FONCTIONS DU PIED
respond au carpe. Cinq os forment le métatarse^ qui correspond au métacarpe et s'articule avec le tarse, en arrière, avec les orteils en avant. Plus étroit et plus épais dans sa partie postérieure, plus mince et plus large antérieurement, le pied fait un angle droit avec la jambe et repose sur le sol par ses extrémités seulement ; dans sa partie moyenne il furme une voûte et, grâce à cette disposition, il résiste à la pression et aux chocs beaucoup mieux qu'il ne pourrait le faire s'il était plat et s'il s'appliquait au sol comme une planche.
Fig. 20. — Le pied.
De plus, quoique unis entre eux par des articulations très-solides, les os du pied jouissent d'une mobilité suffisante pour donner à l'ensemble une grande élasticité que vient encore augmenter celle des orteils ; le pied supporte donc le poids du corps comme une voûte et comme un ressort tout à la fois, au grand avantage de sa résistance. Enfin, lorsqu'on saute à terre d'un point élevé, il s'étend instinctivement sur la jambe et vient toucher le sol d'abord par sa pointe, de façon à rompre le choc. Cette décomposition des forces qui ré-
suite de la forme et de l'élasticité du pied a pour effet non-seulement de protéger le mécanisme de cette partie, mais aussi d'éviter des lésions graves que peut produire dans certains organes, comme le cerveau et le foie, la commotion causée par le contre-coup.
Si l'on compare dans leur ensemble le membre supérieur et le membre inférieur, on remarque parmi les caractères principaux qui les distinguent, que la flexion de l'avant-bras sur bras se fait en avant , tandis que la flexion de la jambe sur la cuisse a lieu en arrière. M. Martins a démontré que cette opposition dans le sens des mouvements, commandée par la destination de l'un et l'autre membre à des fonctions différentes, était due à la torsion de l'humérus. Le fémur est un os droit, non tordu sur son axe ; l'humérus au contraire est tordu sur lui-même de 180'' ou d'une demi-circonférence ; cette torsion n'est pas le résultat mécanique de l'action des muscles et des fonctions du membre supérieur; bien que le modelé de l'os ne permette de la reconnaître anatomiquement que vers l'âge de deux ans, elle existe virtuellement dès que le membre se développe. Muscles, vaisseaux, nerfs, tout dans le bras suit ce mouvement de rotation indiqué par la disposition en spirale de l'humérus, et que la plupart des analomistes avaient signalée sans en tirer les conséquences physiologiques que M. iMartins a fait ressortir Ce savant a montré que l'humérus, artificiellement détordu, correspond de tous points au fémur du même côté, et par cette manœuvre en sens inverse du travail de la nature, il a dévoilé le procédé dont elle s'est servie pour fléchir en avant l'articulation du coude correspondant à celle du genou qui se fléchit en arrière.
TORSION DE L'HUMERUS. 71
Les articulations du membre inférieur lui permettent des mouvements nombreux et très-étendus ; sous Faction de muscles puissants, il se replie sur lui-même ou redevient une colonne rigide, abaissant ou élevant rapidement et avec facilité le corps dont il supporte tout le poids. Dans la marche, il se porte en avant ou en arrière, tour à tour étendu ou fléchi. Il tourne sur son axe ou s'écarte de la verticale pour maintenir l'équilibre, par la direction du pied, ou pour élargir la base de sustentation. Il peut en s'élevant faire latéralement avec le corps un angle droit et même s'en rapprocher davantage en avant. Dans l'escrime, il se fléchit ou s'étend, abaisse ou relève le corps et le porte en avant ou en arrière par des mouvements qui se succèdent presque aussi rapidement que ceux du bras. Mais c'est surtout dans les pas si variés d'un danseur habile qu'on peut admirer la perfection de ce mécanisme et tout ce que l'exercice peut lui donner de force, de souplesse et d'agilité.