PARTIE IT. — MÉCANISME DE LA RESPIRATION
poumons. En résumé, c'est une fonction de l'économie qui a pour but la transformation du sang veineux en sang artériel, par l'intermédiaire de l'air atmosphérique. Nulle autre fonction n'entraîne plus rapidement la mort par sa suspension et n'esf, par conséquent, plus essentielle à la vie. Sans elle, le travail si compliqué de la digestion serait comme non avenu, puisque les sucs qui sont élaborés par cette dernière fonction ont besoin de recevoir de la respiration les propriétés qui achèvent de les rendre assimilables à nos tissus.
Appareil respiratoire.
Les organes de la respiration sont, dans l'homme, la cavité de la poitrine, le thorax et les poumons. La caviîé du thorax est formée principalement par les côtes, qui, en arrière, s'attachent aux vertèbres du dos, et, en avant, viennent s'appuyer sur l'os sternum m (pl. L lig. i, et pl. VII, fig. 2). Les espaces que les côtes laissent entre elles sont remplis par des muscles, et inférieurement cette espèce de cage est séparée du ventre par une cloison charnue appelée le muscle diaphragme {^l. II, lambeau, et pl. VU, lambeau d).
Toutes les parties de cette cage osseuse ne sont pas également mobiles, et la colonne vertébrale, en particulier, se borne à fournir un point d'appui fixe et résistant aux côtes dont la mobilité sert merveilleusement à l'ampliation ou au resserrement de la capacité thoracique.
Quant aux poumons, ce sont des organes spongieux, contenus dans la cavité de la poitrine p, c/, et p, g (pl. Il, lambeau pg, pd, pl. VII, fig. 1, et py p', fig. 1, pl. III et IV). Ils sont formés par la réunion d'un grand nombre de vésicules qui communiquent toutes les unes avec les autres. C'est dans ces vésicules que s'introduit l'air extérieur. Quand il pénètre dans leurs cavités, il les distend et augmente ainsi le volume total du poumon, c'est ce qui arrive dans l'inspiration; quand, au contraire, les poumons se vident de l'air qui les avait distendus, leur volume diminue, c'est ce qui arrive dans l'expiration-
L'air pénètre dans la structure spongieuse des poumons, à l'aide de petits canaux qui se ramifient dans leur substance. Ces canaux sont appelés bronches (pl. p' (pl. 111,
fig. 1, et bvj pl. IV) ; ils sont le résultat de la division d'un conduit unique, qu'on appelle trachée-artère^ t (pl. III et IV, fig. 1). Cette trachée artère communique elle-même avec l'arrière-bouche par un canal plus évasé, appelé larynx, l (pl. IV, fig. 6 et 7) : c'est dans la cavité que se passe le phénomène de la voix, qui est le produit des vibrations imprimées à l'air par la cavité du larynx.
Larynx, trachée-artère, bronches sont donc des noms destinés à désigner divers points d'un seul et même canal, qui est le canal aérien, La planche III et son verso, la planche IV, donnent une idée aussi exacte que possible des rapports ana- (omiques de ces divers canaux : à la planche III, on voit la face antérieure des canaux aériens et des poumons, dans lesquels ils se distribuent ; au verso, et dans les mêmes contours, on voit leur face postérieure. Tous ces conduits sont tapissés par une membrane mince qui se continue supérieurement avec celle qui revêt l'intérieur de l'arrière-bouche, des fosses nasales et de la bouche; ils sont formés par un grand nombre de petits cerceaux, cartilagineux placés les uns au-dessus des autres t {id., id.). Ces anneaux sont très-élastiques, et empêchent le canal aérien de s'affaisser, et d'opposer ainsi un obstacle à l'arrivée de l'air dans les poumons.
C'est en s'introduisaiït par les fosses nasales b (pl, VII, fig. i) ou la bouche {id., id.), dans l'arrière-bouche, dans le larynx, dans la trachée-artère et dans les bronches, que l'air extérieur pénètre jusque dans les cellules pulmonaires. Comme les canaux qu'il parcourt se subdivisent sans cesse, en diminuant de volume, la colonne d'air se trouve aussi se diviser, et elle n'arrive dans les cellules des poumons que sous des volumes très-déliés. C'est à cet état seulement que s'opère l'action de l'air sur le sang veineux qui, de son côté, a été apporté dans les poumons par des vaisseaux dont nous avons déjà parlé.
Les poumons de la planche II ont été disposés de manière