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CHAPITRE Y

Mouvements. — Effort. — Locomotion; station, m areîie^ course, saut,, natation.

Mouvements. Les physiologistes distinguent plusieurs variétés de mouvements qui peuvent se résumer en deux genres : les mouvements involontaires et les mouvements volontaires.

Parmi les mouvements involontaires, que l'on a nommés aussi mouvements automatiques, les uns résultent de l'impressioQ produite par une idée, une passion, un spectacle gai ou triste, ou un mouvement identique à celui qui est produit. Tels sont le rire, les mouvements des traits exprimant la tristesse, la colère, la peur et les autres impressions morales ou physiques, le tremblement des membres, suite d'une émotion vive, le bâillement, etc. D'autres pracèdent d'une excitation des nerfs sensitifs, comme l'éternument, la toux, le clignement des paupières, le claquement de dents ou le tremblement après un bain froid.

Dans certains cas, en effet, des impressions transmises de nos organes au cerveau, directement par les nerfs sensitifs au indirectement par la moelle, sans qu'une

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sensation ait lieu nécessairement ou, ce qui revient au même, sans que nous en ayons connaissance, occasionnent une incitation refléchie sur les nerfs moteurs et amènent des mouvements auxquels la volonté n'a point départ. Ces mouvements sont exécutés généralement par les muscles delà vie organique non soumis à la volonté, mais ils peuvent se produire aussi dans ceux que la volonté domine. On les nomme mousemenis réflexes. Quelques-uns sont incontestablement automatiques; pour d'autres il n'est pas démontré qu'une sensation et un acte de volonté ne précèdent pas la contraction musculaire. Ainsi Téternument et la toux se produisent indépendamment de la volonté, qui ne peut ni les prévenir, ni les arrêter dans leur évolution ; il en est de même du claquement de dents, des mouvements qui ont lieu dans le frisson et du clignement des paupières au contact de Fair, des larmes ou seulement lorsqu'un corps étranger menace l'œil ; dans ce dernier cas, la contraction musculaire, bien qu'elle soit instantanée et qu'elle semble involontaire, est évidemment précédée d'une sensation que l'œil a transmise au cerveau. On peut même la considérer comme volontaire, puisque, si l'attention est éveillée, la volonté peut s'opposer au mouvement instinctif.

Il se produit en nous d'autres mouvements instinctifs dont nous avons plus ou moins conscience ; c'est ainsi que, dans une voiture qui menace déverser, on se jette du côté oppposé à la pente ; qu'en apercevant tout à coup un précipice devant soi, on se roidit ou on se renverse en arrière, que le joueur de boule ou de billard s'incline et se contourne dans le sens où il voudrait voir se diriger sa bille. Des phénomènes analogues sont eau-

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ses par une sorte d'entraînement ou d'imitation instinctive. Quand, par exemple, on suit des yeux les colonnes d'une grande chute d'eau tombant dans un gouffre, le corps exécute bientôt des mouvements d'oscillation dont on ne s'aperçoit que lorsqu'ils deviennent dangereux par leur amplitude et qu'ils menacent de vous entraîner dans l'abîme. On doit à M. Chevreul l'observation et l'explication d'un effet de ce genre, dont le charlatanisme a voulu tirer parti quand on s'occupait des tables tournantes. Si,lecoudeétantappuyésur unetable, on tient à la main un pendule composé d'un anneau et d'un fil, les yeux fixés sur l'anneau lui voient bientôt exécuter des oscillations, quoique le bras soit immobile en apparence ; le plan dans lequel ont lieu les oscillations peut conserver la même orientation ou en changer suivant le désir formulé mentalement, et sans aucune mauvaise foi, sans mouvement consenti de la part de la personne qui tient le pendule. Place-t-on un support sous la main, près du bout des doigts, ou un bandeau sur les yeux de Texpérimentateur, les oscillations cessent. Elles étaient causées par un mouvement involontaire et presque imperceptible de l'avant-bras ou de la main sous Tinfluence des yeux regardant le pendule et la direction qu'il devait prendre. C'est encore un mouvement ou une série de mouvements semblables qui donnent l'impulsion aux tables tournantes ; l'inconscience de la contraction musculaire fait tout le mérite de ce phénomène, qui perd son merveilleux dès qu'an parvient à faire reconnaître aux gens trop crédules qu'eux-mêmes sont les moteurs involontaires.

Les mouvements volontaires se produisent, comme leur nom l'indique, sous l'intluencede la volonté, mais

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