‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 128 sur 265 · SONS DE SIFFLET · texte numérisé non relu

SONS DE SIFFLET

tion des sons dans la glotte se rattache celle de la faculté que I homme possède de produire les sons de sifflet. Cette fonction, beaucoup moins importante, sans doute et moins relevée, est néanmoins for t intéressante pour le physiologiste ; car elle se rapproche évidemment de la phonation dans son mécanisme.

Pour produire le son de sifflet, les lèvres forment une véritable glotte que Dodart a nommée glotte labiale ; l'ouverture qu'elles laissent entre elles varie de forme; presque ronde et à son maximum de largeur dans les sons graves, elle devient elliptique et se réduit à une fente étroite clans les sons aigus ; la langue règle l'intonation en se rapprochant plus ou moins des incisives inférieures qu'elle touche dans les sons aigus et dont elle s'écarte dans les sons graves; l'espace qui sépare les lèvres des dents incisives diminue ou s'augmente aussi dans les mêmes rapports de son; la langue pique les notes comme dans le jeu de la flûte; les sons graves peuvent être produits en aspirant l'air, de même qu'en soufflant; enfin l'impulsion donnée à l'air par le poumon est d'autant plus forte que le son doit être plus aigu ou plus intense.

Si l'on place entre les lèvres un disque de liège de 2 à 3 millimètres d'épaisseur, et percé d'une ouverture de 5 miUimètres, le son de sifflet se produit à travers cet orifice comme par celui des lèvres, et peut être modulé, (^agniard de la Tour, à qui l'on doit cette expérience, en conclut que le son n'a pas son origine dans les vibrations des lèvres, mais dans cel és de l'air qui subit entre leurs parois un frottement intermittent. Longet et Masson assimilent l'appareil du sifflet ordinaire, chez l'homme, à un appeau d'oiseleur et trou-

Teiit une grande analogie entre la glotte labiale et la glotte laryngienne.

M. Fournié repousse cette théorie; pour lui le son de sifflet est produit par un mécanisme analogue à celui du tuyau à bouche de l'orgue, Tair se brisant sur le biseau que représentent les dents de la mâchoire supérieure. Quelle que soit la doctrine à laquelle on s'arrête, il est certain que les lèvres, ou le disque pet cé qui les remplace, jouent un rôle important dans la formation des sons du sifOct ordinaire et dans leur modulation, car le sifflet, obtenu sans le secours des lèvres et par une disposition particulière de la langue, se borne à un son unique comme celui du luyau à bouche. C'est ce qu'on peut remarquer lorsque l'on siflle avec les dents, les lèvres étant écartées, ou lorsque, repliant la langue avec les doigts placés dans la bouche, on obtient des sons de sifflet intenses et très-aigus, niais qui ne peuvent être modulés.

Pour l'appareil siflleur, comme pour Torgane de la voix, dit Longet, la disposiiion fonctionneile et ses modifications, en rapport avec les sons qu'il émet, ont lieu par des mouvements soumis à la volonté (|Uoique, pour ainsi dire, instinctifs. Les changements dans rétendue des orifices et du tuyau buccal, dans la tension des parois de la bouche, l'impuLion de Tair, etc., sont réglés instantanément, de manière à donner tous les tons, et rien dans les instruments de musique n'égale la perfection de cet appareil.

Voix. La voix est un son produit dans le larynx par le passage, à travers la glotte, de l'air chassé par les poumons. Grave et forte chez l'homme, elle est douce et

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