DEUXIÈME PARTIE
FONCTIONS NUTRITIVES
DESCRIPTION DE i/aPPAREIL DIGESTIF ET DE SES ANNEXES.
Fonctions nutritives.
On ne rencontre que chez les Êtres organisés cette fonction qui leur donne la faculté de se nourrir^ c'est-à-dire de renouveler les matériaux dont leur corps se compose, en s'appropriant une partie des substances qui les environnent, et en rendant au monde extérieur des parties de leur propre substance. Lorsque ce mouvement intérieur s'arrôte sans retour, ces êtres meurent; leur corps ne tarde pas à se détruire complètement, et, comme la durée de ce mouvement nutritif a une limite déterminée, la mort est^ ainsi que nous l'avons déjà dit, une suite inévitable de la vie.
Ainsi tout être passe du simple au composé, en s'enrichissant graduellement de nouvelles acquisitions ; et tout être retourne du composé au simple^ pour rendre ses éléments *à la nature.
Nos sens ne peuvent saisir l'assimilation permanente des molécules nutritives dans la texture de l'animal ou du végétal. Cet acte, qui consiste dans un mouvement continuel de composition et de décomposition, se passe dans la trame intime des tissus, il ne se révèle que par des faits qui sont imperceptibles, et ne se constate que dans ses résultats généraux.
Quels que soient les Etres organisés chez lesquels on la considère, la nutrition s^accomplit par trois ordres d'actions distinctes :
4 0 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
L'être, soit végétal^ soit animal, prend, en dehors de lui, les matériaux qui doivent servir à son accroissement ou à sa conservation ;
2° Ces matériaux, convenablement élaborés, s'incorporent aux ditierentes parties de sa texture;
3*^ Les matériaux premiers qui le composaient et qui vont titre remplacés, se retirent de toutes les parties, et sont rejetés au dehors.
Nous avons déjà vu que le végétal entretient sa vie individuelle :
1^ En absorbant, par les racines, dans le sol, et par les tiges, dans l'atmosphère, les sucs qui lui sont propres;
2° En faisant circuler ces sucs dans toutes les parties, après les avoir élaborés et changés en séve;
3° En les incorporant à chaque organe»
On sait aussi qu'afin que le volume du végétal ne croisse pas indéfiniment, et qu'il y ait des déperditions dans la même proportion qu'il y a des acquisitions, les matériaux usés sont rejetés au dehors.
Si nous comparons maintenant ce mode de nutrition avec celui de V animal, nous remarquerons deux différences considérables.
1° Chez l'animal, les aliments sont introduits dans une ca~ vité particulière par une ouverture unique, tandis que, chez^' le végétal, la préhension des substances étrangères se fait pa toute la surface de l'être;
2° Chez le végétal cette préhension est involontaire et continue; chez l'animal, au contraire, elle est généralement volontaire et n'a lieu que par intervalles. Tout cela tient à ce que la nature a créé le végétal immobile, et Fa fixé au sol y tandis qu'elle a doué Vanimal de la faculté de se mouvoir et,, par conséquent, de se rapprocher des objets qui lui sont indiqués par ses besoins.
La cavité dans laquelle Vanimal introduit les aliments, et dont le végétal est dépourvu, a été nommé digestive, et Tac-