PARTIE II. — FONCTIONS NUTRITIVES
aliments subissent la seconde et la plus importante préparation (pl. I et II, e),
Après l'estomac^ dont il n'est séparé que par un rétrécissement nommé pylore, le tube digestif se continue par les intestins grêles, ainsi nommés à cause de leur étroitesse : c'est vers le milieu de la première portion de ces intestins, appelée duodénum à cause de sa longueur qui n'est que de douze travers de doigt, que se rendent la bile et le suc pancréatique produits par le foie et le pancréas (pl. I, lambeau f, v, b,p).
Les deux autres intestins grêles, \q jéjunum et Viléon, formant seuls, par leur longueur, la moitié du canal alimentaire, sont retenus en paquet et fixés à la colonne vertébrale, au moyen d'une espèce de fraise ou d'éventail ouvert, qu'on a appelé mésentère (pl. H, lambeau m). Dans leur intérieur s'ouvrent les innombrables bouches des vaisseaux absorbants qui y puisent le chyle.
L'iléon, le dernier des intestins grêles, vient se terminer au cœcum où le canal alimentaire se dilate de nouveau, pour former une poche dans laquelle les aliments dont les parties assimilables ont été successivement absorbées le long du canal qu'ils ont parcouru, commencent à devenir matières fécales. Une fois arrivé au cœcum, le bol alimentaire ne peut plus remonter dans Viléon, parce que cet intestin se termine par une espèce de soupape qui se ferme au moyen de la distension des parois du cœcum (pl. I, cœ).
Le cœcum se continue avec le côlon, dont la longueur est considérable et qui présente, à sa face intérieure, des replis saillants et épais et des cellules qui retardent la marche des aliments, et donnent ainsi aux vaisseaux absorbants, qui sont assez rares en ce point, la possibilité d'absorber les faibles quantités de chyle qui s'y trouvent entraînées (pl. ï, cœ, c, t, c, d).
Enfin, le colon vient s'emboucher dans le rectum, dernière modification du canal alimentaire, où les aliments se déposent en dernier lieu, après avoir acquis, en traversant le pré-,' cèdent intestin, tous les caractères des matières fécales. C'est de là que le résidu de la digestion est expulsé par Y anus.
La longueur ou la capacité de Yintestin est liée au régime des animaux. Chez ceux qui se nourrissent exclusivement de chair, elle est d'environ deux ou trois fois la longueur du corps; et chez ceux qui ne se nourrissent que de matières végétales, elle est en général au moins de douze à quinze fois cette étendue.
Pour ne citer que quelques exemples pris dans des points extrêmes :
Dans V/iomme^ qui est omnivore, cette étendue est à la longueur du corps :: 1 : 7 ;
Dans la nodule, espèce de chauve-souris très-carnassière, on trouve la proportion de 1 : 2 ;
Dans le bélier, celle de 1 : 27.
Chez le têtard ou larve de la grenouille, qui se nourrit de végétaux, elle est :: 1 : 10 ;
Chez la grenouille, qui se nourrit d'animaux, elle est de i : 2.
En général, la longueur va en diminuant des mammifères aux poissons. Lorsque la longueur du canal intestinal d'un animal s'éloigne beaucoup de celle que présente le canal des animaux très-voisins de lui, dont les habitudes sont cependant les mêmes, la relation s'établit par une autre dimension du canal intestinal; Ion constate alors que la largeur est bien différente et que cette dimension est d'autant plus grande que le canal intestinal est plus court.
Les annexes du tube digestif sont : les dents, les glandes salivaires, le foie, le pancréas, la rate et les glandes développées entre les membranes de l'intestin et qui communiquent avec sa surface intérieure, au moyen de petits canaux, de façon à y verser les sucs particuliers qu'elles préparent.
Dents.
Les dents sont de petits corps extrêmement durs, implantés dams les alvéoles, et qui forment, par leurs séries non int-errompues, ce qu'en appelle les arcades dentaires.
Il y a trois substances dans les dents : la substance tubuleuse ou dentaire proprement dite, qui en fait la masse prin-