‹ Le corps et l'âme de l'enfantChapitre 6 sur 45 · CHAPITRE Vlï Le cci'icau de nos enfants · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlï Le cci'icau de nos enfants

Sommaire. — La médecine et rédiication morale. — Le système nerveux de l'homme; les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs. — Le cerveau; idée sommaire des localisations cérébrales. — Relations sensitives et motrices de l'écorce céréiiralc avec le monde extérieur.

Nous venons d'acquérir quelques notions claires sur la façon dont nos petits doivent se vêtir, s'alimenter, s'ébattre et prendre du repos, pour que leur croissance se fasse librement et pleinement, pour que leur développement physique s'accomplisse d'une manière à la fois intense et harmonieuse. L'hygiène mieux entendue nous promet un bon nombre de filles et de gars robustes»

LE CORPS ET LAME DE l'eNFAXT. «

sains et beaux. Tâchons de faire un pas de plus.

Envisageons maintenanl la question, moins aisée, de savoir si la science médicale moderne, grâce à l'intelligence de plus en plus profonde des conditions de la vie, et aux ressources thérapeutiques de plus en plus ingénieuses dont elle dispose, peut vraiment quelque chose pour aider à l'amélioration de l'état d'espril, du moral.

Oui ou non, le médecin — dont vous m'accordez bien que les avis peuvent rendre de signalés services en matière d'éducation physique et d'élevage humain, j)our employer l'expression chère à Herbert Spencer — ^ peut-il intervenir utilement dans l'éducation intellectuelle et dans l'éducation morale?

A une question de ce genre, encore mal étudiée et toute neuve, en dépit des plus antiques rabâchages sur la meus smid in co)'" pore sano, vous seule/ bien (jue nous ne répondrons ni par de longues dissertations)

ni par de simples affirmations. Je vous montrerai des exemples, je vous raconterai des faits, je vous dirai ce que mon métier me met à même d'observer sans cesse.

Mais il nous faut, auparavant, prendre contact avec certaines notions indispensables à l'intelligence de ce qui doit venir après.

Lecteurs qui m'avez suivi jusqu'ici, laissezmoi, si je peux dire, vous prendre par la main, pour vous conduire à la découverte de cette chose merveilleuse, point culminant des trois règnes de la nature, chef-d'œuvre de la création, qu'est le cerveau de voire enfant.

Ne craignez point de moi d'âpres leçons d'anatomie. Aidés de quelques figures extrêmement simplifiées, vous allez apprendre à connaître ce prodigieux et, au demeurant, fort simple mécanisme, par uii votre tils voit, entend, écrit, parle, se souvient,

dOO LE CORPS ET L'ÀME DE L'EXFANT

et commence à comprendre, à penser, à juger, à vouloir, à agir.

Les progrès magniliques que vienl de faire, en moins de trente années, la science des fonctions du cerveau, me permettent de vous donner en peu de mots des connaissances fermes, positives, qu'il est facile de mettre à la portée des esprits les moins entraînés à ce genre d'études, des femmes qui ne sont rien que mères de famille.

Une seule recommandation préalable.

Sachez que les notions qui suivent sont admises d'un commun accord et enseignées par les savants de tous pays et de toutes croyances, spirilualistes ou athées, professeurs des Facultés catholiques ou des Universités de l'Etat. Je }>rie donc qu'on ne me traite point d'héréliijue ni de grossier matérialiste si, pour éviter mille périphrases, on me voit désigner des mêmes termes l'âme et l'organe de notre corps où elle s'incarne. Chacun, hioii enlcndii, demeure toujours

libre de faire planer le beau vol de la Psyché immortelle au-dessus de l'appareil humain qui lui sert d'intermédiaire indispensable avec le monde extérieur, appareil humain qui est seul du domaine de la physiologie et de la médecine. Donc, une fois pour toutes, point de théologie ni de philosophie ; rien d'autre que de Tanatomie élémentaire et de l'hygiène toute pratique.

A ce point de vue purement humain, s'il me fallait donner une définition de la vie, je dirais que c'est la réponse par un mouvement, par un acte, aux excitations du monde extérieur.

Or, le système nerveux de l'homme est précisément l'appareil qui a charge de transformer nos sensations en actes.

Dès l'école primaire, on enseigne aujourd'hui qu'il se compose essentiellement :

1" De surfaces sensibles, dont la lâche est de recueillir dos vibrations au contact du monde ambiant : surface de. la peau, pour les sensations de contact, de température, de poids, etc.; surface de la rétine, pour les sensations do forme et de couleur; papilles à la langue pour les sensations du goût; organes récepteurs spéciaux, pour l'odorat et pour l'ouïe.

2" De filaments nerveux, véritables fils télégraphiques, allant du dehors au dedans, pour porter au cerveau ces impressions extérieures. Ce sont les nerfs que l'on dit sensilifs.

3° De centres nerveux, dont le principal est le cerveau, sur la constitution duquel nous allons revenir.

4° De nerfs moteurs, centrifuges, qui transmettent aux muscles les ordres du cerveau.

5" De muscles, c'est-à-dire d'organes avani la propriété de se ronlraclor, de se raccourcir monicnlanoniont, et, |tar conséiiuenl , de

déterminer des mouvements de la partie du corps où ils s'attachent. Ce sont des contractions musculaires qui font se froncer nos sourcils, rire notre bouche, gesticuler nos bras, marcher nos jambes, parler notre larynx, écrire notre main.

Avant d'aller plus loin, regardez avec moi notre figure 1 .

Elle montre la topographie, la géographie d'une moitié du cerveau. (On sait que nous avons un hémisphère cérébral droit et un hémisphère cérébral gauche, dont chacun préside au fonctionnement d'une moitié du corps.) Ce que vous voyez représenté c'est ce que l'on appelle les localisations cérébrales sur l'hémisphère gauche.

Ce mot « localisations » ne veut point dire que les diverses facultés de l'àme y ont chacune une place assignée, mais simplement

que telle zone — toujours la même pour tous les cerveaux d'homme — préside à telle sorte de sensations, ou commande à telle variété de mouvements.

Pour plus de clarté, un exemple.

S'il arrive que la zone V est déchirée par une hémorragie cérébrale, par une apoplexie, vous deviendrez et resterez aveugle; si la lésion destructive porte sur toute la partie supérieure du milieu de cet hémisphère, il y aura paralysie des mouvements de la jambe et du bras, et le malade sera hémiplégique.

Pourquoi cela? Parce que le point V est le lieu du cerveau oii vient aboutir le nerf optique; c'est là qu'il apporte et dépose, pour ainsi dire, les vibrations cueillies par la rétine au contact du monde extérieur, c'està-dire toutes les notions de couleur et de forme : c'est donc en ce lieu seulement que peut se faire la perception visuelle. Au point G aboutissent, de même, tous les nerfs sensilifs (jiii, sans cesse, nous renseignent sur

l'état des muscles, des ligaments, de la peau du g-enou, sur tout ce que subit de vibrations extérieures celte portion de notre être;

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