PARTIE II. — MÉCANISME DE LA RESPIRATION
à faire comprendre leurs rapports dans la cavilé de la poitrine; on peut, en les soulevant, voir la face interne des côtes et la partie postérieure des poumons. Dans les poumons droit et gauche, j'ai supposé qu'une section faite à leur tissu montrait les vaisseaux qui le pénètrent et s'y subdivisent ; cela donne une idée de la structure spongieuse de cet organe, et de l'intrication si compliquée des vaisseaux aériens, veineux et artériels dans l'acte important de l'hématose. On voit encore, dans la figure 1 de la planche III, une image de la division des vaisseaux dans le tissu pulmonaire.
Mécanisme de l'inspiration et de l'expiration.
On donne le nom de Phénomènes mécaniques de la respiration à l'ensemble des mouvements qui ont pour effet de mettre en rapport l'air et le sang, dans les vésicules bronchiques des poumons. Ces mouvements sont la dilatation et le resserrement de la poitrine qu'on appelle inspiration et expiration.
Inspiration. L'inspiration consiste dans la dilatation de la poitrine et dans l'entrée de l'air dans les poumons.
A chaque inspiration, l'air qui a été inspiré est chassé du poumon et sort par la bouche et les fosses nasales ; mais il en reste toujours une certaine quantité dans les organes respiratoires.
Le mécanisme par lequel lair est appelé dans les poumons, ou en est expulsé, est très-simple et ressemble ^sez bien au jeu d'un soufflet, avec cette différence que, pour les poumons, l'air pénètre dans cet organe et s'en échappe par le même conduit, ce qui n'a pas lieu pour le soufflet. Les poumons sont, en effet, logés dans une grande cavité, dont les parois sont mobiles et disposées de façon à pouvoir s'agrandir et se resserrer alternativement, les poumons suivent toutes ces variations, et se dilatent ou diminuent par suite de ces mouvements. #
L'agrandissement de la poitrine, ou l'inspiration, est le produit, d'une part, de l'élévation des côtes ; d'une autre part, de la contraction des fibres du muscl§ diaphragme, dont
la convexité diminue et qui, dans cet état, tend de plus en plus à former un plan horizontal.
Yoici comment cette dilatation a lieu : les poumons, par leur propre élasticité, et surtout par la contraction des libres charnues qui entrent dans la composition des bronches, agrandissent ou diminuent leur capacité. Dans l'inspiration, comme nous venons de le dire, le diaphragme se contracte ; sa surface, de convexe qu'elle étail, devient plane, puis concave, ce qui détermine l'agrandissement de la cavité thoracique dans la direction de son diamètre vertical. Dans ce môme moment, les côtes et le sternum sont soulevés, et la poitrine est agrandie dans le sens de ses diamètres transversaux, et d'avant en arrière. La capacité du thorax étant augmentée^ le poumon qui lui est conligu se dilate aussi et l'air extérieur pénètre son tissu, par le seul fait de l'équilibre auquel il est soumis, et à peu près comme il entre dans un soufflet quand on en écarte les plateaux.
L'inspiration présente trois degrés :
1° Inspiration ordinaire, dans laquelle le thorax se dilate, suivant son diamètre vertical, par l'abaissement du diaphragme.
2° Inspiration grande, qui dépend de l'abaissement du diaphragme et de l'élévation du thorax, par les muscles qui, de cette cavité, vont au cou ou au bras ; elle agrandit la poitrine suivant ses trois diamètres.
3° Inspiration forcée. Le thorax est dilaté dans tous les sens par les mêmes muscles, mais agissant d'une manière plus forte.
A chaque inspiration, l'air extérieur se précipite dans les poumons en pressant la face interne des vésicules pulmonaires, de la même manière qu'il presse toute la surface extérieure du corps. Il y pénètre en traversant la bouche et les fosses nasales, dilate les cellules, et se mêle à Fair qu'elles contiennent.
La pression atmosphérique a pour auxiliaires les muscles intercostaux externes qui prennent un point d'appui sur les premières côtes qui sont soulevées et maintenues fixes par les muscles de la région du cou.