PARTIE II, — MÉCANISME DE LA RESPIRATION
but de faire pénétrer dans le poumon tout le volume d'air que réclame la quantité de sang veineux qui s'y est accumulée lentement.
5° Le bâillement est une inspiration plus longue, plus profonde, plus involontaire qu'une inspiration ordinaire, accompagnée d'un grand écartement des mâchoires, d'une expression faciale particulière, et quelquefois de pandiculations qui donnent aux membres une attitude immobile, et les changent en points d'appui de l'action musculaire ; cette inspiration est suivie d'une expiration lente, graduée et qui se fait avec un bruit sourd. Le bâillement est le signe du besoin de sommeil, du désœuvrement ou de l'ennui.
6° Le rire consiste dans la succession de petites expirations saccadées, bruyantes, accompagnées de l'expression faciale gaie, et précédées d'une grande inspiration. Le diaphragme et ses nerfs jouent un grand rôle dans ce mouvement respiratoire. La résonnance ou le bruit du rire est déterminé par les vibrations des cordes vocales et aussi par celles du voile du palais.
7^ Le sanglot se rapproche beaucoup du rire par son mécanisme, avec cette différence qu'il est dû aux affections tristes et aux émotions vives. Il est déterminé par la contraction convulsive et saccadée du diaphragme qui rend intermittent le bruit produit par les lèvres de la glotte, pendant l'inspiration. Le sanglot est souvent accompagné de pleurs.
8° Le hoquet provient de la contraction spasmodique du diaphragme qui, déterminant l'entrée de l'air par saccades, produit des inspirations brusques, sonores et fatigantes. Le hoquet est une véritable convulsion du diaphragme, une inspiration abrupte produite par la seule action de ce muscle, dont la contraction coïncide quelquefois avec la vibration des lèvres de la glotte. Le hoquet est causé la plupart du temps par une compression exercée sur le pharynx ou l'œsophage lorsqu'on avale de trop grosses bouchées, ou par une succession trop rapide d'actes de déglutition ; fréquemment, c'est un signe d'affection nerveuse. Krimer prétend qu'on peut le produire, chez les animaux, en irritant et comprimant le cardia.
116 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'jIOMME.
9° Le ronflement est caractérisé par la résonnance que produisent dans le pharynx et les fosses nasales les vibrations du voile du palais sur l'air qui sort des voies respiratoires. U peut également être produit par des mucosités qui obstruent les cavités de la bouche ou du nez.
Phénomènes chimiques de la respiration.
La respiration n'étant autre chose qu'une sorte de digestion dont Vair est l'agent, nous devons d'abord parler de ce fluide»
Air.
L'air, le seul gaz qui puisse être aspiré continuellement^ entoure la terre d'une couche de plus de soixante kilomètres d'épaisseur ; il constitue ainsi l'atmosphère qui nous presse de toutes parts, se trouve en contact immédiat avec nos parties vivantes, et remplit toutes les cavités de notre corps qui com~ muniquent à l'extérieur.
L'atmosphère n'est pas seulement formée des gaz dont nous parlerons bientôt ; elle contient, outre ces éléments, de l'eau ordinairement à l'état de vapeur invisible, et souvent de l'eau à l'état de vapeur visible; elle contient, de plus, du calorique, du fluide électrique^ et une foule de matières qui s'échappent de tous Jes corps. L'atmosphère peut être regardée comme le réceptacle de toutes les émanations qui s'élèvent de la terre. On peut la considérer comme un immense réservoir, un vaste laboratoire où se produisent sans cesse des compositions et des décompositions, des dissolutions et des précipitations d'eau, des décharges électriques, des élévations et des abaissements de température, des dilatations et des condensations,
des mouvements accélérés ou ralentis d'où résultent les
brouillards, les nuages, les vents, les pluies, les neiges, les grêles et tant d'autres météores qui sillonnent l'atmosphère, l'embrasent, l'obscurcissent ou l'éclairent, et la modifient de mille manières.
Nous venons de voir que l'eau est en grande quantité dans