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MUE DE LA VOIX

YOlX PAULÉE.

plus élevée chez la femme : elle varie suivant les âges €t se développe en proportion du larynx, comme nous l'avons vu plus haut. Dans l'enfance elle est la même pour les deux sexes, mais pendant l'adolescence elle se modifie. On dit alors que la voix mue. Chez la jeune fille elle s'abaisse d'une ou deux noies dans le haut et devient plus forte. Chez le jeune homme le changement est beaucoup plus marqué. Vers quatorze ou quinze ans la voix perd de sa justesse, elle devient rauque et inégale, les notes hautes ne peuvent plus être émises, tandis que les sons graves apparaissent et que le timbre masculin s'établit. Un an suffit, en général, pour que l'évolution soit complète et que la voix de l'enfant ait fait place à la voix d'homme. L'exercice de la voix, clsez . les jeunes gens qui chantent, doit être fort modéré, sinon complètement suspendu, pendant la mue.

Voix parlée. La voix se distingue en voix parlée et voix de chant. La première diffère de l'autre à peu près €omme les bruits diffèrent des sons musicaux. Dans la parole, les sons, trop courts pour être facilement appréciables, ne sont pas séparés comme ceux du chant par des intervalles fixes et réguliers ; ils s'enchaînent, en général, par transitions insensibles, n'ont pas entre eux les rapports déterminés par la gamme et ne peuvent être notés que difficilement. Ce qui montre que le peu de durée des sons parlés les distingue surtout des sons chantés, c'est que, si l'on prolonge l'intonation sur une syllabe, si on la parle comme une note tenue, le son musical devient évident. De même, si l'on prononce toutes les syllabes d'une phrase sur le même ton, la voix parlée se rapproche beaucoup de la psalmodie.

Chacun a pu faire cette remarque en entendant un écolier lire ou réciter d'un ton monotone, et l'analogie devient complète quand les deux ou trois dernières syllabes sont prononcées sur un ton différent. La voix parlée est d'ailleurs toujours un chant plus ou moins marqué, suivant les individus et le sentiment qu'expriment les paroles. L'accentuation particulière à certaines langues donne aussi à la parole le caractère du chant; pour une oreille française, un prédicateur italien semble toujours chanter. C'est encore un cliant que ces inflexions de la voix qui expriment tous nos sentiments, toutes nos passions et varient comme la pensée; elles s'étendent, du faible murmure que Toreille distingue à peine, aux cris déchirants de la douleur; affectueuses, sympathiques, impérieuses, hosii'es, elles nous charment ou nous irritent, mais nous émeuvent toujours. On raconte que Grétry s'amusait à noter aussi exactement que possible le bonjour, monsieur des gens qui lui faisaient visite, et ces deux mots peuvent, en effet, exprimer par leur intonation les sentiments les plus opposés, malgré l'identité constante du sens littéral. Le comédien Baron émouvait jusiju'aux larmes son auditoire en récitant les vers de la chanson : Si le roi m avait donné Paris, sa grancrville.

Mécanisme des sons articulés. Les auteurs expliquent de différentes manières la prononciation des lettres, c'est à-dire le mécanisme des sons articulés. Grammairiens ou physiologistes, ils ont classé les lettres suivant les parties de l'appareil vocal qui concourent à leur prononciation et les ont distinguées en labiales, dentales, gutturales, etc. La divit^ion des signes de l'alpha-

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