PARTIE I. — DISTINCTION DES CORPS DE LA NATURE
nous arrêter ici, car il y a certains êtres chez lesquels ces dis tinctions ne se laissent pas facilement surprendre, et nous de vous en parler même succinctement. Dans réchelle de l'organisation, les derniers des animaux, en effet, paraissen identiques aux derniers des végétaux; et cette analogie dans les résultats a fait supposer qu'il y avait une certaine ressemblance dans les causes.
Les éponges et les coraux, implantés à la surface des ro chers sous-marins, ne peuvent pas plus changer de place que le végétal le mieux caractérisé.
Dans beaucoup de plantes il existe des mouvements partiels qui rappellent ceux des animaux. C'est ainsi que les folioles des sensitives, celles du sainfoin de Barbarie, les cils qui bordent les feuilles de la dionée attrape-mouches, les feuilles de presque toutes les légumineuses, exécutent des mouvements plus apparents que ceux des gorgones et des coraux. Mais ces mouvements ne sont pas dirigés par une action volontaire et une détermination spontanée, et diffèrent essentiellement des mouvements volontaires des animaux. 11 en est de même des mouvements de direction vers la lumière, des oscillations du sainfoin des bords du Gange, des anthères de la grenadille bleue, des étamines de Tépine-vinette ; des mouvements de rotation de la parnassie, du tournesol à grandes fleurs, de l'héliotrope suave du pays des Incas, des mouvements d'élasticité de l'aristoloche-siphon, etc., etc.
Les proportions de la taille offrent également de grandes différences chez les végétaux et chez les animaux ; un cèdre, un chêne et même iin Baobab n'ont pas une masse supérieure à celle de la Baleine, tandis qu'on voit des animaux microscopiques plusieurs milliers de fois plus petits que les plus petites plantes connues, telles que les moisissures et les byssus.
Les différences qui résultent de la forme donnent lieu à la même observation» Si Ton excepte les champignons, toutes les plantes ont un port commun, un air de famille qui les fait aisément reconnaître. On ne voit rien de pareil dans les animaux : leur structure étant beaucoup plus compliquée, elle offrait plus d'éléments de combinaisons différentes, et la na-
STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
lure s'est jouée avec beaucoup plus de liberté dans les dispositions multiples et variées de leur conformation.
Quant à l'élément dans lequel vivent les êtres organises, nous voyons les plantes attachées à la surface du sol, soit du sol sec, soit du sol couvert d'eau ; les plantes aquatiques sont même en petit nombre en comparaison des autres. 11 y a encore bien moins de plantes simplement nageant à la surface, et on en compte à peine une ou deux qui soient souterraines.
Les animaux sont beaucoup moins restreints dans leur domicile : ils couvrent la surface de la terre ; ils traversent les airs, ils peuplent les eaux; plusieurs s'enfoncent sous le sol, et partout ils portent la vie et le mouvement.
Il est encore d'autres considérations qui établissent des différences entre les végétaux et les animaux : le nombre des espèceSy par exemple.
Les espèces d'animaux sont beaucoup plus nombreuses que celles des plantes; il n'est presque pas de plante, en effet, qui n'ait quelque insecte particulier ; quelques-unesmême en ont un grand nombre. Beaucoup d'animaux se nourrissent de substances animales, et d'autres dévorent indistinctement toutes sortes de plantes ; quelques-unes rongent jusqu'aux pierres, les pholades, par exemple. Enfin la mer, qui n'a presque aucune plante, fourmille d'animaux de tout genre qui ne vivent qu'aux dépens les uns des autres.