APONÉVROSES
le plus grand nombre aux os par le moyen des tendons ou des aponévroses dont nous allons parler.
Tendons, aponévroses. Dans la plupart des muscles,
on distingue une partie charnue, qui les constitue essentiellement, et une partie fibreuse appelée tendon ou aponévrose suivant sa forme. Les tendons sont des cordons fibreux de longueur variable, de forme arrondie ourubannée, d'un blanc nacré, attachés aux os par une de leurs extrémités, unis par l'aulre aux fibres musculaires.
Les aponévroses ne sont autre chose que des tendons larges et minces, sorte de toiles ou de bandelettes fibreuses qui font
suite aux muscles, les séparent pig. 15, Panie inférieure en manière de cloisons ou les de la jambe.
I , , 1 ' • . A Tendon d'Achille,
enveloppent et les reunissent
en faisceaux. Les fibres tendineuses se développent en général dans l'épaisseur de la partie charnue ou à sa surface, dont elles recouvrent une certaine étendue; elles sont, dans le premier cas, comme engaînées par le muscle; dans le second, elles le revêtent d'une sorte de fourreau. Cet engagement réciproque donne à l'ensemble une grande solidité.
Le muscle et le tendon s'unissent par adhérence immédiate des extrémités de leurs fibres, qui se font suite en ligne droite, ou par insertion des fibres charnues à un point quelconque de la longueur du tendon, sous
des angles variables mais n'excédant jamais 45 degrés. Telle est la force d'adhésion entre les deux tissus, que les violences extérieures et les plus grands efforts ne la surmontent presque jamais, et que le muscle ou le tendon se rompent plutôt que de se séparer à leurs points d'union. Nous avons déjà signalé, en parlant des ligaments articulaires, ce fait remarquable de l'adhésion de deux tissus organiques plus forte que la cohésion respective de ces tissus.
Les tendons et les aponévroses, très-flexibles, mais complètement inextensibles , présentent une grande résistance à la traction dans le sens de leur longueur. C'est une des conditions nécessaires au rôle qu'ils jouent comme intermédiaire entre l'organe moteur et le point à mouvoir.
De même que les cartilages d'ossification, les tendons peuvent être considérés comme un tissu de transition; ils s'ossifient partiellement avec ['âge dans leurs points d'insertion aux os, mais on ne les voit pas, dans l'espèce humaine, se transformer complètement, sur toute leur longueur, comme chez quelques animaux, les gallinacés par exemple, en une tige osseuse. La souplesse et la variété des mouvements ne s'accorderaient pas avec cette transformation et, parmi les caractères différentiels que Platon pouvait ajouter à sa fameuse définition de l'homme, celui-là aurait suffi pour empêcher Diogène de dire en montrant un coq plumé : « Voilà l'homme de Platon ! »
Un tendon relativement grêle suffit à transmettre la force motrice que développe une certaine masse de fibres contractiles; aussi la portion charnue des muscles dépasse-t-elle de beaucoup en volume les tendons et les
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aponévroses. Si les fibres musculaires s'attachaient aux os directement et sans intermédiaire, la surface des os ne suffirait pas aux atlaches des muscles ; mais cette insertion immédiate à de larges surfaces est réservée à quelques-uns des muscles seulement; les autres s'attachent par leurs aponévroses ou leurs tendons sur des espaces restreints.
Les muscles sont à la fois contractiles et extensibles. Par la contraction le muscle se raccourcit et son épaisseur augmente en même temps que sa longueur diminue ; au repos, il est mou et dépressible ; par la contraction il devient dur et résistant. On peut constater facilement ces modifications successives en appliquant la main sur le trajet d'un muscle superficiel, par exemple à la partie antérieure du bras, sur le biceps; tant que l'avant-bras reste étendu, le biceps est peu saillant et cède à la pression ; il se gonfle, au contraire, devient résistant et forme une saillie prononcée en se contractant pour fléchir l'avant-bras.
La contraction d'un muscle peut aussi avoir lieu sans qu'il se raccourcisse. Quand, par exemple, l'avant-bras est étendu sur le bras, si les muscles extenseurs s'opposent en se contractant à la flexion, le biceps et le brachial antérieur, muscles fléchisseurs, peuvent se contracter sans que leurs extrémités se rapprochent.
Glisson, Borelli et d'autres anatomistes avaient cru reconnaître que, pendant la contraction, le muscle augmentait de volume ; mais des expériences ultérieures, confirmées par celle de Prévost et Dumas, ont démontré qu'il ne gagne en épaisseur que ce qu'il perd en longueur et que son volume absolu ne change pas.
Dans la contraction, les fibres musculaires deviennent
flexueuses, ondulées, et des rides se forment à la surface du muscle ; en même temps, une sorte de tremblement agite sa masse entière, dont la température s'élève. Becquerel et Breschet ont reconnu que cette'*éiévation de la température peut aller jusqu'à ~ de degré.
A la contraction de certains muscles répond nécessairement i'meitie ou même l'allongement des muscles antagonistes ; ainsi, quand l'avant-bras est fléchi sur le bras, ou la jambe sur la cuisse, les extenseurs de l'avanlbras et de la jambe se prêtent au mouvement et s'allongent en vertu de leur extensibilité. De même, la toile musculaire qui concourt à former les parois de certains organes, comme Pestomac et l'intestin, se laisse distendre par les liquides et les aliments ou par les gaz qui s'y développent. Le Auteur antique maintenait à Faide d'une courroie ses joues distendues. Ainsi la conti actilité des muscles est en lutte incessante avec leur extensibilité. Mais si, pendant la contraction de certains muscles, des fléchisseurs du bras, par exemple, les muscles antagonistes, les extenseurs, sont dans le relâchement el ne s'opposent pas au mouvement, ils le régularisent néanmoins en vertu d'une propriété qu'on nomme la tonicité musculaire et (jui donne à leur tissu, même non contracté, une certaine résistance. Aussi lorsqu'un groupe de muscles est paralysé, les muscles antagonistes déterminent par leur contraction un mouvement saccadé qui n'a plus de régularité.
En se contractant, les muscles agissent sur les os comme sur des leviers, et, par conséquent, avec d'autant moins de puissance que la direction du muscle est plus oblique par rapport à l'os. Cependant la plupart des muscles s'insèrent aux os sous un angle aigu et leur