LES FACLLTKS UE L'ÀME
dans la vie par des réflexes trop peu difl'érés, après avoir péché par excès d'impulsion et manque de Aolonlé d'arrêt, en viendra peutêtre un jour — à force de savoir et de réfléchir, de comparer ses imag-es mentales, de les jug»r et d'en faire des idées générales
— à l'excès contraire, au dilettantisme, à l'impuissance à se déterminer, au manque de cette volonté qui fait agir. C'est un travers dont les générations dernières nous ont donné bien des exemples.
Voilà deux maladies de l'àme — impulsions trop vives avec manque de frein, et excès de réflexion avec paralysie de l'action
— qui sont bien du domaine de cette médecine de l'esprit dont nous essayons de formuler les premiers principes. Nous verrons tout ce que l'instruction habilement dosée, l'éducation rationnelle, une bonne hygiène cérébrale, l'entraînement, enfin, et la souveraine habitude, peuvent pour améliorer une volonté médiocre.
Et, maintenant, demandons-nous si nous devons donner comme fondement à notre morale, comme base à notre éducation, l'idée de libre arbitre — en d'autres termes, si nous devons considérer nos petits comme toujours libres de faire choix entre la bonne et la mauvaise voie, quels que soient leur tempérament originel et le milieu où ils auront grandi.
Je n'entamerai point ici la discussion, interminable et stérile, du déterminisme et de la liberté humaine. Rien que pour essayer de comprendre à quel moment de l'enfance l'âme, primitivement innocente de ses actes, commence à devenir responsable devant Dieu et devant les hommes, il faudrait bien l'équivalent d'un livre comme celui-ci.
Ne quittons point le terrain de la pure pra tique où nous avons choisi do nous tenir.
LES FACULTES DE L'aME 133
Or, voici ce qu'on y peut dire :
Pour la commodité de leur éducation, laissons croire aux enfants que rien ne les empêche de toujours pouvoir discerner le bien du mal, et de choisir le droit chemin.
Mais, nous, leurs parents, si nous ne voulons pas nous endormir sur le mol oreiller de la routine, sachons nous rendre compte de tout ce qui peut inÛuer sur le fonctionnement de ces jeunes cerveaux et notamment sur leur faculté de vouloir.
Au lieu d'accabler aveuglément de punitions et de reproches un malheureux petit apprenti de la vie, qui ne prend pas toujours le bon chemin, essayons de comprendre la genèse de son mauvais caractère, la raison d'être de tel fâcheux instinct. Grondons-le, certes, pour meubler ses cellules cérébrales d'images capables de lutter contre ses impulsions naturelles, et pour qu'il sache que l'on ne gagne rien à se montrer méchant. Mais cependant, descendons au profond de son
âme, pour rechercher la cause, atteindre la source du mal, et essayer de la tarir.
Votre fils naît avec des tendances à la colère. N'est-ce pas plutôt votre faute ou celle de vos ascendants que la sienne? C'est là une notion de justice première qu'on ouhlie trop souvent. Sous prétexte de libre arbitre, combien de parents ne voyons-nous pas brutaliser de malheureux petits, dont ils ne semblent pas se douter qu'ils sont les auteurs responsables?
Que de troubles de caractère qui ne sont dus qu'à une maladie cérébrale héritée ou acquise, à une de ces névroses de l'enfance que nous commençons à connaître, à un empoisonnement des centres nerveux, ;i une paralysie des fibres d'association, à une irritation des méninges, qui rendcMit impulsif, (jiii einpôrlient les sensations de s'attarder,