TACT ET TOUCHER. — ORGANE DU TACT
sensibilité générale des sensations tactiles proprement dites; ainsi, nous nous heurtons le coude, et une vive douleur se fait sentir sur le trajet du nerf cubital, mais l'impression produite à la peau est parfaitement distincte de cette douleur profonde, quand elle n'est pas mas(|uée par elle. Il en est de même des sensations résultant d'un choc à riiypochondre droit et causant une douleur dans le foie. Tous ceux de nos tissus qui reçoivent des nerfs sensibles peuvent devenir le siège des impressions qui se rapportent à la sensibilité générale, et qui, pour la plupart, sont douloureuses; celles du tact ne peuvent se produire que dans certains tissus doués spécialement de ce sens. La sensibilité générale et la sensibilité tactile sont donc indépendantes. De plus, elles ne se développent pas en raison directe l'une de l'autre ; ainsi la face palmaire des doigts, douée d'un tact fort délicat, est peu sensible à un choc qui serait trèsdouloureux à la joue, où le tact est moins développé.
Organe du tact. Le tact a pour siège la peau, dans toute son étendue, et quelques membranes muqueuses. C'est par les papilles nerveuses contenant des corpuscules du tact que l'impression est perçue; aussi la sensibilité tactile d'une région est-elle proportionnée au nombre des papilles nerveuses existant sur ce point.
Par le tact nous percevons simultanément trois impressions distinctes : celle du contact d'un corps extérieur, celle de la pression qu'il exerce sur la peau et celle de sa température relative.
La sensation de contact n'est pas également nette et précise dans les diverses régions du corps, et nous ve-
nons d'en donner In raison. Si Ton applique simultanément les deux pointes d'un compas sur la peau, il faudra les écarter plus ou moins, suivant la région mise en expérience, pour que leur contact donne lieu à une sensation unique ou à deux sensations distinctes, et l'on peut arriver ainsi à mesurer la délicatesse du tact sur tel ou tel point du tégument. Il est évident, en effet, que moins le tact sera subtil, plus on devra écarter les pointes du compas pour produire une sensation double. , De nombreuses expériences ont permis à E. Weber de classer les régions d'après leur sensibilité dans l'ordre suivant : la pointe de la langue donne une sensation double avec un écartement d'environ l"''",lo; la face palmaire de la phalange unguéale des doigts, 2'""\26; la surface rouge des lèvres et la pulpe de la deuxième phalange, 4"''", 5; le bout du nez et la face palmaire de la main près des doigts, 6'""\ 76 ; le dos et les bords de la langue, à environ 5 centimètres de la pointe, et la peau des lèvres, 9 millimètres; la [)aumc de la main, la joue et les paupières, 1 r""\28 ; le palais, IS'^^'iSS; la pommette et la plante du pied, près du gros orteil, 15"'"', 79; le dos de la main près des doigts, 18 millimètres; les gencives, 20"'"", 50 ; la partie inférieure du front, 22'""*, 6 ; la partie inférieure de l'occiput, 27"'"',7 ; le dos de la main, 31"'"', ! ; le col, au-dessous de la mâchoire, 33"'"', 9; l'épaule, l'avant-bras et le genou, 40""", 6; la poitrine au-devant du sternum, ^^mm 12 . reins, la partie supérieure du dos et du cou, sur la ligne du rachis, 54"'"\20 ; la région moyenne du dos, du cou, du bras et de la cuisse, 66"'"V18.
Gratiolet a reconnu, par des expériences souvent répétées, que les distances appréciées par la pulpe des