‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 165 sur 265 · PARTIE II. — FONCTIONS NUTRITIVES. /, o · texte numérisé non relu

PARTIE II. — FONCTIONS NUTRITIVES. /, o

€Îpale, l'émail de la couronne, et la matière corticale des racines. Au premier aspect, elles ressemblent à de petits os, et cependant leur constitution en diffère. Les os vivent et se nourrissent sans cesse; les dents, au contraire, ne sont pas le siège d'un mouvement nutritif, les matériaux dont elles sont formées ne se renouvellent pas. Les dents sont sécrétées par de petits sacs membraneux nommés capsules ou matrices^ au fond desquels on rencontre un petit noyau pulpeux appelé germe. Ces germes, formés de filets nerveux et d'un grand nombre de vaisseaux sanguins, laissent transsuder une humeur gélatineuse qui remplit la capsule. La surface de cette capsule est bientôt couverte de granulations pierreuses qui se multiplient et se confondent, en enveloppant le noyau pulpeux ou bulbe dentaire et en se moulant exactement sur le germe. Le volume de la dent s'augmente ainsi par l'addition des couches pierreuses successives et concentriques de deux organes emboîtés Tun dans l'autre, et le germe se trouve renfermé dans un canal qui occupe le milieu du corps de la dent et diminue progressivement.

Lorsque le germe dentaire n'adhère au fond de la capsule que par un seul point, la dent ne se termine que par un seul tube ou racine; mais lorsqu'il y tient par plusieurs points, la matière pierreuse qu'il sécrète pénètre entre les pédoncules, enveloppe le dessous du noyau et forme alors, en se prolongeant, autant de tubes ou de racines qu'il y a de points d'adhérence.

Toute la partie centrale sécrétée parle germe se nomme ïivoire. En même temps qu'il se dépose par lames dans l'intérieur de la dent, la surface de celle-ci se couvre d'une autre substance que sécrète la capsule. Cette liqueur particulière s'épanche en gouttelettes, elle sort d'une multitude de petites vésicules, disposées avec ordre vers la partie supérieure du sac membraneux qui enveloppe le germe; elle s'épaissit ensuite pour former cette espèce de vernis d'un blanc laiteux et très-dur que l'on appelle émail et qui protège les dents contre l'usure qui, à la longue, doit résulter du frottement des dents les unes contre les autres.

46 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

Le tissu de l'émail est compacte et fibreux, et sa dureté est si grande qu'il fait feu comme le caillou. La dent est composée d'un tiers en poids de matière animale. Des sels minéraux, tels que le phosphate de chaux allié au fluorure de calcium et le carbonate de chaux, représentent les deux autres tiers. Quant à l'émail, il donne à l'analyse 1 pour iOO de matière animale, 88 pour 100 de phosphate de chaux et le reste de carbonate de chaux.

Les dents ont en général une direclion presque verticale ; elles offrent trois parties distinctes :

Le corps ou la couronne, partie libre, recouverte, ainsi que nous venons de le dire plus haut, d'un émail plus ou moins épais, destiné à préserver ces petits os de l'impression du froid et du chaud ;

2° Le col ou collet, ligne circulaire où semblent finir l'émail et la gencive ;

3» La racine ; celle-ci, plus ou moins profondément cachée dans le bord alvéolaire, est simple ou multiple, selon Tespèce de dent; elle est rarement quintuple.

La forme et le volume des dents sont variables : on les divise en trois sortes : 1° les incisives ou cunéiformes qui coupent à la manière d'un couteau ; les canines qui perforeni et dissocient les aliments fibreux; 3° les molaires qui présentent de véritables surfaces de mastication {pl. Vil, fîg, 3, 4, 5).

La troisième dent grosse molaire reçoit aussi le nom de dent de sagesse.

Les incisives centrales supérieures offrent beaucoup plus de largeur que les inférieures.

Les dents sont formées par le développement de germes que Ton commence à apercevoir, chez le fœtus humain, pendant le second mois de son existence dans le sein maternel. Ces germes s'accroissent rapidement et prennent peu à peu h\ forme de la couronne de la dent.

L'ossification des germes commence du troisième au sixième mois du fœtus, se montrant au sommet des papilles sous forme de petites écailles osseuses. Il n'en existe qu'une seule pour chaque incisive ou canine; quant aux molaîres>

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