PARTIE III. -7- ORGANES DE LA VISION
pièce qu'en se plaçant dans le cône des rayons qui passent par l'ouverture du vase ; mais si l'on verse une certaine quantité d'eau dans le vase, la pièce devient visible pour l'œil placé au-dessous du niveau d'une ligne droite passant de la pièce au-dessus des bords du vase, et cette pièce paraît beaucoup plus élevée qu'elle ne l'est en réalité (pl. YIII, fig. 2). C'est qu'alors les rayons sont réfractés en s'éloignant de la perpendiculaire, puisqu'ils passent d'un milieu plus dense dans un moins dense, qui est l'air ; or, en changeant de direction, les rayons, qui auparavant passaient au-dessus de l'œil de l'observateur, viennent alors frapper cet organe et y porter l'image de l'objet placé au fond de l'eau. On explique delà même manière pourquoi un bâton, en partie plongé dans i'eau, semble brisé à la surface de ce liquide.
La lumière marche ordinairement en suivant une ligne droite, elles différents rayons qui partent d'un point quelconque s'écartent entre eux, de plus en plus, à mesure qu'ils avancent dans l'espace. Lorsque ces rayons tombent perpendiculairement sur la surface d'un corps transparent, ils le traversent sans changer de direction ; mais lorsqu'ils le frappent obliquement, ils sont toujours plus ou moins déviés de leur direction primitive.
La déviation que subissent les rayons lumineux, en passant obliquement à travers des corps transparents, varie suivant la forme des corps. Des rayons lumineux qui traversent un corps transparent peuvent affecter trois directions différentes : ils sont parallèles, divergents ou convergents. Les corps transparents, que l'on appelle des milieux, peuvent être plans, convexes ou concaves.
Nous allons examiner les diverses déviations que subissent les rayons lumineux, parallèles, convergents ou divergents, suivant qu'ils traversent des corps transparents, 'plans, bi-convexes ou bi-concaves.
Les corps transparents plans, d'une faible épaisseur, ne font subir que de faibles déviations aux rayons lumineux : ainsi, en les traversant, les rayons parallèles restent parallèles; les rayons convergents conservent leur degré de convergence,
2i8 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE L'HOMME.
et les rayons divergents conservent leur degré de divergence.
En traversant les milieux bi-convexes, les rayons lumineux tendent à se rapprocher du foyer de la réfraction.
Les verres bi-convexes ont la propriété de réunir les rayons lumineux en un point qu'on a nommé foyer. Ils rendent convergents les rajous parallèles, ils augmentent la convergence des rayons déjà convergents, et ils diminuent la divergence des -£Q.-Yom divergents, au point de les rendre parallèles et même convergents. Ils grandissent les objets, parce qu'ils nous les font voir sous un angle plus ouvert et parce que, en même temps, ils font converger vers notre pupille un bien plus grand nombre de rayons lumineux des corps que nous examinons avec une lentille. Ces corps, plus éclairés et grandis, nous paraissent rapprochés.
Si la surface du milieu réfringent est bi-concave, les rayons lumineux ne se rapprocheront pas de l'axe du faisceau; mais au contraire divergeront.
D'après la différence de leurs effets, les verres bi-convexes ont élé nommés verres convergents, et les verres bi-concaves verres divergents.
Plus les verres bi-convexes sont convexes, plus l'effet qu'ils produisent est énergique, et plus aussi la dislance du foyer principal est courte.
En un mot, les lentilles bi-convexes elles analogues concentrent toute la lumière, tandis que les bi- concaves la. dispersent.
Les corps transparents réfractent la lumière avec d'autant plus d'énergie qu'ils sont plus denses et qu'ils sont formés de matières plus combustibles.
Dans l'étude de la vision, nous verrons l'application des lois que suit la lumière réfléchie ou réfractée.
Organes de la vision.
Les organes de la vision se divisent en deux espèces : l'organe de la vision proprement dit, c'est le globe de l'œil ; puis les organes accessoires, ou protecteurs de l'œil. Occuponsnous d'abord de ceux-ci.