PARTIE I. — DISTINCTION DES CORPS DE LA NATURE
tence rapproche plus intimement du sujet de cet ouvrage. Nous allons donc examiner rapidement la structure élémentaire des animaux, les organes qui en font partie et le jeu qui les anime et les fait vivre.
La base du corps animal est un tissu spongieux dans lequel toutes les autres parties sont mêlées ou épanchées : on le nomme tissu cellulaire, parce qu'il est composé d'une multitude innombrable de petites cellules qui communiquent si exactement les unes avec les autres, qu'en soufflant dans un endroit de ce tissu on peut enfler tout le corps.
Ce tissu a la propriété de se contracter autant que les forces qui le distendent peuvent le lui permettre, et c'est par cette propriété qu'il unit dans des rapports constants les diverses parties du corps de l'animal.
Quand les mailles de ce tissu sont rapprochées, il forme des parties plus solides; on leur donne le nom de membranes lorsqu'elles sont étendues en longueur et en largeur, et de fibres lorsqu'elles ne le sont qu'en longueur seulement. Une membrane roulée en un canal cylindrique ou conique se nomme vaisseau. Dans beaucoup d'animaux, presque toutes les parties du corps ne sont formées que de vaisseaux entrelacés.
Un second élément du corps animal est la fibre irritable^ charnue ou musculaire: sa forme est celle des filaments. La propriété de la fibre est de se raccourcir et de se mouvoir convulsivement, lorsqu'elle est touchée par quelque corps aigu ou par quelque liqueur âcre. Les muscles, qui sont les organes du mouvement volontaire, sont composés par ce tissu fibreux. La fibre entre aussi dans la constitution des membranes et des vaisseaux, dans lesquels elle produit diverses contractions nécessaires aux fonctions qu'ils doivent remplir.
Enfin le troisième et dernier élément solide est la substance médullaire. Elle ressemble à une bouillie homogène. Elle n'est ni contractile comme le tissu cellulaire, ni irritable comme la fibre musculaire; mais elle jouit de la propriété merveilleuse d'être le conducteur des sensations, et l'instrument par lequel le principe immatériel de la volonté réagit sur les organes des mouvements.
36 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
Ces trois éléments forment tout l'édifice solide du corps anî- ' mal. Le tissu cellulaire, rempli de matières salines, forme les os ; la fîbre, liée en faisceaux par le tissu cellulaire^, forme les muscles; des membranes enveloppent le corps et le divisent en cavités : l'intestin n'est qu'un grand vaisseau revêtu de fibres charnues ; des vaisseaux plus petits et de divers ordres y prennent le fluide nourricier, le pompent au moyen des contractions qui se produisent dans leur texture, et portent dans chaque point du corps des molécules convenables, soit pour nourrir ce point, soit pour former de nouveaux fluides qui doivent être conduits ailleurs. Les glandes ne sont que des amas de ces vaisseaux particulièrement destinés à la production de fluides nouveaux. Un faisceau médullaire, nommé cerveau et moelle épinière, envoie des filets de la même substance, nommés nerfs, qui animent toutes les autres parties.
C'est par l'action convenable et proportionnée de ces solides que sont maintenus en bon état les fluides, renfermés dans des cavités qu'ils forment, ou transmis au travers de leur substance.
Quand on pousse aussi loin que possible l'analyse des organes du corps des animaux, c'est-à-dire quand on les traite par les procédés de la chimie, on obtient pour derniers résultats les substances élémentaires suivantes : le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, le phosphore, le soufre, le fer, le manganèse, le calcium, le sodium, le chlore, etc., etc. : ce sont là autant ({'éléments inorganiques ou de principes constituants, indépendants du climat et du genre d'alimentation des individus dans l'organisation desquels on en démontre la présence.
La matière des organes n'a donc rien de particulier; on la retrouve dans les corps inorganiques, et c'est d'eux en effet qu'elle est venue. C'est beaucoup moins sa nature que son ^arrangement qui la distingue; elle pénètre sans cesse, tant que dure la vie, dans un centre qui se l'approprie et qui la rejette au bout de quelque temps ; sorte de mouvement de formation momentanée, pendant lequel la matière du corps animé change continuellement, tandis que la forme de celui-ci per-