CHAPITRE XYI
La voix et la parole. — Organe de la voix; larynx, cavité du larynx, glottes, cordes vocales; le larynx suivant les â'ies et l^s sexes. — i liysiologie du larynx; mécanisme de la voix; opinions dequpl|îies auteurs sur la formation de la v ix ; Galien, Fabrit e d'Acquapenderile, Dodart, Ferrein, Biot, Muller, Savart, Slasson, Longet. — Théories iondTes sur l'observation à l'aide du laryngoscope. — Formation des sons de sifflet. — Voix; voix parlée, mécanisme des sons articulés, voyelles consonnes, timbre des voyelles, la langue comme organe de la pi oiio ciation. — Chant; voix de poitrine, voix de fausset, voix niixle : théories diverses sur la formation de la voix de fausset : î^lûller, M. Second, Longet, M. Fournié, Bataille, M. Mandl. — Timbres de la voix : timbre sombre, timbre clair. — Diapason des voix : basse, baryton, lénur, contralto, mezzo-soprano, soprano. — Ventriloquie.
Le larynx^ organe de la voix, est une sorte de tuyau cartilagineux, composé de pièces mobiles et articulées entre elles, parfaitement symétrique, évasé et prismatique à sa partie supérieure, qui s'ouvre dans le pharynx, cylindrique à sa partie inférieure, qui se continue avec la trachée-artère. Il est placé à la région antcrieuï c du cou sur la ligne médiane et au-dessous de l'os hyoï le auquel l'unissent des muscles et des ligaments; aus i le larynx suit-il le mouvement de l'os hyoïde et de la langue, s'élevant ou s'abaissant comme elle. Ses mouvements sont en rapport avec la déglutition, avec l'acuité ou la gravité des sons émis et avec la respiration,
suivant qu'elle est cliaphraiJîmatiqueou costo-supérieure. (Voy. Respiration, page 126.)
Cinq cartilages forment le squelelte du larynx, ce sont :
Fig. 45. — Le larynx (coupe sur la ligne médiane).
A Épiglotte en avant de laquelle On voit la coupe de l'os hyoïde et la base de la langue.
B Cartilage thyroïde.
C Cartilage aryténoïde.
D Cartilage cricoïde, partie postérieure.
E Cartilage cricoïde, partie antérieure.
F Coi de vocale du côté droit.
G Ventricule du larynx.
H Anneaux de la trachée-artère, l Trachée-artére.
l"" Le cartilage cricoide {cricos, anneau), situé à labase de l'organe et qui se rattache en bas au premier anneau de la trachée- artère.
2^ Le cartilage thyroïde (thyréoSj bouclier), composé
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de deux lames quadrilatères, réunies en avant et sur la ligne médiane. Ce cartilage protège, comme son nom l'indique, ror<2ane de la voix. Un ligament rattache, en avant, son bord inférieur au car tilage cricoïde avec lequel il s'articule en arrière : sa face antérieure présente, en haut, une saillie anguleuse, échancrée, moins prononcée chez la femme que chez Thomme, où elle fait au-devant du cou cette saillie connue sous le nom de ' po7nme cfAdam. Le bord supérieur s'unit par une membrane et des ligaments à l'os hyoïde.
Les deux cartilages aryténoides {arytaina, entonnoir); ils constituent la paroi postérieure et supérieure du larynx, forment par leur rapprochement en arrière comme un bec d'aiguière, d'où leur est venu leur nom, s'articulent avec le cartilage cricoïde et s'unissent au cartilage thyroïde par des muscles et des ligaments.
4° Vépigiotte {épi, ajouté à, glotta^ la langue); c'est une sorte de soupape cartilagineuse, très-élastique, mobile, située un peu au-dessous de la base de langue, tenant au bord supérieur du cartilage thyroïde et ayant pour fonction de couvrir exactement l'ouverture supérieure du larynx pendant la déglutition, de manière à empêcher l'introduction des ahments dans les voies aériennes. Lorsque la langue est fortement portée en avant et que l'on déprime sa base, on peut voir chez quelques personnes le sommet de Tépiglotte.
Des muscles nombreux rattachent le larynx au sternum, à l'os hyoïde et, par ce dernier, à l'omoplate, à la langue et à la mâchoire inférieure; ces muscles dits extrinsèques le font mouvoir dans son ensemble. D'autres, que l'on nomme muscles intrinsèques du larynx, concourent à former ses parois, modifient ses diamètres
an agissant sur les cartilages et concourent aux fonctions de la glotte. Enfin, des ligaments unissent les cartilages arytéiioïdes à répiglotte ou au cariilage thyroïde; ces derniers, ligaments thyro-aryténoidiem , forment, avec les muscles du même nom et la muqueuse, les cordes vocales, dont nous allons parler.
La cavité du larynx ou, si l'on veut, sa surface intérieure, n'est pas en rapport avec sa forme et ses dimensions extérieures : cylindrique en bns, elle est prismatique et triangulaire en haut; sa partie inférieure a des dimensions fixes ; la supérieure, au contraire, est variable dans sa forme par la mobilité de Tépiglotte, des cartilages arytétioïdes, etc. Vers le milieu de sa hauteur, la cavilé laryngienne présente de chaque côté un repli formé par les muscles thyro-aryténoïdiens, les ligaments inférieurs du même nom et la muqueuse; ce sont comme deux rubans d'un blanc rosé, liorizonlalement dirigés d'avant en arrière, attachés par leurs extrémités et leur bord externe à la paroi du larynx, libres à leur surf.ice et à leur bord interne; ils laissent entre eux une ouverture linéaire, elliptique ou triangulaire, suivant le moment où on l'observe et suivant qu'on la découvre tout entière ou seulement dans ses deux tiers antérieurs. Cette ouverture donne passage h l'air qui pénètre dans la poiîrine ou qui en sort; elle est désignée sous le nom de glotte; les replis qui la circonscrivent ont été nommés cordes vocales et,' plus récemment, rubans vocaux. A 8 ou 10 millimètres plus haut, on remarque deux autres replis analogues aux premiers, mais moins saillants; ils sont formés par les ligaments thyro-aryténoïdiens supérieurs et désignés sous ce nom ou sous celui de cordes vocales supérieures (voy. fig. 45,