NERVEUSE
ÉTATS D'AME correspondants
Paroxysme iiomicide.
Grande fureur, besoin de détruire les objets inanimés.
Colère.
tlnervementjlarmes, gestes et cris sans but, uniquement utilisés à dépenser l'excès de force accumulée dans le cerveau.
Gaieté bruyante.
Courage, vaillance, ardeur au travail.
Joie franche, plaisir à vivre.
État moyen .
Zone d'indilTérence.
Douceur.
Timidité.
Humilité.
Paresse, fatigue.
Tristesse.
Crainte.
Terreur.
Syncope, perle de connaissance.
donnez avec mélhode de bons toniques, de sages stimulants de l'activilé nulrilive, et
VOUS les verrez dépasser la zone d'indifférence pour se fixer à ce cran de la force, du courage, de l'espérance, qui est celui où l'homme éprouve ce qu'il appelle le bonheur.
Quant à ceux qui font preuve, habituellement, d'excitation, d'énervement et de méchanceté, sachons encore que nous pouvons relâcher leurs énergies surtendues par la douche tiède prolongée, un rég-imc apaisant, le bromure et les valérianes, et par le bon travail où se canalise l'excès de force.
Mettre un cerveau d'enfant au cran de la sagesse, et patiemment le contraindre à prendre l'habitude d'y demeurer, voilà ce que les médecins modernes savent faire, et c'est cela qu'ils mettent au service des parents et des éducateurs. Ce n'est pas tout, mais c'est bien quelque chose.
Encore une fois, nous ne prétendons pas à remplacer les méthodes delà pédagogie classique et les ressources de la morale rcli-
gieuse. Bien loin de nous substituer à elles, nous voulons seulement leur tendre la main et leur porter secours. Notre science ne conduit pas fatalement à l'école sans Dieu. Elle répugne aux procédés de domestication trop étroite du cerveau de nos fils, mais elle n'imagine point que la pensée des potaches de nos lycées soit l'égale de la pensée d'un Taine, d'un Renan, d'un Claude Bernard, d'un Berthelot, et qu'elle trouve en soi de quoi légitimement s'affranchir de toute croyance.
Le seul conseil que nous ayons le droit de donner aux parents c'est celui de faire choix d'une école peu routinière, où chaque petite intelligence soit cultivée individuellement, mise en valeur dans le sens même qui lui convient, où l'on s'occupe en même temps de meubler les cellules de l'écorce grise de notions utiles, de fortifier l'estomac, les poumons et les -muscles, et de donner une direction morale; où l'on enseigne le culte de
l'initiative personnelle, le dédain du métier de fonctionnaire et des professions parasites; oii la noble idée de Patrie domine toutes choses, à condition qu'on la détache un peu de l'idée de canons, de sabres et de boucheries, et que la prospérité de la communauté se fonde sur le libre labeur et le bien-être des individus.
Un mot encore :
Ce petit livre, j'en ai le vif espoir, rendra service et saura faire quelque bien. Ecrit, non seulement avec une ferme conviction médicale et philosophique, mais aussi avec un peu de cette émotion et de cette tendresse que reconnaît quiconque a des enfants, il persuadera peut-être, je sais qu'il a déjà persuadé. De très nombreuses lettres m'ont fait voir que ceux de ces chapitres qu'a publiés le Figaro ont trouvé bien des cœurs de
pères et de mamans tout préparés à les entendre.
Mais il est un très grand public auquel ni le livre ni le journal ne parviennent directement. Je veux dire les pauvres, ceux-là précisément qui ont si grand besoin d'hygiène physique et de médecine morale, ceux de qui les petits n'ont avec les petits des riches aucune égalité, pas même l'égalité devant le microbe ou le vice. Chargé déjà d'une plus lourde hérédité parce qu'il est plus fréquemment fils d'un malade, d'un alcoolique ou d'un mauvais sujet, l'enfant miséreux se trouve cent fois plus exposé que le jeune bourgeois aux fièvres éruptives, à la tuberculose, à la contagion du mal moral. Dieu sait pourtant s'il serait urgent de lui faire du bien, et non pas seulement par charité chrétienne, mais encore par intérêt social bien entendu.
Aussi, mon rêve déjà vieux — je l'exprimais dans mes deux derniers livres — est-il
de créer à Paris, pour les déshérités de lout, l'analogue de ce que sœur Candide et le D''Léon Petit ont fait pour les enfants tuberculeux : un dispensaire d'enfants nerveux. Simple maison de briques et de bois, comprenant seulement une salle d'attente, une salle de consultations, une salle d'hydrothérapie avec piscine d'eau courante, un cabinet pour le traitement électrique, et un guichet de pharmacie, par où quelque dame de charité ou quelque religieuse en cornette donnerait gratuitement les rares médicaments prescrits. Que de bien on y pourrait fairt' . 0 mes lecteurs, si quelqu'un d'entre vous pense que j'ai raison, que ce livre n'est pas un vain bavardage, mais l'expression de vérités chaque jour alfermies, si celui-là est riche, peu ou mal occupé, embarrassé de sa fortune, s'il croit bon d'attacher son nom à une œuvre tout à fait neuve et lout ;i fait utile, si son cœur déborde de reconnaissance pour un enfant guéri, et surtout, ohl surtout,
s'il pleure un pauvre petit être terrassé par une abominable maladie des nerfs ou de l'esprit, qu'il mette sa fortune, sa gratitude ou sa douleur au service des petits pauvres, afin qu'ils soient guéris aussi, ou préservés!
Introduction.