PARTIE IT. — RESPIRATION. HT
l'atmosphère, et que si le globe présente un vaste océan liquide, on peut dire que l'atmosphère en contient un autre vaporeux. L'eau dissoute dans l'air est indispensable pour l'entretien de la vie des végétaux et des animaux.
L'air n'est pas un corps homogène ; la chimie y a démontré l'existence de principes très-différents et qui^ par conséquent, peuvent ne pas jouer le môme rôle dans le phénomène de la respiration. En effet, outre la vapeur d'eau, Tair fournit^ par l'analyse, vingt et un centièmes à.' oxygène et soixante-dix- neuf centièmes d'azote, ainsi que des traces de gaz acide carbonique. Voyons si ces gaz différents agissent de la même manière, ou bien si c'est à l'un d'eux qu'appartient plus spécialement la propriété d'entretenir, la vie.
Un animal maintenu dans un vase rempli d'air, mais hermétiquement fermé, de façon que Tair ne puisse pas y être renouvelé, ne tardera pas à éprouver du malaise^ de la gêne, puis de l'angoisse, puis des convulsions à la suite desquelles il mourra asphyxié. 11 est évident que, dans cette expérience, l'air qui entoure l'animal a perdu la faculté d'entretenir la vie, et si l'on en fait alors Fanalyse chimique, on s'aperçoit qu'il a perdu en même temps la majeure partie de son oxygène. Si l'on place ensuite un autre animal dans un vase rempli de gaz azote, on le voit périr également ; tandis que si l'on enferme un troisième animal dans de l'oxygène, il y respire avec plus d'activité que dans l'air, et ne présente aucun symptôme d'asphyxie.
11 est donc évident que c'est à la présence de l'oxygène que l'air atmosphérique doit ses propriétés vivifiantes.
La découverte de ce fait important ne date que de la fin du siècle dernier (1777), et elle est due à un des chimistes français les plus célèbres, Lavoisier.
Tous les animaux enlèvent donc à l'air qui les entoure une certaine quantité d'oxygène, mais les changements qu'ils déterminent ainsi, dans la composition de ce fluide, ne se bornent pas là; l'oxygène qui disparait est remplacé par un gaz nouveau, l'acide carbonique. La production de cette substance est un acte non moins général parmi les animaux que
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l'absorption de l'oxygène ; et c'est dans ces deux phénomènes que consiste essentiellement le travail respiratoire.
Pour constater ce fait, on n'a qu'à souffler pendant quelque temps, au moyen d un tube, dans de Teau tenant en dissolution de la chaux. L'acide carbonique a la propriété de s'unir à cette dernière substance, et de donner ainsi naissance à un corps qui est insoluble, et qui, par sa composition, est analogue à la craie. Dans cette expérience, l'acide carbonique qui s'échappe des poumons ne tarde pas à se combiner avec la chaux et à former du carbonate de chaux, poussière blanchâtre qui, en se déposant, trouble Teau et devient facile à apercevoir. Ce fut par ce moyen qu'en 1757 un chimiste de Glasgov/, Back, constata le premier la production de ce gaz, pendant la respiration. L'acide carbonique peut, du reste, se reconnaître encore à d'autres signes, car il éteint les corps en combustion, et fait périr les animaux qui le respirent en quantité un peu considérable.
Le gaz azote, dont le nom signifie privation de la vie, change peu de volume dans l'acte respiratoire, il n'est là en quelque sorte que pour diviser l'oxygène, l'étendre, afin qu'il pénètre d'une manière égale et uniforme dans toutes les cellules des poumons. Telle est aussi la raison pour laquelle les deux gaz sont intimement unis dans l'atmosphère, mais simplement dans un état de mélange qui leur permet de se séparer l'un de l'autre avec la plus grande facilité.
Nous avons dit qu'une foule de substances autres que les gaz oxygène et azote, s'ajoutent à ces éléments, dans la composition de l'air ; ajoutons qu'il est rare que ce ne soit pas au préjudice de la respiration. Les proportions d'oxygène et d'azote sont^^ essentielles à l'accomplissement régulier de cette fonction. Un excès d'azote amène la suffocation, tandis qu'un surcroît d'oxygène use la vie. L'air le plus favorable à la respiration est celui qui réunit aux principes que nous tenons d'indiquer un certain degré de sécheresse et une température modérée. 11 est cependant certains cas de maladie dans lesquels la respiration se trouve aidée par un air moins pur, surtout plus humide : c'est ainsi que les phthisiques préfèrent