PARTIE III. — ORGANES DE LA VISION
Sourcils, — Au-dessus de la paupière supérieure \ (pl. V, fîg. 1), on remarque deux arcades qu'on nomme sourcilières, et qui sont formées par la réunion de petits poils dont le nombre et le volume varient suivant les races et les tempéraments. Ils sont beaucoup plus fournis et plus bruns chez les peuples du Midi que chez ceux du Nord. Ils ont pour usage de protéger, par la saillie qu'ils font, la partie inférieure des paupières; ils ont aussi pour effet de détourner, vers le côté de la face, les goutleleUes de sueur qui quelquefois inondent le front. Enfin on croit que leur teinte plus ou moins foncée diminue l'action d'une vive lumière, en absorbant les rayons les plus énergiques.
Paupières. — On donne ce nom à deux voiles mobiles tendus au-devant du globe de l'œil. Les paupières sont formées à l'extérieur aux dépens de la peau (pl. VIII, fig. 4) ; à l'intérieur, elles sont tapissées par une membrane lisse qu'on nomme la membrane conjonctive : entre ces deux membranes est placée^ pour chaque paupière, une petite lame de substance fibreuse et résistante qu'on nomme cartilage. La paupière supérieure est plus étendue que la paupière inférieure ; les paupières présentent chacune deux bords : l'un se continue avec la peau, l'autre est libre. Chaque bord libre des paupières est hérissé de petits poils longs et déliés qu'on nomme cils. L'usage de ces cils est de former au-devant de l'œil une petite grille qui arrête les corps étrangers dont la présence gênerait l'exercice de la vision. Les bords libres des paupières sont taillés obliquement en dedans, de manière à constituer, par leur rapprochement, un canal étroit et triangulaire. Les paupières ont le double usage de protéger le globe de l'œil, en s'abaissant au-devant de lui, et de le rendre inabordable aux rayons lumineux dont l'éclat pourrait troubler le sommeil. Les paupières doivent à deux muscles, l'élévateur (pl. Vllf, fig. 1, lambeau) et le palpébral, les mouvements alternatifs d'abaissement ou d'élévation par lesquels elles étendent, audevant du globe de l'œil, le liquide aqueux dont nous allons parler, et qui est fourni par une glande qui fait partie de l'appareil lacrymal.
220 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMMB.
Apppreil lacrymal, — Cet appareil est composé de plusieurs organes dont les uns sont destinés à former et à verser au-devant de Fœil le fluide lacrymal, les autres ont pour usage de le charrier au dehors de l'œil. Premièrement, la glande lacrymale g (pl. VÏII, fig. 4). C'est un petit corps, du volume d'une amande^ placé à la partie extérieure et supérieure du globe de l'œil, entre cet organe et la cavité orbitaire.
Cette glande fournit un fluide particulier qui est versé audevant du globe de l'œil par de petits canaux qui viennent s'ouvrir à la face intérieure du bord adhérent de la paupière supérieure. Ces petits canaux sont très-déliés et très-nombreux ; ils versent constamment le fluide lacrymal, et, comme nous l'avons déjà vu, ce fluide est répandu au-devant du globe de l'œil par les paupières supérieure et inférieure. On nomme caroncule lacrymale un petit corps rougeâtre situé à l'angle interne de l'œil a (pl. VIIl, fig. 4) : c'est près de ce corps que s'ouvrent les organes destinés à enlever les larmes ; ce sont deux petits canaux terminés par deux orifices que l'on nomme points lacrymaux.
Ces canaux sont courbés ; l'un (le supérieur) a remonte un peu pour se courber bientôt en bas; l'autre (l'inférieur) se dirige directement en bas et va, comme le premier, s'ouvrir dans un canal plus large c que Ton nomme le canal nasal. Les fonctions de ces points lacrymaux sont de pomper les larmes, au fur et à mesure qu'elles sont versées au-devant de l'œil, de façon que ce liquide soit excrété dans la proportion où il est formé.
Dans quelques circonstances particulières, l'équilibre de ces deux phénomènes est rompu et, soit que les larmes soient sécrétées en plus grande quantité, soit que les points lacrymaux ne les pompent pas aussi activement, ou qu'elles soient arrêtées dans leur cours à travers les canaux lacrymaux et le canal nasal, ce fluide déborde les paupières et tombe en grande quantité le long des joues.
Cavité orbitaire. — Muscles, — Parmi les organes protecteurs de l'œil, la cavité orbitaire joue un rôle important. En effet, les parois osseuses de cette cavité emboîtent le globe