Wolff.
Vers l'extrémité postérieure de l'embryon, la masse cellulaire intermédiaire va en diminuant de plus eu plus et, par
suite, le canal de Wolff se rapproche de la splanchno-pleure : dans la réi>ion où se trouve l'intestin postérieur, ce conduit \ient se placer sur la paroi même de l'intestin. Le quatrième jour, les deux canaux de Wolff rencontrent deux prolongements ou cornes que forment, à ce moment, les parois latérales du cloaque récemment formé, et chacun d'eux s'ouvre dans le prolongement cloacal qui lui correspond de chaque cote.
.. 1. — Coufje transversale d'un embryon de cochon d'Inde de 1<=. Pc, parois du corps; pj>, cavilé pleuropérilonéale ; m, méscnlère ; a, aorte ; vc, veine cardinale cw, canal de WoUl L', corps de Wolff recouvert inférieuremenl par l'épilliélium germinalif tY(, renfernianl les ovules primordiaux. fD'apres Balbiani.)
Les conduits des reins permanents et le canal de Mûller ouvrent également dans ces deux cornes du cloaque. Chez les mammifères (lapin), la formation du canal de Wolff a été étudiée par Hensen', dont nous avons rappelé plus haut l'opinion tout à fait particulière; parKgliS dans un