LES FACULTÉS DE LAME
de se comparer entre elles, de passer par le jugement.
Sachons encore que ce jugement sera faussé si le cerveau n'est nourri que de mauvais exemples, si les éducateurs sont indignes ou maladroits, s'ils se refusent à comprendre que l'esprit d'un bambin n'est guère qu'une machine à imiter.
La liberté humaine, ou, si vous préférez, le pouvoir de bien faire est une chose qui se conquiert, qui s'obtient, qui s'améliore et se perfectionne.
Ne craignez pas, en adoptant cette façon de voir, d'épouser une doctrine touchant à l'hérésie. Tout récemment, un professeur fort distingué de l'Institut catholique de Paris, M. l'abbé Piat, reconnaissait, en termes excellents, qu'il faut rajeunir et élargir un peu la vieille conception du libre
arbitre. Je cite ses propres paroles : « La question n'est pas de devenir maître de soi, par un simple fiât, par un simple : « Je veux »... Cette théorie est vraiment trop enfantine et trop fictive pour qu'on se donne la peine de la réfuter. Il s'agit seulement, la liberté une fois donnée à l'état d'ébauche, d'obtenir par une discipline soutenue qu'elle pénètre peu à peu le mécanisme psychologique. »
Voilà qui est d'une haute sagesse. Voilà qui nous permet de faire sentir aux parents toute la lourde resj)onsabilité qu'est, pour eux, l'éducation de leurs enfants. Voilà qui me permet de crier à cet homme : « L'alcool que lu bois, l'excès de bonne chère que tu fais, telle contagion que tu risques en faisant la fête, seront payés un jour par le cerveau de ton enfant! Kt vous, parents qui vous (|uerellez devant vos petits, qui leur laissez voir vos colères, votre paresse, votre inconduile ou votre lAcheté à vivre, sachez que ces