PARTIE I. — DISTINCTION DES CORPS DE LA NATURE
siste. A la mort, elle tombe dans le repos ; mais l'arrangement de ses molécules, qui constitue V organisation, reste le même, et c'est cet arrangement, cette organisation en repos, que Tanatomie décrit, sous ses différents aspecls.
Les phénomènes par lesquels un animal révèle son existence ont pour cause l'action ou les actions d'une ou de plusieurs parties quelconques de son corps; ces différentes parties, que l'on peut regarder comme autant d'instruments^ portent le nom d'organes.
Lorsque plusieurs organes concourent à produire un phénomène, on désigne cette réunion d'instruments sous le nom d'appareil, et l'on appelle fonction l'action d'un de ces organes isolés ou de l'un de ces appareils.
Afin de mettre de la clarté dans la description des organes (il de l'ordre dans l'histoire de leurs fonctions^ les physiologistes ont divisé les phénomènes de la vie en différents groupes ; dans chacun de ces groupes sont enveloppées et comprises diverses actions qui sont en relations réciproques et qui tendent toutes vers un môme but.
Ainsi, l'on a réuni sous le nom de fonctions nutritives tous les actes qui coopèrent à la nutrition de l'animal :
Soit qu'ils servent à enlever aux productions de la terre des substances qui sont alimentaires :
Soit qu'ils modifient ces substances alimentaires, en les réduisant en un suc qui puisse se mêler aux organes ;
Soit, enfin, qu'ils servent à charrier le suc nutritif dans la structure de ces organes, pour qu'en se combinant avec cette structure, ce suc en répare les pertes et en favorise l'accroissement.
On a ensuite réuni sous le nom de fonctions de relation, tous les actes qui mettent l'animal en rapport avec les êtres de la nature. A l'aide de ces fonctions, Tanimal unit son existence avec celle de ses semblables, il s'en éloigne ou s'en rapproche suivant ses craintes ou ses besoins. 11 est pourvu, à cet effet, d'un nombre assez considérable d'organes que l'on nomme sentants, qui lui servent à établir entre lui et le monde extérieur des relations aussi nombreuses que faciles. Ces organes lui
88 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
servent à connaître ce qui existe hors de lui ; par eux. il est l'habitant du monde, et non pas, comme le végétal, l'habitant du coin de terre sur lequel il est né. 11 sent, il perçoit les corps qui l'environnent, se dirige d'après ces impressions et, quelquefois même, il peut manifester ses sensations^ et communiquer au monde extérieur ses désirs et ses craintes, ses plaisirs et ses peines, par des gestes, par la voix, par la parole.
L'étude à laquelle nous allons maintenant nous livrer nous montrera souvent la relation de ces diverses fonctions les unes avec les autres, se prêtant sans cesse un concours mutuel ; elles sont, en effet, dans un état continuel de croisement,-m circulum abewites, comme disait Hippocrate, et représentent un cercle dans lequel on ne peut indiquer ni le point où commence le travail^ ni celui où il s'achève.